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Langage inclusif : par quoi peut t’on substituer les termes «Monsieur» et« Madame» ?

La nouvelle directive de Service Canada a beaucoup fait réagir depuis les dernières semaines. Si dans les formulaires, les mots «père» et «mère» ont facilement été remplacés par «parents», la question de «monsieur» et «madame» reste encore délicate.

Au téléphone, le fonctionnaire devra interroger son interlocuteur pour savoir s’il préfère qu’on l’appelle « monsieur », « madame », ou par son prénom. Cette mesure permettrait aux personnes qui s’identifient à un genre différent d’êtres reconnues dans les communications gouvernementales. Or, ceci ne fait pas l’unanimité; certains ne voient pas la nécessité d’une telle démarche et d’autres parlent même d’une «tyrannie des minorités» .

L’idée derrière cette politique n’est pourtant pas d’exclure les modèles traditionnels, mais plutôt d’en inclure de nouveaux. Cependant, il est vrai qu’au cœur de cette polémique se trouve un problème linguistique; les termes «monsieur» et «madame» font preuve de politesse, et l’absence d’équivalent neutre de ces mots pose problème. Tandis que certains suggèrent que tout le monde s’appelle «chose», d’autres prennent la question plus au sérieux et proposent de nouveaux titres de civilité pouvant convenir à tous.

Aux nouvelles réalités, de nouveaux mots

Dans leur ouvrage Grammaire non sexiste de la langue française, Michael Lessard et Suzanne Zaccour s’intéressent à l’écriture épicène, qui combine les formes féminines et masculines. Pour remplacer «monsieur» et «madame» on suggère les mots «mondame» ou «massieur». Aussi, le substitut de «Mr» ou «Mme» serait «Mx», ou «Mq».

Ces propositions pourraient être une solution au problème des fonctionnaires de Service Canada, car ces mots respectent à la fois la neutralité et la politesse. L’utilisation de ces nouveaux titres serait aussi une façon de représenter les minorités sexuelles sans toutefois renier la majorité.

Si à prime à bord ce changement peut sembler difficile, il faut s’avouer qu’il est nécessaire; quand la société évolue, la langue doit s’ajuster.

Pour le linguiste Bernard Cerquiglini, la langue française est assez forte pour adopter et créer des nouveaux mots. Or, ceux-ci seraient comme de la monnaie; lorsqu’elle est neuve, il faut l’user pour s’y habituer. Par exemple, lorsque les femmes ont commencé à investir des métiers traditionnellement réservés aux hommes, certains titres on dû être modifiés; sont ainsi apparus les mots ingénieure, mairesse, ou présidente. Ayant d’abord rencontré beaucoup de résistance, ces termes ont fini par être normalisés au fil du temps, si bien qu’on s’imaginerait mal s’en passer aujourd’hui.

De la même manière, le développement d’un vocabulaire inclusif répondrait au besoin contemporain de représenter la diversité sexuelle en société. Comme nous l’avons fait pour la féminisation des noms de métiers, il faudra opter pour de nouveaux mots pour désigner les individus non-binaires.

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