Portrait

Portrait d’une jeunesse immigrante, rencontre avec Maxime

Montréal, ville cosmopolite où viennent sans cesse se juxtaposer, s’interposer des nouveaux visages dans une mosaïque à échelle humaine.

Ils arrivent de partout, leur baluchon d’histoires à l’épaule, prêts à le remplir de nouvelles. Ils s’appellent Eoin, Maxime, Mathilde, ils sont d’ailleurs mais tous un peu d’ici.

Maxime

Au café, je rencontre Maxime, camouflé sous sa tuque d’hiver, les dreadlocks qui dépassent. Souriant, il est toujours à l’aise, il semble faire de chaque ambiance une nouvelle expérience. Arrivé depuis plus de trois ans à Montréal, il est sur la voie de la résidence permanente, alors quand on lui parle de la ville il a le regard qui pétille, prêt à nous raconter son histoire.

Le gout de l’aventure, l’envie de changer d’air, l’impression d’avoir fait le tour de l’hexagone; les mots ne manquent pas pour revenir sur sa décision trois ans plus tôt de s’envoler avec sa copine pour le Canada.

Après un parcours éclectique, directeur d’accrobranche quelques temps puis professeur de danse et barman, Maxime quitte l’ouest lyonnais en France pour traverser l’Atlantique et ouvrir une nouvelle page à Montréal. Sans à priori il se laisse surprendre et quand il arrive il regarde le paysage défiler à travers les vitres embrumées de la navette de l’aéroport.

« J’ai trouvé ça très moche, industriel et triste » avoue t-il de but en blanc. C’est à Berri-UQAM qu’il pose ses valises et qu’il fait ses premiers pas dans la ville. Et dès le premier jour, il arpente Montréal, ses grandes avenues et ses petites ruelles vertes, à la découverte de son propre dépaysement.

« Je me suis de suite senti à l’aise ici, il y a de bonnes énergies. »

En plein été, il découvre la joie des pique-niques dans les parcs, les barbecues et la bière locale en terrasse. Le contact facile, il rencontre rapidement des québécois. « Tu sympathises vite avec des québécois mais tu ne deviens pas forcément un super pote car ils savent que t’es là de manière éphémère et ils ont l’habitude de côtoyer des Français de passage », m’explique Maxime.

Pour autant il trouve les relations ici plus saines, plus simples, sans jugement et sans attentes particulières. Ce qu’il aime surtout c’est le côté cosmopolite de Montréal, d’après lui c’est ce qui attire. « Ici, on ne te juge pas, les gens sont ouverts d’esprit, t’es en ville sans être oppressé par le monde comme à Paris par exemple, ici on aime la différence », ajoute-t-il.

Quand on aborde le sujet des Français, il sourit, selon lui il y a deux catégories: « Ceux qui critiquent tout et qui comparent tout à la France; ceux la ne restent pas longtemps, et les autres, ceux qui viennent pour découvrir, qui s’intéressent à ce qui diffère de ce qu’ils connaissent, ceux la restent à Montréal ».

On ne peut pas parler d’une expatriation au Canada sans aborder le sujet fatidique de l’hiver. Maxime, lui, il aime ça, et pourtant il a vécu un premier hiver des plus rudes, mais il apprécie le changement radical au fil des saisons. C’est là qu’intervient Luc, notre voisin de café qui prend part à la discussion. « Les gens qui restent longtemps sont de nature patiente et tolérante, c’est une sorte de sélection naturelle », explique t-il.

Luc est arrivé à Montréal il y a dix ans après avoir vécu en France. Né d’un père Malgache et d’une mère Taïwanaise, il est un parfait exemple du meltin pot qui rayonne ici. « Quand je suis arrivé, j’ai de suite voulu rester, ça coulait de source pour moi. En France j’avais toujours l’impression de devoir faire un effort d’intégration, ici non », nous raconte Luc. Maxime approuve et tous les deux concluent joliment « Montréal, finalement, c’est un pays en soi ».

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