Portrait

Portrait d’une jeunesse immigrante, rencontre avec Mathilde

Montréal, ville cosmopolite où viennent sans cesse se juxtaposer, s’interposer des nouveaux visages dans une mosaïque à échelle humaine.

Ils arrivent de partout, leur baluchon d’histoires à l’épaule, prêts à le remplir de nouvelles. Ils s’appellent Eoin, Maxime, Mathilde, ils sont d’ailleurs mais tous un peu d’ici.

Mathilde

A Montréal depuis seulement 6 mois, Mathilde semble déjà être comme un poisson dans l’eau. Je la rejoins au comptoir de son QG « la Distillerie », elle plaisante avec les serveurs et je saisis même en vol quelques expressions québécoises. De prime abord, impossible de savoir d’où elle vient, elle jongle aisément du français québécois au belge lointain en passant par des bribes d’expressions à la parisienne.

« Je suis Belge et fière de l’être » entonne t-elle avec un grand sourire.

Mathilde vient de Louvain la Neuve, au centre de la Belgique. Une petite ville qu’elle dépeint avec amour.

Après un Permis Vacances-Travail (PVT) de six mois en Australie et de six mois à San Diego, où elle se découvre une passion pour le voyage, elle rentre un peu au pays. Mais rapidement lassée par son travail et le quotidien, elle se lance dans une nouvelle aventure. Cette fois elle ira de l’autre côté de la planète, direction Montréal. « Ma soeur était déjà installée ici, j’ai eu envie de la retrouver, PVT en poche ».

L’idée pour elle c’est de profiter de cette chance de voyager sur du moyen terme avant d’atteindre l’âge redouté des 33 ans (fin des PVT). En arrivant à Montréal, elle s’est sentie bien immédiatement et les briques rouges n’y sont pas pour rien, « Ça ressemble pas mal à Bruxelles, à ce que je connais, je me sens comme chez moi » m’explique t-elle.

De nature sociable et enjouée, Mathilde trouve très vite du travail et tisse des liens avec des gens de tout horizon. Quand elle ne vend pas des souliers de sport chez New Balance, elle conseille sur les sex toys chez Erotika, et parfois elle enfile sa chemise pour servir dans des banquets.

Multi casquettes, elle est à l’image de la ville et ce mélange d’expériences lui plait. En arrivant, Mathilde voulait travailler dans les musées mais elle se rend vite compte de la difficulté pour les expatriés d’obtenir un emploi qualifié.

« Ici, il faut être au bon endroit, au bon moment, ça fonctionne à la rencontre, j’ai pas encore eu la chance d’exercer l’emploi que je voulais mais j’ai composé, j’ai changé mes perspectives, je n’ai pas beaucoup de temps »

Elle prend ce qu’il y a à prendre et fait de chaque expérience une aventure positive.

Elle arbore le même leitmotiv dans ses relations « En tant qu’expatrié on sait qu’on est là de manière éphémère, ça rend les relations plus intenses, on est plus ouverts, on va plus vers les autres ».

Entourée de beaucoup de Français, elle reconnait qu’ils sont partout et qu’elle se sent plus européenne à l’autre bout du monde mais s’est efforcée dès le début de sortir de sa zone de confort et d’aller vers les Québécois. « Je les trouve super accueillants, sympas et ouverts d’esprit, ils me prennent souvent pour une Française, je fais exprès de parler avec un fort accent Belge pour qu’on comprenne bien », raconte t-elle. « On m’avait dit qu’avec les Québécois c’était difficile de creuser mais c’est faux et puis dans nos pays, en Europe, on ne va pas forcément vers les étrangers ».

Mathilde aime parler dans sa langue maternelle tout en ayant l’impression de réfléchir dans une autre, et elle semble exceller dans ces jeux de langages. Les Français, qu’elle ne côtoyait pas trop en Belgique, elle s’en est rapprochée ici, elle reconnait que l’expérience de l’expatriation ça unie et ça crée une certaine entraide.

Même si elle ne se voit pas faire sa vie ailleurs qu’en Belgique, elle compte bien profiter d’être ici pour voyager sur le continent américain. En attendant de vadrouiller elle continue l’écriture de son chapitre, entre jobs, rencontres et fêtes. « Et si j’ai un conseil à donner aux gens qui veulent venir ici c’est de ne surtout pas faire l’erreur de tout comparer, comme c’est ressemblant et qu’on parle la même langue, on peut vite tomber dans ce piège mais il faut vivre l’expérience comme une vraie découverte, ce ne sera que meilleur ! » conclue t-elle avec son entrain habituel.

Voir aussi le Portrait de Maxime et le Portrait de Eoin

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