Point de vue

Là où le bât blesse

S’il y a bien une chose dans laquelle nous excellons et dont on peut se « péter les bretelles » au Québec, c’est lorsqu’on parle de notre culture artistique.

Majoritairement francophone, malgré l’immense bassin anglophone, la culture québécoise fait des jaloux sur les quatre coins du globe et ne cesse d’innover années après années avec des budgets assez chiches merci. N’ayant pas peur de faire preuve de chauvinisme quand on parle des talents de chez nous, il demeure tout de même que le Québec à l’écran et sur les planches n’est pas représentatif de la réalité décrètent plusieurs artistes québécois(es).

On en parle comme si comme ça sans vraiment établir des idées concrètes pour une meilleure représentation de la diversité dans nos émissions, nos pièces de théâtre et notre cinéma. Dans son article de 2016 paru dans La Presse, Hugo Pilon-Larose nous dit que « La Presse calculait que près de 5 % des rôles principaux des émissions de fiction québécoises de l’automne 2014 étaient tenus par des comédiens issus des minorités visibles […] Pour les nouveautés de l’automne 2016 seulement, cette statistique tombe à 3%. » (La Presse, 2016). Le journaliste soutient que depuis deux ans, « rien ne bouge » et que les acteurs issus de la diversité peinent à trouver une place pour eux dans les productions d’ici.

Quand on parle de cette représentation de la société à la télévision, au cinéma ou au théâtre, l’unanimité règne : il faut montrer les différences culturelles et exposer le Québec tel qu’il l’est.

Pourtant, le petit écran se fait plutôt lent dans cette idée : « Les diffuseurs sont en compétition avec des sites comme Netflix. On n’écoute pas des shows à cause de vedettes. Dans Breaking Bad et Six Feet Under, il n’y avait personne de connu. Alors pourquoi ne serions-nous pas capables d’en faire autant? » (La Presse, 2016).

Survient alors un deuxième débat dans celui-ci, la diversité point. Il n’est pas nouveau d’entendre les artistes du milieu se plaindre de voir les mêmes visages au petit et grand écran. Est-il vrai de penser que nous sommes plus frileux de trouver de nouveaux talents que d’engager des acteurs et actrices de renom qui vont assurément fidéliser notre public ?

Il faut dire que des initiatives ont été créées suite au manque de diversité dans nos productions culturelles. Par exemple, Les auditions de la diversité culturelle se déroulent à chaque année depuis 2013 au Théâtre du Quat’Sous afin d’y dénicher les meilleurs candidats issus de la diversité. Plusieurs artisans du milieu culturel sont présents pour trouver la perle rare. Les candidats sélectionnés ont droit à des séances de coaching personnalisé en théâtre et à une formation en jeu caméra qui leur permettra une démo vidéo professionnelle. Le but de ces auditions est assez simple : qu’elles n’existent plus ! En fait, selon le porte-parole Frédéric Pierre, l’idée est qu’elles ne soient plus nécessaires et que les artistes provenant de la diversité obtiennent des rôles plus facilement.

Il s’avère toutefois intéressant de constater que le Québec traîne encore de la patte dans ce dossier. On se vante souvent de faire preuve d’innovation et de créativité alors qu’on demeure assez conservateur quand vient le temps de rafraîchir notre distribution de comédiens et de comédiennes. Un grand ménage du printemps s’impose !

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