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Deux nouvelles expositions au Musée des beaux-arts

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En présentant deux nouvelles expositions inter-reliées, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) invite le public à réfléchir sur divers enjeux liés aux perceptions identitaires, esthétiques et culturelles.

En commençant par D’Afrique aux Amériques : Picasso en face-à-face, d’hier à aujourd’hui, les visiteurs pourront observer les transformations du regard porté sur les arts d’Afrique, d’Océanie et des Amériques depuis la fin du XIXe siècle jusqu’en 2018. Basée sur la vie de Pablo Picasso, l’exposition explore la relation intime qui unit le grand peintre espagnol et plus particulièrement les arts africains, tout en s’appuyant sur l’histoire des mentalités.

L’exposition réunit près d’une centaine d’œuvres de Picasso incluant peintures, sculptures, céramiques et œuvres sur papier, qui rendent compte de l’influence majeure des arts de l’Afrique et d’Océanie sur sa création. Parmi elles, un vaste ensemble de documents, lettres, objets et photographies les accompagnent. Les 27 œuvres issues de la collection personnelle de l’artiste témoignent que ces arts n’ont cessé de l’accompagner  tout au cours de sa vie.

Au fil du parcours, des œuvres de plus de trente-cinq pays y sont présentées permettant d’en apprécier leur vaste diversité tout en s’interrogeant sur les façons dont celles-ci sont arrivées en Europe, ainsi que des interprétations qui les ont accompagnées : le public pourra par la même occasion admirer une trentaine d’œuvres pour la toute première fois au Canada.

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Plus que formelle, l’influence des arts africains est essentielle pour Picasso, qui déclarera d’ailleurs : « Mes plus grandes émotions artistiques, je les ai ressenties lorsque m’apparut soudain la sublime beauté des sculptures exécutées par les artistes anonymes de l’Afrique. Ces ouvrages d’un religieux, passionné et rigoureusement logique, sont ce que l’imagination humaine a produit de plus puissant et de plus beau. Je me hâte d’ajouter que cependant, je déteste l’exotisme. »

Avec cette nouvelle exposition, le MBAM adapte et enrichit une exposition initiée en 2017 par le musée du quai Branly, Jacques Chirac, en coproduction avec le Musée national Picasso-Paris. La présentation du MBAM se différencie en intégrant des œuvres de sa collection ainsi que des prêts du Musée des beaux-arts de l’Ontario, de collections particulières et de galeries de Belgique, de Suisse, de France, d’Italie, d’Angleterre, des États-Unis, d’Afrique du Sud et du Canada.

Le MBAM y ajoute des artistes phares de la scène contemporaine africaine ou afro-américaine pour confronter cet héritage postcolonial : cette exposition émouvante, unique en son genre permet donc à ces artistes de se tisser au récit, à la fois contestant, célébrant et remettant en perspective une partie de l’histoire de l’art africain.

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En croisant les points de vue de différents experts et artistes, on peut  dire que l’exposition proposée par Nathalie Bondil raconte non seulement l’évolution du regard et de l’histoire de l’art, mais bien plus encore.

Commissaire de l’exposition à Montréal, la directrice et conservatrice en chef du MBAM, explique : « Comment un objet ethnographique est-il devenu esthétique ? Comment un Picasso et un masque anonyme peuvent-ils s’exposer sur un même plan ? Quelles furent les étapes de cette “décolonisation du regard” au cours du dernier siècle jusqu’à nos jours ? », se questionne-t-elle.

Elle poursuit en disant que : «  À Montréal, le parcours raconte cette histoire du “musée des Autres”, héritage d’un monde colonial à sa redéfinition actuelle dans un monde globalisé. Privilégiant une approche transculturelle, j’ai voulu inscrire dans ce récit les artistes contemporains africains ou d’ascendance africaine. L’eurocentrisme culturel est à revoir dans une histoire de l’art à réinventer. Les frontières qui distinguaient les récits de la modernité s’entremêlent aujourd’hui, quand les artistes du monde affirment désormais leur identité transnationale. »

L’exposition unique en son genre, à la fois multidimensionnelle et multi sensorielle entremêle art et histoire pour livrer un récit qui dépasse la vie de l’artiste et prend d’autant plus de sens avec le contexte actuel, en invitant le public à réfléchir sur l’appropriation et sur le pouvoir de l’art pour aborder les legs du passé, tout en imaginant un futur commun.

Nous sommes d’ici, ici : l’art contemporain des Noirs canadiens

Le Musée propose aux visiteurs de poursuivre son parcours avec l’exposition Nous sommes d’ici, ici : l’art contemporain des Noirs canadiens. Initiée par le Musée royal de l’Ontario, cette seconde exposition remet en question les préjugés sur la condition des Noirs au Canada. Le thème, en continuité avec l’exposition de Picasso aborde les profonds changements connus au cours du siècle dernier, pour ce qui est de la relation entre l’Occident et les arts en provenance d’Afrique, d’Océanie et des Amériques. Désormais considérés comme des phénomènes artistiques englobant styles, histoires et cultures variés, les fondateurs de l’exposition se sont demandés : comment réconcilier l’approche ethnographique et esthétique aujourd’hui ?

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À travers les œuvres de 11 artistes contemporains, dont trois Montréalais, Eddy Firmin, Manuel Mathieu et Shanna Strauss. Les artistes y offrent une multitude de points de vue sur la place des Canadiens d’ascendance africaine, réaffirmant la pertinence continue de leur existence dans le tissu social canadien : « Nous sommes ici, d’ici : l’art contemporain des noirs Canadiens fait valoir la pertinence tant historique qu’actuelle de la condition noire dans le tissu social du Canada. L’art contemporain permet d’aborder les questions pérennes de la race, d’exclusion et d’appartenance sous un autre angle. Cette exposition nous permet de désapprendre afin de mieux connaitre l’histoire. », spécifie Dominique Fontaine, commissaire indépendante et fondatrice de aPOSteRIORi.

L’exposition explique donc des principes qui façonnent les cultures matérielles et spirituelles des sociétés traditionnelles remettant en question certaines idées reçues et bien plus encore de manière percutante.

Une sortie culturelle à ne pas manquer!

 

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Le Bâtiment 7 : une autonomie collective en émergence

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Après des années de lutte, de militantisme et de réflexions collectives ; le bâtiment 7 a officiellement ouvert ses portes début mai. Derrière les murs en briques rouges de cet ancien vestige ferroviaire, laissé longtemps à l’abandon, émerge une communauté libertaire, dynamisée par les habitants de Pointe Sainte Charles. Visite de ce lieu emblématique du quartier, devenu un symbole de l’initiative citoyenne.

Construit par le CN dans les années 20, l’immense entrepôt a traversé les décennies, témoin de l’histoire industrielle de Montréal. En 2005, la compagnie ferroviaire cède pour 1$ le terrain à un promoteur immobilier, le groupe Mach. Il projette d’y installer un centre de foires internationales, ainsi qu’un casino.

C’est alors qu’un mouvement de résistance se dessine sous l’initiative du collectif « 7 à nous ». Le collectif, fondé pour soutenir la population de Pointe Saint Charles dans cette lutte citoyenne milite pendant plus de 10 ans pour l’acquisition du lieu et sa réhabilitation par et pour les habitants du quartier.

Le combat citoyen porte ses fruits et le groupe immobilier finit par céder gratuitement le bâtiment au milieu communautaire. Une belle victoire populaire qui marque le début d’une grande aventure.

Le bâtiment 7, un lieu de rassemblement alternatif

Situé à l’extrémité du quartier de pointe saint Charles, à l’angle de la rue Le Ber et de la Congrégation, le bâtiment 7 ne passe pas inaperçu. Sous un soleil généreux, sa façade ocre semble se détacher du décor et la terrasse qui l’entoure donne envie de s’approprier le lieu pour une après-midi et plus. Des bruits de travaux, de la musique et des résonances viennent agrémenter mes premiers pas aux abords de la bâtisse. J’y croise des gens qui bricolent ; des tables à poncer, de la peinture encore fraîche, des chaises disparates et un frigo communautaire. Une manière simple de mettre à disposition des denrées alimentaires pour la communauté et d’éveiller le sens du partage.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

A l’entrée, une immense pièce lumineuse, avec livres à disposition et coin farniente.

A gauche, un plan du bâtiment. Ateliers de sérigraphie, de bois, espace de coworking, atelier de mécanique, épicerie, micro brasserie et bien d’autres projets se sont fait une place dans cet impressionnant espace de vie.

Je fais la connaissance de Guillaume Allyson qui s’occupe de l’atelier d’impression numérique. Il m’explique être un « utilisateur responsable ». Le principe ? Moyennant des frais mensuels, il utilise l’atelier numérique lorsqu’il le souhaite et gère son fonctionnement. A la différence d’un « utilisateur ponctuel », qui paye à l’heure. « Le modèle de revenu est large, l’entretien est partagé, chaque groupe donne de ses heures pour les différentes tâches et les utilisateurs responsables assurent les frais fixes de la bâtisse. » me renseigne Guillaume. L’accessibilité est au coeur du projet et la flexibilité de ce modèle économique permet à tout le monde d’en profiter. On poursuit la visite avec l’atelier de bois.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

L’odeur du pin se mêle au bruit des machines et l’ambiance est propice à la confection. On y croise Elisabeth Drouin, ébéniste et utilisateur responsable de l’atelier. De grands pans de bois, coupés à l’identique et assemblés s’empilent le long de la pièce. C’est un premier projet pour les jardins collectifs de Pointe Saint Charles et les ruelles vertes. « Je suis travailleuse autonome et cet atelier me permet de gérer mes activités professionnelles tout en travaillant sur d’autres projets avec le bâtiment 7. » explique Elisabeth.

A l’avenir des formations seront organisées, notamment sur l’utilisation des machines. Pour l’heure, novices ou expérimentés, peuvent venir travailler le bois dans cet espace d’entraide et de création.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

En face, l’atelier de mécanique. Même principe et liberté d’utilisation.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

Plus loin s’installe doucement la Brasserie « Les Sans Tavernes », une micro brasserie artisanale. Elle rejoint l’épicerie « Le Détour », une supérette autogérée à but non lucratif.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

Ici, en échange de 3 heures de bénévolat par mois, les habitants du quartier auront accès à des prix réduits sur des produits, sains et variés. Le détour participe ainsi au développement d’un réseau alimentaire local et souhaite à terme envisager des moyens d’échanges non marchands ; toujours dans l’optique de faire du bâtiment 7 une fabrique d’autonomie collective.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

Au deuxième étage, un grand espace de coworking, un atelier de sérigraphie, un atelier de peinture, loué par l’école d’art de Pointe Saint Charles, la coop des jeunes du quartier, un atelier de céramique et d’impression numérique, dévoilé par Guillaume.

« Ici les prix sont compétitifs, le matériel performant et l’idée c’est aussi d’échanger nos savoirs. »

En redescendant, Guillaume me présente Gabrielle, en pleine rénovation de tables pour la terrasse. Gabrielle Guérin est présidente du conseil d’administration du collectif 7 à nous et membre fondatrice de la brasserie « les Sans Tavernes ». Militante du projet depuis plusieurs années elle est témoin de la métamorphose du bâtiment et de la ferveur des habitants pour ce lieu si particulier. « Tous les groupes communautaires du coin se sont réunis pour penser le projet, pour le faire évoluer et éviter de tomber dans les pièges de la gentrification du quartier » m’explique t-elle en m’offrant un café au soleil.

« Le bâtiment 7 c’est un lieu qui rassemble, où tout est possible. »

Une quasi autonomie et des projets en devenir

Avec un système d’économie circulaire, le bâtiment 7 prône une consommation responsable et s’engage à générer des circuits courts avec le moins d’intermédiaires possibles entre le producteur et le consommateur. L’épicerie « Le Détour » illustre bien les contours de ce modèle économique.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

Le bâtiment 7 se veut aussi porteur d’emplois, « chacun peut trouver quoi faire ici, le bâtiment 7 peut donner toutes sortes d’expériences et à terme on aimerait offrir des emplois sans hiérarchie, avec un même pied d’égalité. » me confie Gabrielle.

Elle m’accompagne pour une découverte de l’espace extérieur. Gabrielle me montre les futurs jardins collectifs et l’espace dédié aux serres. Même s’il faut se projeter on imagine parfaitement de beaux potagers et des fleurs prendre racine au bon milieu de ce terrain encore en friche.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

« Dans quelques temps on aimerait aussi avoir des chevaux et d’autres animaux. On construira aussi des logements, et puis ici, il y aura d’ici 2020, un pôle famille, incluant un CPE et une maison de naissance. » ajoute Gabrielle, le sourire aux lèvres.

Le bâtiment 7 né d’une volonté collective, d’une victoire populaire sur l’appétence du profit a tout pour devenir le moteur d’une réelle transformation sociale. La machine est en marche, les projets bouillonnent et Pointe Saint Charles sera peut être l’exemple de la ville de demain ; une ville portée par la force du collectif.

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« Black Cop » : bientôt au cinéma

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La vedette de Trailer Park Boys, Cory Bowles, passe d’acteur à auteur. « Ce n’est pas facile d’être un policier noir. Votre communauté ne vous fait pas confiance, vos collègues sont prudents autour de vous et tout le monde assume que vous détestez N.W.A. ». Un film à voir absolument le 1er juin au cinéma Cinéplex.

Cory Bowles, la majorité des personnes le connaisse pour son rôle de Cory dans la série Trailer Park Boys, avec son personnage toujours plus idiot et gaffeur à chaque épisode. Ce personnage est loin d’être une représentation de sa personnalité. On sait qu’il est capable de jouer, mais qui savait qu’il avait les étoffes d’un auteur réalisateur.

En effet, l’acteur de 44 ans né à Montréal, mais élevé en Nouvelle-Écosse, travaille depuis un bon moment sur son film à micro budget Black Cop. Inspiré des tensions raciales et des accidents où des policiers blancs ont abattu des civils noirs non armés, il nous arrive avec une satire psychodramatique politique de 90 minutes tournée à Halifax en seulement 12 jours. 

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La vedette de Trailer Park Boys nous raconte les difficultés rencontrées par un policier noir. Il doit vivre avec le manque de confiance de sa population et la prudence de ses collègues à son égard. Étant déjà déchiré entre faire son travail et suivre ses convictions, des circonstances le pousseront jusqu’à ses limites. Son identité remise en jeu, tout est en place pour un maelström de vengeance et de justice. Cette satire met de l’avant les tensions raciales, l’application de la loi et l’utilisation des médias sociaux.

On retrouve dans ce film Ronnie Rowe Jr. qui incarne le personnage principal Black Cop, Sophia Walker dans le rôle d’une police recrue et Sébastien Labelle qui joue le policier blanc. Bowles admet que les critiques ont été majoritairement positives aux États-Unis durant la tournée des festivals, on dit du film qu’il apporte son éventail d’émotions, allant jusqu’à un sentiment interne de rage pour certaines personnes.  

Black Cop sera bientôt au cinéma, mais avant d’en arriver là, le film a fait une longue tournée des festivals en Amérique du Nord et en Europe.

Sur un total de 27 participations de festivals, Cory Bowles et son film remporteront 8 prix, dont celui de Meilleur directeur de l’Atlantique (Atlantic International Film Festival) et Excellence dans l’art cinématographique (Tallgrass Film Festival).   

C’est durant cette tournée des festivals que les droits seront achetés aux États-Unis par Samuel Goldwyn Films et au Canada par Northern Banner basé à Toronto. Tout naturellement, l’auteur se dit très excité de ces nouvelles unions et a vraiment hâte de partager sa création avec une audience plus large.

Black Cop sera au Cinéma le 1er juin à travers les grandes villes du Canada. Les représentations auront lieu dans les Cinéplex de Montréal, Toronto, Vancouver, Calgary, Winnipeg et Halifax. De plus, si vous êtes trop pressé, il est présentement disponible sur plusieurs plateformes tel que Itunes pour l’achat et la location. 

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Québec veut autoriser les universités à augmenter les droits de scolarité pour étudiants étrangers non-francophones

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Le gouvernement du Québec a présenté la semaine passée de nouvelles mesures concernant l’enseignement supérieur au Québec, qui s’inscrivent dans le plan quinquennal mis sur pied en vertu des mandats stratégiques entre Québec et les universités.

Le gouvernement du Québec souhaite désormais autoriser les universités à augmenter les frais de scolarité pour les étudiants étrangers non francophones, à l’exemption donc des étudiants français et belges qui bénéficient d’une entente spéciale.

De plus, la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a également annoncé une aide supplémentaire de 1,5 milliard de dollars pour les universités québécoises sur la période 2022-2023, en vue d’accueillir davantage d’étudiants étrangers.

Une aide directe de 22,8 millions de dollars sera d’ailleurs entièrement consacrée aux établissements francophones du Québec, pour permettre d’accueillir environ 2500 nouveaux étudiants étrangers.

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