Entrevue avec Sol Zanetti, d'Option nationale | Média D
Restons connectés

Entrevue

Entrevue avec Sol Zanetti, d’Option nationale

On parle avec lui de son état d’esprit, d’immigration, de racisme, d’indépendance et d’emploi en autre.

Publié il y a

le

Crédit : Média D

A quelques mois des élections, nous avons rencontré le chef d’Option nationale, Sol Zanetti, qui fait désormais parti de la fusion avec Québec Solidaire (QS) et se présente à l’investiture dans Jean-Lesage. On parle avec lui de son état d’esprit, d’immigration, de racisme, d’indépendance et d’emploi en autre.

Romain Chauvet: Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques mois des élections ?

Sol Zanetti: Enthousiaste ! C’est à dire qu’entre 2012 et 2014 il y a eu très peu de temps, on s’est dit est-ce qu’on va avoir le temps de faire avant les prochaines élections, mais étant donné qu’on vient de traverser un mandat majoritaire, on avait le temps de se préparer, de faire des projets, mais en même temps c’est long 4 ans et on a hâte de retourner dans l’arène.

Il y a eu une fusion avec Québec Solidaire (QS), effective depuis le 31 décembre dernier, vous êtes désormais un collectif à l’intérieur de QS ?

La fusion entre Option nationale et Québec Solidaire, cela a créé vraiment un dynamisme sur le terrain, les équipes doublent de taille des fois, les gens sont contents de travailler ensemble plutôt que d’être contre. On découvre aussi des nouveaux militants.

On va organiser des universités indépendantistes également au printemps, des cours sur l’histoire par exemple, des conférences sur les arguments économiques et écologiques envers l’indépendance.

Plusieurs sondages sont sortis récemment, est-ce que vous les consultez et est-ce qu’ils donnent une tendance des votes aujourd’hui encore en 2018 ?

Quand ils sont bons je suis content, et quand ils ne sont pas bons je me dis comment on peut changer ça ? Tout en sachant que c’est assez volatile, les échantillons et les méthodes ont changé, les marges d’erreurs sont plus grandes.

Ce que je regarde c’est les indices terrain, comme par exemple en janvier QS qui a amassé plus d’argent que la Coalition Avenir Québec (CAQ), le Parti Québécois (PQ) et le Parti Libéral du Québec (PLQ) réunis ensemble. Cela montre qu’il y a une force militante qui est en train de s’installer.

Notre but, c’est de devenir un plus gros parti politique, je souhaite que cela se fasse à la prochaine élection, c’est possible, c’est une élection pivot où les groupes démographiques qui sont majoritaires vont changer.

Est-ce que l’élection de Donald Trump a changé la manière de faire de la politique aujourd’hui ?

Je ne sais pas, c’est une bonne question ! Je me demande si moi j’envisage les choses différemment. Pour moi, Bernie Sanders et Jean-Luc Mélenchon en France ont plus changé les choses, que Donald Trump.

Depuis 1995 que je suis la politique, ce qui domine toujours c’est qu’il faut être raisonnable. C’est comme si on avait cultivé l’idée que ce qui allait gagner c’est le juste milieu. On remarque qu’il y a une fatigue, on a sous-estimé les électeurs dans les dernières décennies, alors qu’ils sont prêts à appuyer des idées très affirmées.

Avoir dit je suis socialiste aux États-Unis, c’est quelque chose qui était tabou avant, depuis la guerre froide et associé à des choses négatives. Même chose avec Mélenchon en France qui a fait un bon score, ça m’encourage. Je me dis on peut proposer des choses franches, assumés, les gens sont ouverts.

Quelle place occupe la diversité dans votre parti politique ? 

Québec Solidaire c’est le parti qui a la plus grande sensibilité et en même temps le programme le plus intéressant pour les membres de la diversité. C’est un parti qui est ultra-inclusif, qui a un discours et une réflexion très articulée sur la question Autochtone notamment, ou sur les enjeux liés au genre.

« Les enjeux liés à la diversité, ce ne sont pas des enjeux juste individuels »

Souvent les partis libéraux, tant au Canada qu’au Québec, se présentent comme les champions des droits et libertés individuelles et on remarque que c’est individuel mais que cela ne suffit pas des lois, il faut changer la société au complet.

Sur les enjeux féministes par exemple, les femmes ont les mêmes droits que les hommes. Mais on ne peut pas écrire une loi disant que les inégalités sont interdites, il faut plutôt changer le système qui crée ces inégalités là.

Est-ce que cela passe par des quotas ?

Clairement oui, il y a ça ! Mais aussi des changements culturels, ce dans quoi on va investir. Quand on décide de couper dans les services sociaux et d’investir dans les infrastructures, on enlève des secteurs où c’est majoritairement des femmes, et on en mets plus là où c’est masculin. Cela crée une inégalité de richesse. Nos choix d’investissements ont un lien avec les inégalités.

Sur la question du racisme et des discriminations, est-ce que vous étiez favorable à la mise en place d’une Commission ?

Oui, Québec Solidaire s’est proposée en faveur de la demande de faire une Commission sur le racisme systémique, ce qui ne se fera manifestement pas. Moi je suis parfaitement en accord, mais il ne faut pas attendre.

Beaucoup de gens ont parlé de la discrimination, et il y en a qui ont dit ne pas vouloir une nouvelle commission. Les études/Commissions ont proposé des solutions et combien ne sont pas appliquées. Il ne faut pas que ça soit juste un show médiatique, il faut appliquer les solutions qu’on a décidé, qu’on sait qu’elles sont bonnes, et qui vont marcher. Cela en vaut la peine.

Dans la foulée des commémorations du 29 janvier à Québec, combien de gens impliqués dans des moquées ou la communauté musulmane se sont exprimés et ont dit que les Québécois ne sont pas racistes. Donc c’est comme si on se défendait de quelque chose que personne ne nous a accusé, il faut sortir de cette folie.

C’est comme si on se défendait contre un ennemi imaginaire, qui a dit les québécois sont racistes ? Les gens disent que les Québécois sont racistes, mais qui a dit ça ?

Alors comment cette idée a fait son chemin dans l’espace public ?

Historiquement, c’est plus à l’extérieur des frontières du Québec. Le phénomène du Québec bashing orchestré pour donner honte aux Québécois de vouloir de leur propre auto-détermination, en disant que ceux qui veulent l’indépendance sont racistes, c’est terrible. Ça réveille quelque chose de très sensible chez les Québécois. Il faut vraiment dénoncer le Québec bashing. On voit beaucoup de menaces de morts notamment sur les pages Facebook de certains médias anglophones.

Alors, y a t-il du racisme dans la société québécoise ?

Oui, il y a du racisme dans toutes les sociétés du monde, mais est-ce cela veut dire que tous les peuples du monde sont racistes ? Non.

Un peuple ne se définit pas par ce genre de caractéristiques, mais plutôt par des projets collectifs. Si on compare à d’autres pays, le Québec est bien avancé sur la diversité, il fait par exemple mieux vivre ici pour les homosexuels, pour les femmes aussi…

Des études sont sorties récemment, montrant le peu de minorités visibles dans les grandes entreprises, notamment à Hydro-Québec, votre réaction ?

Il faut rectifier ça, c’est grave. Je ne sais pas quel est le mécanisme idéal pour contraindre au respect de ces normes, je ne suis pas un spécialiste. Mais je pense qu’il faut des contraintes, mais comment les mettre en place ? Ça demanderait une étude approfondie, mais il faut faire ça, c’est essentiel !

J’ai été très sensible à un commentaire de Philippe Fehmiu qui disait qu’une publicité du 375ème anniversaire de Montréal ne présentait que des personnes blanches. Oui je trouve qu’il faut plus de représentativité à la télévision ou dans les publicités, parce que sinon ça ne donne pas de modèle, ces personnes ne peuvent pas se projeter, être comme lui ou elle dans une télé-série par exemple.

C’est important d’assurer un large espace médiatique à ces communautés, c’est une avancée dans la société. Je pense que ces choses là changent, j’ai l’impression que les Américains sont plus avancés, notamment dans les télé-séries où il y a une plus grande diversité, avec des personnages plus forts, même chose pour les femmes.

C’est important d’avoir des modèles politiques forts et diversifiés ?

Oui, c’est pour ça que QS c’est le parti de la parité, notamment pour que les femmes ne soient pas que dans des circonscriptions imprenables.

Imaginons vous êtes au pouvoir, le Québec est indépendant, quelle est votre position sur les réfugiés, on en accueille ?

Oui. Des réfugiés, il va y en avoir de plus en plus avec les changements climatiques, plus que ce que l’on peut accueillir si on n’arrive pas à contrer la hausse de 4% du réchauffement climatique.

« Le problème des réfugiés, c’est toujours le problème de l’humanité. Il faut être solidaire »

Sur l’immigration maintenant, votre position ? 

On n’est pas dans une optique de réduire l’immigration, mais plutôt de savoir comment favoriser l’intégration économique des immigrants parce que c’est sur cette question que tout passe, même les femmes immigrantes qui sont encore plus en difficultés.

L’emploi et le salaire minimum à 15$/h cela reste votre mesure phare ? 

Le salaire minimum à 15$ de l’heure c’est la mesure phare de QS, on le défend à court terme et ça va être tellement bon pour l’économie. Je comprends qu’il faut aider les petites entreprises à s’ajuster, il faut trouver une façon pour qu’elles ne ferment pas, notre but c’est le bien collectif.

Enrichir ces personnes c’est le but, ils ne vont pas mettre ça dans des paradis fiscaux, mais ils vont participer à l’économie, avoir une meilleure vie et probablement une meilleure santé. On a beaucoup favorisé ce qui font des millions, maintenant il est temps de favoriser ceux sur qui tout repose, et grâce à qui les riches sont riches.

Entrevue

Un livre pour raconter la générosité des Autochtones

Published

on

Ginette Moreau est orthopédagogue à la Commission scolaire Val-des-Cerfs. Sa carrière d’enseignante l’a amené à vivre pendant une dizaine d’années dans le Grand Nord-du-Québec dans les communautés cries et autochtones. Elle publiera cette année un livre pour enfants ayant comme trame de fond la culture autochtone. Rencontre avec une grande passionnée des cultures autochtones.

Média D :  Vous allez publier cette année un livre pour enfants.  Quel est le contenu de cette œuvre ?

G. Moreau

Ginette Moreau

Ginette M. : J’ai vécu dix ans dans le Grand Nord dans la communauté de Chisasibi où j’ai enseigné. Lors de la dernière année, il est arrivé une aventure à moi et à ma famille. Nous avions demandé à Bobby, un ami chasseur, de nous amener à Grande-Baleine puisqu’on savait qu’il y avait un grand rassemblement là-bas chaque année. Au cours de l’expédition, on a arrêté sur l’île du Cap John puisque le vent et les vagues se sont levés. Lors de notre arrêt, mon fils Vincent, alors âgé de 4 ans, a perdu sa peluche à laquelle il tenait comme la prunelle de ses yeux. Nous sommes finalement revenus à la maison, sans avoir été à Grande-Baleine, mais on n’avait pas retrouvé la peluche malgré nos recherches.

Mon ex-mari est retourné sur cette île quelques semaines plus tard, mais il était revenu bredouille puisqu’il ne l’avait pas retrouvé. On pensait que tout était fini et qu’il fallait passer à autre chose, car ce sont des choses qui arrivent dans la vie. Puis, on a eu des nouvelles de la peluche. On a su que des Inuits l’avaient retrouvé et que quelqu’un l’avait en sa possession à Grande-Baleine, mais on n’avait aucun détail et l’on ne savait pas qui c’était. Un moment donné, un couple qui était venu dans notre communauté pour des funérailles s’est présenté au restaurant où travaillait mon ex-mari pour lui remettre la peluche. Donc, le livre raconte cette histoire-là, je trouvais ça important de la raconter puisque c’est une histoire de chaîne de solidarité entre diverses communautés.

Média D : Votre livre s’adresse principalement pour les enfants de 3 à 8 ans. Pourquoi ?

Ginette M. : C’est une histoire à laquelle les enfants vont s’identifier facilement. À cet âge-là, on a tous eu une peluche, un petit objet qui était super important. Je crois que les enfants vont pouvoir s’identifier autant aux deux personnages principaux qui sont mon fils et sa peluche. Le livre est également un outil qu’on peut utiliser comme éveil à la lecture. J’ai fait mon livre pour que les enseignants de maternelle et de premières années puissent y avoir recours. De plus, les parents pourront l’utiliser comme histoire avant le dodo. Et je veux aussi sensibiliser les jeunes aux cultures autochtones, à l’entraide, à la solidarité et au respect entre les peuples.

Média D : Vous avez vécu une dizaine d’années dans le Nord-du-Québec. Qu’est-ce que vous avez retenu sur les cultures autochtones ?

Ginette M. : J’ai vu que l’humour est très présent dans leur culture comme c’est le cas dans la culture québécoise. Les deux cultures se rejoignent beaucoup en ce sens. Mais ce sont aussi des personnes très généreuses puisqu’elles n’ont pas peur de donner. Par ailleurs, ces peuples ont développé une très grande résistance au froid à cause de leurs conditions climatiques assez extrêmes. C’était un peu comme de superhéros pour moi puisqu’ils ont acquis beaucoup de connaissances de leur territoire et sur la pêche, la chasse et la survie en conditions extrêmes. Moi, je n’aurais pas pu survivre si jamais je m’étais retrouvée seule et abandonnée au beau milieu de leur territoire. Eux savent comment survivre.

Média D : La trame de fond de l’histoire de votre livre est axée sur les cultures autochtones. Comment réussit-on à aborder celles-ci dans toute leur richesse alors qu’on la perçoit  forcément d’un œil extérieur ?

Ginette M. : C’est justement une question que je me suis posée. C’est sûr que mon histoire a été racontée d’un point de vue allochtone, de non-autochtone.  Mais je l’ai écrite avec beaucoup d’admiration, de respect et d’amour et j’espère que cela va se ressentir quand on va la lire. Je ne sais pas trop si ça va se remarquer puisqu’on a dû limiter les textes pour répondre aux spécifications techniques du format. Je n’ai pas pu parler autant que je l’aurais voulu de la culture autochtone, mais j’espère que mon admiration que j’ai pour les autochtones va se ressentir dans le livre.

Média D : Que voudriez-vous que les gens retiennent de votre livre et des personnes autochtones ?

Ginette M. : Les personnes autochtones sont des personnes avec de belles valeurs et qui ont réussi à survivre à leurs conditions climatiques par l’entraide et la solidarité. Ce sont aussi des personnes méconnues qui méritent d’être connues et avec qui l’on peut créer des liens d’amitié.

En ce qui concerne mon livre, c’est une histoire universelle et que ça aurait pu être l’inverse, soit qu’une personne autochtone retrouve un objet précieux après l’avoir perdu. Mon livre porte, en quelque sorte, sur les plus belles qualités que l’être humain peut avoir. Ça démontre que les gens de cœur se rejoignent et se reconnaissent entre eux.


Le livre de Ginette Moreau sera publiée d’ici la fin de la présente année par la maison d’édition, les Éditions du Soleil de midi. Celle-ci a d’ailleurs déjà traité des thèmes autochtones lors d’anciennes publications. Son lancement devrait se dérouler au cours de l’automne.

 

Continuer à lire

Entrevue

Entrevue avec Alexis Guimond, médaillé aux Jeux paralympiques de PyeongChang

Published

on

A tout juste 18 ans, le gatinois Alexis Guimond a remporté la médaille de bronze en ski para-alpin aux Jeux paralympiques de PyeongChang. Il devient le premier Canadien de moins de vingt ans à accéder au podium paralympique et un des meilleurs espoirs masculins canadiens dans cette discipline.

Romain Chauvet (RC) : En commençant Alexis, d’où te vient ta passion pour le sport et le ski para-alpin ?

Alexis Guimond : J’ai commencé le ski alpin quand j’avais 4 ans, ma famille été beaucoup impliquée dans le ski, et mon frère faisait aussi de la compétition dans ce temps-là.

J’ai essayé de rejoindre un club, mais avec mon handicap c’était un peu plus difficile d’y arriver mais j’ai réussi à l’âge de 6 ans. Après c’est devenu pas mal ma passion. Ensuite, j’ai découvert le ski para-alpin à l’âge de 9 ans, avec des courses pour handicapés. Puis j’ai fait les Jeux de l’Ontario en 2009.

Justement peux-tu nous préciser le handicap dont tu souffres ?

En fait c’est une hémiparésie du côté droit qui est partielle, j’ai quand même des limitations du côté droit dans tous les membres, même au visage et oreille suite à mon accident quand j’avais 6 mois. Du côté gauche j’ai une autre paralysie, mais moins sévère, avec des problèmes de motricité.

C’était tes premiers Jeux Paralympiques, quelle était l’ambiance et comment tu les as vécu, avec du stress ou de l’excitation ?

Pour moi au début c’était quand même stressant, plus les jours avancés moins j’étais stressé. Mais j’étais vraiment excité, parce que c’était un rêve de le faire pour moi. L’environnement c’est vraiment quelque chose de spécial, il y avait 400 à 500 personnes, contrairement à nos courses où il y a seulement une vingtaine de personnes qui regardent, c’est vraiment incroyable !

Au départ j’avais deux quatrièmes places à moins d’un dixième à chaque fois,  je me disais que la chance n’était vraiment pas de mon côté. Mais j’étais vraiment déterminé, surtout au slalom géant. C’est quand même incroyable d’avoir une médaille olympique aux premiers paralympiques, mais c’est frustrant de manquer la médaille en deux jours.

29468351_1710766158989162_4586109711518007296_n

Donc tu as remporté la médaille de bronze en slalom géant, comment tu t’es senti lorsque tu l’as remporté ? Fier ?

Oui, je me sentais fier ! La première manche c’était difficile pour moi, je ressentais beaucoup de fatigue, et la fatigue a un peu dominé ma course parce qu’à la moitié du chemin je me sentais beaucoup fatigué, et je n’ai pas skié exactement à mon 100%, j’étais un peu frustré.

La deuxième manche, j’ai tout mis et je suis arrivé premier. C’est quand même assez bon pour moi, c’est un bon résultat.

Tu es le 1er Canadien de moins de vingt ans à monter sur le podium des Jeux Paralympiques, qu’est-ce que ça te fait ? 

C’est quand même assez fou pour moi ! C’est de quoi, atteindre le podium paralympique en étant jeune.

J’aimerai t’entendre sur la représentativité des personnes avec un handicap, que ce soit dans les médias, à la télé ou au cinéma par exemple, et comment tu trouves la couverture de ces jeux paralympiques versus les jeux traditionnels ?

Je trouve que c’est sur à 100% qu’on a moins de couverture médiatique dans les coupes du monde. Nous, on a juste deux médias en bas de la piste, donc vraiment pas beaucoup de médias. Mais avec le temps, moi ça fait deux ans que je fais du ski para-alpin, et je vois vraiment la différence.

A la moitié d’une saison, on a commencé à faire des courses en live, et après toute la saison a été couverte par le live stream (Diffusion en direct). On avait toujours au moins un média en bas de la piste qui partageait quelque chose sur les médias sociaux. Mais si on compare à la couverture médiatique des sports non-handicapés, c’est sûr qu’on en a beaucoup moins.

Aux Jeux paralympiques c’était vraiment extraordinaire pour moi parce que je n’avais jamais vu autant de couverture médiatique pour un évènement, c’est une des premières fois que j’ai vu des compétitions paralympiques diffusées à la télé. Tranquillement la couverture médiatique progresse, et c’est bon parce que notre sport se fait mieux connaitre à chaque année.

16178753_1273125966097243_119458530433879407_o

Est-ce que tu as conscience d’être un modèle ou une source d’inspiration pour des personnes avec un handicap qui s’identifient à toi ou qui prennent confiance en te voyant te dépasser ? 

Un peu, mais moi je me vois encore comme une personne normale. Oui, je suis un athlète mais un modèle pour moi c’est vraiment quelque chose à prendre au sérieux. Je trouve que dans mon histoire, il y a beaucoup de persévérance et si ça ça peut motiver d’autres personnes avec un handicap ou même d’autres personnes en général alors je serais vraiment content de savoir ça.

En terminant, comment tu vois l’avenir et qu’est-ce se prépare prochainement pour toi ? 

Alors c’est pas mal la fin de saison pour moi. Ensuite on s’entraîne tout l’été pour se préparer au Championnat du monde para-alpin de l’année prochaine, c’est assez excitant.

Après dans les quatre prochaines années je vais me préparer à Beijing, pour espérer monter au podium. Je vais y mettre tous les efforts et pousser encore plus fort pour le podium paralympique.

Continuer à lire

Entrevue

Entrevue avec Julia Posca de l’IRIS, sur le racisme systémique des Autochtones du Québec

Durement frappée par la pauvreté, le manque d’accès à des services et des soins de santé adéquats, cette communauté rassemble des conditions propices à la dérive vers la toxicomanie, le suicide ou la violence.

Published

on

Selon une étude publiée il y a quelques jours par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), les Autochtones du Québec seraient en proie à de la discrimination systémique. On est allez rencontrer la chercheuse à l’origine de cette étude, Julia Posca, pour en savoir plus.

Média D : Toute première étude de l’IRIS sur les Autochtones du Québec, pourquoi avoir choisi ce sujet ?

Julia Posca : On s’intéresse aux inégalités en général, on a travaillé sur les inégalités de revenus, de patrimoines, les inégalités vécues par les immigrants au Québec l’année passée, et donc là on a décidé de s’intéresser aux Autochtones parce qu’on ne l’avait jamais fait avant, et ça nous semblait important de parler de la situation des Autochtones au Québec, de leur conditions de vie, étant donné qu’on sait que c’est une catégorie de la population qui est plus désavantagée que d’autres.

Des données, mais jamais de portrait d’ensemble ? 

Il existe des données recueillies par Statistique Canada qui recueille depuis une vingtaine d’années au moins toutes sortes de statistiques donc il y a des données qui existent pour le Canada et par province. Mais il n’y avait pas d’étude qui présentait ces données là pour le Québec spécifiquement.

Donc là on a un premier portrait d’ensemble de la situation des Autochtones avec des données qui sont assez récentes (2016). J’ai utilisé essentiellement des données du recensement à part pour les indicateurs de santé, victimes et justices qui proviennent d’enquête.

On a pu également distinguer les Premières Nations des métis et des Inuits, les différentes nations qui sont au Québec.

Qu’est ce qui ressort de ce rapport ? 

On constate que dans tous les aspects de leur vie, les Autochtones sont désavantagés par rapport au reste de la population québécoise, en termes de revenus, d’emplois, de la situation du logement, l’éducation, la santé… Des écarts partout en fait !

On a l’illustration là d’un problème de discrimination systémique vécu par les Autochtones au Québec.

Il y a eu cette tentative d’assimiler les Autochtones, que ce soit avec la loi sur les Indiens, le système des Réserves, ou encore les écoles résidentielles, puis en fait on constate les effets de ce régime colonial qui se font encore sentir et qui ont des répercutions sur les conditions de vie des Autochtones.

Il y a eu une faible couverture médiatique suite à la publication de ce rapport, comparé généralement aux autres rapports publiés par l’IRIS, est-ce que c’est votre ressenti également ? 

Non pas aussi bonne qu’on l’aurait souhaité. J’ai fais des entrevues avec Radio-Canada en Abitibi et avec une radio privée au Saguenay et CBC à Québec, mais c’est très peu parce qu’on est habités à avoir une plus grande couverture. Je pense qu’il n’y a rien de nouveau, dans le sens où l’on sait que les Autochtones ont de piètres conditions de vie par rapport au reste des Québécois, et peut être qu’à cause de ça, il y a eu moins d’intérêt.

Par contre nous, on pensait que c’était intéressant d’avoir ce portrait d’ensemble, qui montre que ce sont des inégalités qui se renforcent les unes les autres, que ce n’est pas un mince problème que l’on a devant nous.

Si il y a une information que l’on doit absolument retenir de ce rapport, ça serait laquelle ? Et pourquoi ?

Bonne question ! Moi je trouve que ce qui est intéressant de voir, c’est qu’un enfant Autochtone qui est né au Québec en 2016 vit dans un foyer où déjà le logement est surpeuplé, délabré dans une proportion assez importante, où l’accès à des aliments de qualité est problématique. Donc déjà il naît dans un contexte qui est problématique, avec des parents qui sont moins éduqués que la moyenne, et ont donc des difficultés à intégrer le marché du travail au Québec.

Toutes ces conditions se renforcent et auront des répercutions sur sa vie, et tout ça fait qu’ils ont moins de chances que les Québécois. C’est important de voir l’ampleur de problème, et la complicité de la situation actuelle selon moi.

On entends moins parler justement de cette problématique du logement, comparé à celle de la violence par exemple

Effectivement on a entendu parler de ce qu’il se passe dans d’autres provinces canadiennes, les questions de l’accès à l’eau également dans la communauté du Nord de l’Ontario par exemple. Alors on a l’impression que ça va mieux pour les Autochtones au Québec, même si il y a des préjugés comme « la vie sur les réserves c’est génial parce qu’ils payent pas de taxes », c’est ça le plus gros préjugé.

Alors que les études montrent que les conditions de vie sont moins bonnes dans les communautés, les réserves. Avec toutes sortes de problèmes comme les vagues de suicide qu’on a vu dans les dernières années, qui ne sont pas étrangères au fait qu’on a des populations avec lesquelles leur mode de vie sont complètement chamboulées tant par le fait que les communautés ont été déstructurées, avec les changements climatiques qui peuvent avoir un impact sur différentes activités comme la chasse et la pêche, et de l’autre côté ces communautés ont du mal à adapter leur mode de vie à celui des Québécois non-autochtones parce qu’ils ont de la difficulté à accéder à l’éducation et au marché du travail par la suite.

Il y a du chemin fait, mais ce sont des conditions dures encore. Il y a eu la Commission sur les femmes disparues et assassinées par exemple.

Quel avenir se dessine pour les Autochtones du Québec ? Une amélioration ou au contraire une détérioration ? 

On espère évidemment une amélioration, mais je pense que c’est un bon pas de reconnaitre par exemple l’impact qu’ont eu les écoles résidentielles sur les Autochtones, pas seulement sur ceux qui les ont fréquenté, mais sur leurs enfants et leurs petits enfants, ça a été prouvé.

Une manière de combattre contre les inégalités c’est par l’accès à des services publics de qualité. On sait qu’il y a des problèmes d’accès à l’éducation, à la santé notamment dû à des questions de racisme ou d’éloignement des communautés parfois. Il y a du travail à faire pour améliorer l’accès au service, on espère que la Commission Viens identifiera ce problème.

Par contre, il faudra élaborer des améliorations en collaboration avec les Autochtones , on ne veut pas reproduire ce que l’on a fait dans le passé, soit reproduire des solutions qui sont imposées, qui ne sont pas adaptées à leur réalité particulière. Si on permet au peuple Autochtone d’agir en pleine autonomie, je pense que là il y a peut-être moyen de surmonter les problèmes actuels.

Plusieurs personnes reprochent à cette étude le manque de proximité, d’aller prendre le poul sur le terrain, voir la réalité au lieu de s’appuyer sur des données de Statistique Canada. Qu’est-ce que vous leur répondez ? 

Absolument, c’est une analyse entièrement statistique quantitative, on prend des données. Mais c’est intéressant car c’est un assez bon portrait, même s’il y a certaines communautés qui ne sont pas recensées. Mais c’est évident que là on a un portait macro-économique et qu’on ne peut pas faire la distinction entre les différentes communautés qui ont chacune leurs particularités. Il est évident que les Kahnawake de Montréal ont des conditions différentes des Inuits du Grand-Nord ou des communautés en Abitibi par exemple.

Qu’est ce qu’on entend exactement par « racisme systémique » ? 

On parle de racisme et de discrimination systémique quand il y a une population qui est traitée différemment du reste de la population, pour le dire simplement. Je pense qu’on ne tient pas compte du passé et du rapport colonial qui a pu s’installer avec les Canadiens/Québecois, justement de ne pas tenir compte de ça c’est en soit reproduire un racisme, et des discriminations envers ces peuples là.

Sur la question de l’éducation par exemple, si on ne reconnait pas qu’il y a eu un traumatisme lié aux écoles résidentielles, alors on a de la difficulté à comprendre comment l’accès à l’éducation est plus problématique, comment ça se fait que les universités ont longtemps été vues comme un signe d’assimilation, les Autochtones qui allaient à l’université perdaient leur statut d’indiens, et donc les droits qui leur été rattachés.

Il faut reconnaitre qu’ils sont désavantagés pour trouver des manières de leur donner les mêmes chances que le reste de la population. Ils sont victimes d’un système qui inconsciemment, sans nécessairement le vouloir, reproduit des chaines de dominations passées.

D’autres études à venir sur les Autochtones ? 

Pas prévue pour l’instant mais c’est sur qu’on va vouloir s’intéresser à cette question là, à la hauteur de nos moyens.

Continuer à lire
Publicité
Publicité
Publicité

Facebook

Publicité

Infolettre

Le meilleur de nos articles à chaque semaine

POPULAIRES