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Les autistes : agresseurs violents ou victimes de violence ?

Il n’est pas nouveau de constater qu’encore une fois, l’autisme est associé à la violence. En effet, après la tuerie de l’école Sandy Hook par Adam Lanza, soupçonné de souffrir du syndrome d’Asperger, récemment, les médias nous informent qu’Alek Minassian, l’homme qui a renversé mortellement 10 individus à bord d’un camion-bélier à Toronto, serait atteint de ce syndrome. Toutefois, des études ont démontré que l’autisme n’a aucun lien avec la violence.

L’autisme et le syndrome d’Asperger

L’autisme, appelé généralement, le trouble du spectre de l’autisme (TSA), fait partie de l’ensemble des troubles neurologiques tel que défini dans le DSM-V.  À partir de 2013, le trouble du spectre de l’autisme remplace les troubles envahissants du développement.

Selon la Fédération Québécoise de l’Autisme (FQA), le TSA « se caractérise par des difficultés importantes dans deux domaines, soit la communication et les interactions sociales et les comportements, activités et intérêts restreints ou répétitifs. »

Le syndrome d’Asperger est, selon Autisme Montréal, « un trouble envahissant du développement à l’extrême du continuum autistique. »

Principalement, les domaines affectés par le syndrome d’Asperger sont l’interaction sociale, la communication ainsi que la perception cognitive. De plus, le syndrome d’Asperger peut quelquefois être lié à d’autres troubles tels que le déficit d’attention, l’obsession-compulsion et le trouble anxieux.

La violence dans l’autisme

Selon des éléments antérieurs à l’expérience, un individu autiste n’est pas un être violent.

Les autistes n’ont pas la même structure cérébrale ainsi que le fonctionnement neurologique en comparaison à la population normale. De même que la compréhension et le mode de pensée du monde ne sont pas pareils. Puis, en ce qui concerne la perception, elle n’est pas fausse, mais elle est tout simplement différente.

Également, les autistes ressentent le monde de différentes façons, bien souvent fortement. Ainsi, les émotions sont exprimées de manière directe sans réfléchir.

Le psychiatre auprès des personnes autistes de l’Université de Montréal (UdeM), Beaudoin Forgeot d’Arc affirme que « Dans l’ensemble, l’immense majorité des personnes autistes ne sont pas violentes et des crimes comme celui qui est arrivé à Toronto cette semaine leur semblent tout aussi bizarres et horribles qu’aux autres ». Ainsi, il ne faut pas généraliser, car tous les autistes ne sont pas violents.  

Précisément, les tueurs de masse traversent une phase d’isolement plus ou moins longue juste avant de commettre leur geste.

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Le Dr d’Arc ajoute que les personnes autistes sont même plus souvent des victimes d’abus ou d’autres facteurs de stress comme l’isolement social ou l’exclusion sociale. Il est vrai que quelques recherches insufflent une violence plus fréquente chez les autistes, mais elles sont contestées par d’autres.  

Encore, il se peut qu’une sous-population d’autistes soit surreprésentée chez les tueurs de masses, mais, même si c’est le cas, cela ne regarde qu’une partie ridiculement limitée des individus qui ont un trouble du spectre de l’autisme. Depuis longtemps, le lien entre l’autisme et la violence est étudié, et si l’on n’a pas encore découvert de preuve concluante que ce lien existe, cela doit signifier quelque chose.

L’Institut de santé mentale de Québec indique que d’autre part, la violence ne fait pas partie des éléments pour établir un diagnostic de TSA.

Le psychoéducateur et professeur agrégé à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, Marc Lanovaz met en évidence que les individus atteints d’un TSA, loin d’enfreindre les règles, ont plutôt tendance à les suivre littéralement, et sont bien plus souvent des victimes que des agresseurs.

En 2014, des études sont effectuées par des chercheurs écossais et suédois sur le portrait de 239 tueurs en série ou de masse. D’après leurs interprétations, 28 % d’entre eux seraient atteints d’un TSA « diagnostiqué, hautement probable ou possible ».

Tout de même, il faut faire attention en analysant ces résultats. Les chercheurs mentionnés ci-haut ne sous-entendent pas que l’autisme soit garant des tueries. Ils marquent que dans certaines situations, il est possible que certains problèmes neuro-développementaux puissent « interagir dans une dynamique complexe avec des facteurs psychosociaux pour produire ces événements tragiques ».

Cependant, ces conclusions s’avèrent exagérées pour le professeur Lanovaz, qui critique les chercheurs d’avoir fait des diagnostics « possibles » ou « probables » sans évaluation psychiatrique, uniquement par des témoignages rapportés dans les médias. 

Le professeur Lanovaz cite : « Quand quelqu’un commet un geste inexplicable, les gens cherchent une explication. Ils analysent les comportements et se rappellent que la personne avait un comportement bizarre… Ce n’est pas assez pour établir un diagnostic. »

Le Dr Rob Whitley du département de psychiatrie de l’Université McGill nous avertit contre la manie à percevoir de la maladie mentale à chaque fois qu’il y a un événement tragique qui se produit. Tel qu’il le dit en anglais : « bad does not equal mad ». Aussi, la présidente de la Fédération québécoise de l’autisme, Lili Plourde considère qu’actuellement, la pire chose à faire serait de voir les autistes comme des bombes ambulantes.

Elle ajoute que « Les personnes autistes ne sont pas dangereuses. Il ne faut pas se mettre à avoir peur de celles qui sont dans notre environnement. Déjà qu’elles sont victimes de stigmatisation et d’intimidation… Quand des choses comme ça arrivent, c’est toujours inquiétant de voir comment ça peut se traduire dans la communauté. »

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