Point de vue

École et Éducation : synonyme, antonyme ?

Est-il possible d’éduquer nos enfants sans l’apport de l’École ? L’École répond-elle vraiment à toutes les problématiques qui gravitent autour de l’Éducation ? Tentons donc de démystifier deux termes, « l’Éducation » et « l’École », symboliquement semblables et similaires, mais qui peine à se départir d’une confusion terminologique parfois maladroite et qui mériteraient de plus amples clarifications. Éloge d’une diversité éducative.


L’éducation est, pour toutes nations ou pour tous pays, une dynamique centrale et essentielle pour le développement et l’évolution de sa société et des individus qui la composent. Partout, l’éducation rime avec : formation de futurs citoyens, de futurs travailleurs, de futurs parents, de futurs participants, de futures développeurs d’une société en devenir et rime aussi avec la construction et la transmission des valeurs considérées comme justes et nobles pour le vivre-ensemble et le respect de tous et chacun au sein de la même communauté. Comme l’a dit si bien François Guex, en 1906, dans son ouvrage classique sur l’éducation Histoire de l’instruction et de l’éducation :

« Tout système d’éducation correspond à un idéal social quelconque et, partout, la pédagogie a été et sera ce qu’a été et ce que sera la conception du monde, de l’Homme et de sa destinée »

 

L’éducation est donc l’embryon de la société du futur et c’est à travers cette dernière que l’on peut choisir, en tant que société démocratique, quel genre de monde nous voulons que nos enfants contribuent à développer dans l’avenir. Au Québec, comme au Canada et comme dans la majeure partie des pays de L’OCDE, c’est l’école qui opère comme véhicule principal à l’éducation. L’école s’attribue ainsi à une quasi-monopolisation en tant que « productrice d’éducation ». Mais qu’y a-t-il d’autres ? Et surtout y a-t-il plus efficace que l’école pour éduquer ?

Au Québec, l’école représente le régime éducatif le plus utilisé. Que ce soit à travers le réseau public ou le réseau privé, ce véhicule s’accapare presque l’unanimité de l’éducation de tous les enfants du territoire. En 2013-2014, un rapport établi par le Ministère de l’Éducation et de l’enseignement supérieur (MÉES) a fait le compte de l’effectif scolaire de tout le réseau éducatif québécois.

Réseau d’enseignement au Québec Effectif scolaire
Réseau public 869 899
Réseau privé 123 249
Réseau gouvernemental 2 030
Total 995 178


On dénombre donc un total de 995 178 personnes qui font parties de ce réseau scolaire national. Toutes ces personnes sont donc casées quelque part dans une Commission scolaire où l’on retrouve les écoles préscolaires, primaires ou secondaires de nature publique quelque part dans le réseau d’enseignements privée ou gouvernemental.

Cependant, ce nombre n’est pas tout à fait complet. Il existe, au Québec, en marginalité et éparpillé un peu partout sur tout le territoire, des enfants de 6 à 16 ans qui reçoivent une éducation, mais qui n’appartiennent à aucune appartenance scolaire, qu’elle soit publique, privée ou gouvernementale. En effet, toujours selon les statistiques du rapport de la même année, soit 2013-2014, on recense un nombre de 1 180 enfants ayant reçus une éducation dite « à la maison » ou « à domicile ».

Niveau de scolarisation des élèves recevant une éducation « à domicile » Effectif scolaire
Primaire 752
Secondaire 428
Total 1 180


Selon la Loi sur l’instruction publique (la LIP) « tout enfant âgé de 6 à 16 ans doit fréquenter une école ». Toutefois, selon l’article 15.4 de cette même Loi, « un enfant est dispensé de cette obligation de fréquenter une école s’il ou elle reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative qui, d’après une évaluation faite par la commission scolaire ou à sa demande, sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l’école ».

De plus, les enfants qui reçoivent une éducation « à domicile » sont assujettis, selon la LIP, aux dispositions suivantes :

  1. Tout enfant recevant une éducation « à domicile » est dispensé du même régime pédagogique que tous les autres enfants. En d’autres termes, ils doivent apprendre toutes les choses et développer toutes les compétences et les aptitudes qui sont prescrites dans le Programme de Formation à l’école québécoise (PFEQ).
  2. Tout enfant recevant une éducation « à domicile » devra recevoir les mêmes évaluations et devra être assujettis aux mêmes exigences que tous les autres enfants en vue de l’obtention du diplôme d’étude secondaire (DES).  
  3. Tout parent qui fait l’éducation de son enfant « à domicile » doit présenter à la commission scolaire à laquelle son enfant est rattaché un projet de scolarisation équivalent à ce qui est offert à l’école québécoise.

L’éducation « à domicile » fait donc partie de cette « altérité éducative », de cette « diversité éducative » à la monopolisation engendrée par l’école et son pouvoir institutionnel. Est-ce meilleure ? L’école « à domicile » est-elle meilleure que l’école publique ou l’école privée ?

Il serait beaucoup trop téméraire d’apporter un tel jugement. Les données statistiques n’arriveraient pas non plus à offrir une réponse à cette question. Toutefois, l’éducation « à domicile » mériterait une attention plus particulière de la part de nos gouvernements, de nos professionnels de l’éducation et des parents, qui rappelons-le, sont à la base de l’éducation de leurs enfants. Elle pourrait certes faire office, dans certaines situations (par exemple : un enfant avec des troubles de comportements, un enfant à déficience visuelle ou auditive, un enfant ayant le syndrome du spectre de l’autisme, un enfant qui subit de l’intimidation, un enfant qui n’est « pas fait pour l’école », etc.), de solutions intéressantes autant pour l’enfant, que pour les parents ou les responsables de l’éducation de cet enfant.

Considérant donc la pluralité des problématiques que l’on retrouve au sein des institutions scolaires, l’école « à domicile » pourrait être une solution pour quelques-unes de ces dernières.

Plusieurs débats apparaissent concernant l’éducation « à domicile » : les parents sont-ils qualifiés pour dispenser une éducation équivalente à celle que propose l’école ? Le matériel didactique et pédagogique peut-il être approprié pour équivaloir une éducation semblable à ce que propose l’école ? Combien de ressources financières ça prend pour équivaloir une éducation semblable à ce que propose l’école ? L’environnement et le milieu d’étude est-il propice à l’apprentissage ?

C’est grâce à ces débats qu’il est possible de faire connaître l’accessibilité à ce type d’éducation marginale, mais pas pour le moins moins intéressant.

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