Portrait

Les Tibétains, des montagnes de sagesse au Québec

On nous a toujours dit que les montagnes ne se déplaçaient pas. Pourtant, des montagnes de sagesse sont venues compléter les chaînes montagneuses du Québec, dans les années 1970.

C’est tout particulièrement en 1971 que les premiers tibétains, alors réfugiés politiques, arrivent au Canada. Ils furent installés en Ontario, en Alberta et au Québec. Aujourd’hui, on dénombre 120 tibétains au Québec et environ 6000 au Canada. C’est une communauté non-visible et très discrète que l’on a tendance à confondre avec les minorités visibles asiatiques, telles que la communauté chinoise ou vietnamienne.

Mais alors d’où viennent-ils ? Qui sont-ils ? Que représentent-ils ?

Pays de sommets vertigineux et de hauts plateaux, le Tibet, affectueusement surnommé « Pays des neiges », fascine depuis longtemps l’occident. Qui d’entre nous n’a jamais entendu parler du Dalaï Lama ? Chef spirituel du bouddhisme tibétain qui a su mener, avec pondération et pacifisme, un combat pour empêcher la destruction de la culture tibétaine.

En 1959, la Chine toujours communiste, réprima une rébellion et le Dalaï Lama suivi par plus de 100 000 tibétains prirent le chemin de l’exil, en Inde.

Tout commença en 1949, lorsque la Chine communiste, dirigée par Mao, décida de reconquérir ce qu’elle considérait comme ses frontières naturelles ; décrétant que le Tibet était une province chinoise du nom de Xiang. S’en suivit alors une destruction massive du patrimoine tibétain. Monastères et livres sacrés furent brûlés. La Chine interdit la pratique du bouddhisme tibétain et imposa sa langue. Ceux qui se révoltaient contre cette invasion été tués, ceux qui s’y pliés mourraient, au mieux, des suites des grandes famines meurtrières qui se succédèrent.

Aujourd’hui le Tibet n’existe qu’au travers de ses provinces centrales, qui constituent la région autonome du Tibet. Le reste des terres ont été intégrées aux provinces chinoises.

Lhassa, capitale sacrée du Tibet, est aujourd’hui divisée en deux. À l’Est, ville chinoise et à l’Ouest vieille ville tibétaine datant du VIIème siècle. Cette dernière veille jalousement aux derniers vestiges du patrimoine tibétain. On y trouve le temple sacré du Jokhang qui renferme les nombreux mystères du bouddhisme tibétain.

Le Gouvernement tibétain, fondé par l’initiative du Dalaï Lama, est toujours en exil en Inde, à Dharmsala. Le Dalaï Lama quant à lui a prit sa retraite politique en 2011, mais cela ne l’empêche pas de sillonner le monde pour enjoindre ses disciples à mener un combat empreint de pacifisme. Il fait également la promotion des traditions tibétaines qui tendent à disparaître sous la pression chinoise.

Jeunes artistes tibétains, Lhassa me manque

Mais alors qu’en est-il de ces tibétains et tibétaines qui ont dû quitter leurs hautes plaines pour échapper aux répressions de la Chine de Mao ?

Mr K., porte-parole de la communauté tibétaine du Québec, nous révèle les perceptions, pleines de sensibilités, qu’ont les tibétains sur la vie au Québec.

Lorsque je lui demande qu’elle est la majeure différence entre son peuple d’origine et les Québécois, il m’avoue (après plusieurs secondes de réflexion) qu’aucune ne lui vient à l’esprit. Au contraire, pour lui, les québécois se révèlent être des personnes aimantes, toujours prêtes à rendre service comme les tibétains. Il ajoute également que ce qui plaît le plus aux tibétains, c’est la simplicité des québécois.

« Si tu ne peux pas aider une personne, ne lui crée pas de problèmes. » voilà ce que me répond Mr K. quand je lui demande quel est l’enseignement le plus important donné par le Dalaï Lama. Il complète en mentionnant que la non-violence est également l’un des principes de base du bouddhisme tibétain.

Il aperçoit, d’un oeil objectif, les Tibétains comme peu ambitieux. Selon lui, c’est parce que ce sont des personnes qui se contentent de peu et qui accordent beaucoup d’importance au bonheur présent sans se soucier du futur.

Mr K., même s’il est loin des montagnes secrètes de son pays, a décidé de se battre pour la pérennité de sa culture. C’est pourquoi il a ouvert, il y a une semaine, un restaurant qui met à l’honneur les plats traditionnels tibétains. C’est à Montréal, dans le plateau Mont-Royal, au 4050 Rue de Bullion, dans le restaurant nostalgiquement appelé Sur le plateau du Tibet que vous pourriez goûter le « thuktpa » qu’il confectionne lui-même. Il serait ravi de répondre à vos questions concernant sa communauté.

 

thukpa

Thukpa, soupe traditionelle de nouilles 

Les tibétains, qui se caractérisent eux-mêmes de « Tibequois » (pour ceux et celles né(e)s au Québec) sont de nature très discrète. Ils ont leur façon à eux de mener leur combat, notamment en faisant la promotion de leurs traditions aux quatre coins du monde. Et il s’avère que c’est la plus belle des manières de le gagner, car le Tibet a toujours captivé même si ses contrées pratiquement inaccessibles renferment de nombreux mystères.

C’est sur une belle note de fin, prononcée par Mr K. dans sa langue natale, que se termine cet article sur la communauté tibétaine du Québec : « Me tsama la gawu shiya, di genchenbu rai », « Nous devrions tous nous aimer les uns-les autres malgré nos différences ».

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