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L’écran blanc, un problème pour les jeunes immigrants

Les jeunes téléspectateurs québécois issus d’une famille d’immigrants n’arrivent pas à s’identifier aux personnages des séries jeunesses québécoises. En effet, ces jeunes, presque tous blancs, ne correspondent pas à un portrait réaliste de la société québécoise telle que nous la connaissons en 2018.

Selon La Presse, les statistiques montrent que moins de 20% de la population québécoise fait partie d’une des minorités visibles et 33% est issue de l’immigration. Cette population immigrante ne fait qu’augmenter d’année en année alors que l’on remarque qu’entre 2017 et 2018, il y a eu 2000 immigrants de plus selon des données fournies par Radio-Canada.

Bien que cette diversité culturelle s’accroisse dans notre société, nos écrans peinent à nous renvoyer cette image.

C’est ce que remarque une jeune haïtienne à travers les téléséries desquelles elle entend parler dont, entre autres, des séries populaires et très écoutées comme Le Chalet, Subito Texto et Jérémie. Dans celles-ci, soit l’entièreté des personnages principaux sont blancs et d’origine québécoise, soit il y a une seule autre culture dominante comme par exemple, dans Subito Texto, il y a une famille algérienne dont le spectateur en apprivoise vaguement les coutumes.

Selon l’auteure de l’émission Le Chalet Kadidja Haïdara, il est difficile d’arriver à engager des acteurs d’une nationalité autre que québécoise. Il faut se battre pour la diversité. Elle-même se démène continuellement puisqu’à l’origine, les rôles sont destinés à des acteurs blancs. Il a un problème qui empêche la diversité télévisuelle et ce problème provient de l’importance de la renommée. En effet, on veut de la diversité, mais en même temps on veut des grands noms et ces grands noms sont d’origine blanche. Ils ont comme avantage de procurer une certaine visibilité à la série et de hausser les cotes d’écoutes.

Par conséquent, les acteurs de couleur n’ont pas la motivation de débuter une carrière dans le milieu télévisuel, même ceux pour qui ce métier les intéresse, car ils n’ont pas de modèle qui leur ressemble et qui a suivi le parcours auquel ils aspirent. De plus, les parents des jeunes issus de communautés culturelles valorisent davantage des métiers de nature administrative et scientifique plutôt qu’artistique. Ces jeunes finissent donc par abandonner rapidement leur rêve, ayant peu d’encouragements dans le milieu personnel et dans le milieu familial.

Comme solution à ce problème, Kadidja Haïdara propose d’inciter les jeunes à faire ce qui les passionne et leur montrer qu’il y a bel et bien une place qui les attend. Qui sait, peut-être qu’avec des encouragements et d’autres initiatives mises sur pied, nous pourrions assister à des changements dans la télévision québécoise ?

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