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Le Bâtiment 7 : une autonomie collective en émergence

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Après des années de lutte, de militantisme et de réflexions collectives ; le bâtiment 7 a officiellement ouvert ses portes début mai. Derrière les murs en briques rouges de cet ancien vestige ferroviaire, laissé longtemps à l’abandon, émerge une communauté libertaire, dynamisée par les habitants de Pointe Sainte Charles. Visite de ce lieu emblématique du quartier, devenu un symbole de l’initiative citoyenne.

Construit par le CN dans les années 20, l’immense entrepôt a traversé les décennies, témoin de l’histoire industrielle de Montréal. En 2005, la compagnie ferroviaire cède pour 1$ le terrain à un promoteur immobilier, le groupe Mach. Il projette d’y installer un centre de foires internationales, ainsi qu’un casino.

C’est alors qu’un mouvement de résistance se dessine sous l’initiative du collectif « 7 à nous ». Le collectif, fondé pour soutenir la population de Pointe Saint Charles dans cette lutte citoyenne milite pendant plus de 10 ans pour l’acquisition du lieu et sa réhabilitation par et pour les habitants du quartier.

Le combat citoyen porte ses fruits et le groupe immobilier finit par céder gratuitement le bâtiment au milieu communautaire. Une belle victoire populaire qui marque le début d’une grande aventure.

Le bâtiment 7, un lieu de rassemblement alternatif

Situé à l’extrémité du quartier de pointe saint Charles, à l’angle de la rue Le Ber et de la Congrégation, le bâtiment 7 ne passe pas inaperçu. Sous un soleil généreux, sa façade ocre semble se détacher du décor et la terrasse qui l’entoure donne envie de s’approprier le lieu pour une après-midi et plus. Des bruits de travaux, de la musique et des résonances viennent agrémenter mes premiers pas aux abords de la bâtisse. J’y croise des gens qui bricolent ; des tables à poncer, de la peinture encore fraîche, des chaises disparates et un frigo communautaire. Une manière simple de mettre à disposition des denrées alimentaires pour la communauté et d’éveiller le sens du partage.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

A l’entrée, une immense pièce lumineuse, avec livres à disposition et coin farniente.

A gauche, un plan du bâtiment. Ateliers de sérigraphie, de bois, espace de coworking, atelier de mécanique, épicerie, micro brasserie et bien d’autres projets se sont fait une place dans cet impressionnant espace de vie.

Je fais la connaissance de Guillaume Allyson qui s’occupe de l’atelier d’impression numérique. Il m’explique être un « utilisateur responsable ». Le principe ? Moyennant des frais mensuels, il utilise l’atelier numérique lorsqu’il le souhaite et gère son fonctionnement. A la différence d’un « utilisateur ponctuel », qui paye à l’heure. « Le modèle de revenu est large, l’entretien est partagé, chaque groupe donne de ses heures pour les différentes tâches et les utilisateurs responsables assurent les frais fixes de la bâtisse. » me renseigne Guillaume. L’accessibilité est au coeur du projet et la flexibilité de ce modèle économique permet à tout le monde d’en profiter. On poursuit la visite avec l’atelier de bois.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

L’odeur du pin se mêle au bruit des machines et l’ambiance est propice à la confection. On y croise Elisabeth Drouin, ébéniste et utilisateur responsable de l’atelier. De grands pans de bois, coupés à l’identique et assemblés s’empilent le long de la pièce. C’est un premier projet pour les jardins collectifs de Pointe Saint Charles et les ruelles vertes. « Je suis travailleuse autonome et cet atelier me permet de gérer mes activités professionnelles tout en travaillant sur d’autres projets avec le bâtiment 7. » explique Elisabeth.

A l’avenir des formations seront organisées, notamment sur l’utilisation des machines. Pour l’heure, novices ou expérimentés, peuvent venir travailler le bois dans cet espace d’entraide et de création.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

En face, l’atelier de mécanique. Même principe et liberté d’utilisation.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

Plus loin s’installe doucement la Brasserie « Les Sans Tavernes », une micro brasserie artisanale. Elle rejoint l’épicerie « Le Détour », une supérette autogérée à but non lucratif.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

Ici, en échange de 3 heures de bénévolat par mois, les habitants du quartier auront accès à des prix réduits sur des produits, sains et variés. Le détour participe ainsi au développement d’un réseau alimentaire local et souhaite à terme envisager des moyens d’échanges non marchands ; toujours dans l’optique de faire du bâtiment 7 une fabrique d’autonomie collective.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

Au deuxième étage, un grand espace de coworking, un atelier de sérigraphie, un atelier de peinture, loué par l’école d’art de Pointe Saint Charles, la coop des jeunes du quartier, un atelier de céramique et d’impression numérique, dévoilé par Guillaume.

« Ici les prix sont compétitifs, le matériel performant et l’idée c’est aussi d’échanger nos savoirs. »

En redescendant, Guillaume me présente Gabrielle, en pleine rénovation de tables pour la terrasse. Gabrielle Guérin est présidente du conseil d’administration du collectif 7 à nous et membre fondatrice de la brasserie « les Sans Tavernes ». Militante du projet depuis plusieurs années elle est témoin de la métamorphose du bâtiment et de la ferveur des habitants pour ce lieu si particulier. « Tous les groupes communautaires du coin se sont réunis pour penser le projet, pour le faire évoluer et éviter de tomber dans les pièges de la gentrification du quartier » m’explique t-elle en m’offrant un café au soleil.

« Le bâtiment 7 c’est un lieu qui rassemble, où tout est possible. »

Une quasi autonomie et des projets en devenir

Avec un système d’économie circulaire, le bâtiment 7 prône une consommation responsable et s’engage à générer des circuits courts avec le moins d’intermédiaires possibles entre le producteur et le consommateur. L’épicerie « Le Détour » illustre bien les contours de ce modèle économique.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

Le bâtiment 7 se veut aussi porteur d’emplois, « chacun peut trouver quoi faire ici, le bâtiment 7 peut donner toutes sortes d’expériences et à terme on aimerait offrir des emplois sans hiérarchie, avec un même pied d’égalité. » me confie Gabrielle.

Elle m’accompagne pour une découverte de l’espace extérieur. Gabrielle me montre les futurs jardins collectifs et l’espace dédié aux serres. Même s’il faut se projeter on imagine parfaitement de beaux potagers et des fleurs prendre racine au bon milieu de ce terrain encore en friche.

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Crédit photo : Clémentine Mollier

« Dans quelques temps on aimerait aussi avoir des chevaux et d’autres animaux. On construira aussi des logements, et puis ici, il y aura d’ici 2020, un pôle famille, incluant un CPE et une maison de naissance. » ajoute Gabrielle, le sourire aux lèvres.

Le bâtiment 7 né d’une volonté collective, d’une victoire populaire sur l’appétence du profit a tout pour devenir le moteur d’une réelle transformation sociale. La machine est en marche, les projets bouillonnent et Pointe Saint Charles sera peut être l’exemple de la ville de demain ; une ville portée par la force du collectif.

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La rentrée blanche

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Début septembre signifiait la rentrée des classes et la fin de l’été mais pour les adeptes de séries télé, cela signifiait le retour d’Unité 9, L’échappée, occupation double et plusieurs autres. C’est excitant de découvrir  les nouvelles émissions et les nouveaux personnages mais il est toutefois facile de remarquer le manque flagrant de diversité dans les programmes.

Commençons par Unité 9 de Fabienne Larouche, une série qui dure depuis 7 ans déjà. Tous ont suivis la triste histoire de Marie Lamontagne, campée par Guylaine Tremblay, et de ses codétenues. Les scénaristes ont gardé le public captivé pendant de longues années mais force est d’admettre  qu’une série avec autant de personnages et d’histoires intéressantes n’a jamais mis de l’avant un personnage de couleur qui n’était pas criminel ou de mauvaise foi.

L’émission nous a présenté Bouba, jouée par Ayisha Issa dès la saison 2; une criminelle assez violente qui mène la cour de la prison d’une main de fer. Bouba passe par toutes les gammes d’émotions et vers la fin, laisse les spectateurs découvrir son côté sensible grâce à une détenue plus âgée qui la prend sous son aile. Nous le public pensant  que Bouba connaîtra alors une fin heureuse pour finalement commettre une agression assez sanglante contre le directeur de la prison.

Vers la saison 6, Fabienne Larouche introduit l’IPL du maximum, Koffi Yatabéré, qui semble ne jamais avoir souri de sa vie et regarde les femmes avec dégout. Son personnage ne s’est pas amélioré au fil de la saison car il a notamment attaqué Jeanne qui est enceinte et la nouvelle détenue Eyota Standing Bear. Ce qui nous amène au dernier point sur Unité 9 , la détenue  qui a fait son entrée à Lietteville. Un personnage tellement intéressant et plein de noirceur mais qui est légèrement abordé pour laisser encore la place à Marie Lamontagne et Jeanne Biron.

Pour ce qui est de L’échappée, une série de Michelle Allen qui a débuté le 12 septembre 2016. L’émission suit les aventures de Brigitte Francoeur, incarnée par Julie Perrault, qui revient à Sainte-Alice-de-Rimouski pour le mariage de sa fille. Le retour dans sa ville natale refait remonter de vieux souvenirs et de vieilles rancœurs. L’histoire est centrée sur Julie Perrault et son entourage mais l’auteur ne met aucune personne de couleur ou d’une nationalité autre en premier plan.

En terminant, le fait qu’il y ait un manque de diversité n’enlève rien aux comédiens et comédiennes telles que Guylaine Tremblay, François Papineau, Julie Perrault et Patrick Hivon. Ces artistes sont incroyables mais comment vous, les réalisateurs, les directeurs de casting et les scénaristes voulez-vous encourager la diversité quand tout ce qu’on voit dans nos écrans ce sont des gens à la peau pâle. Si vous parcourez les bottins des agences, il y a des acteurs de couleurs mais aucun qu’on ne reconnaît.

 

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Le multi-talentueux Idris Elba

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Récemment, on m’a demandé ce que je pensais de la télévision québécoise. J’ai réfléchi un bon moment avant de pouvoir donner ma réponse. Ce que je trouve dommage c’est qu’en 2018 nous parlons encore de ce sujet.

La diversité à l’écran dans notre télévision québécoise et dans les longs métrages est essentielle.

Je suis une personne qui aime partager de la musique, des films et des séries télévisées.   En effectuant une recherche sur le multi-talentueux comédien Idris Elba, ce que l’on remarque c’est qu’il est un artiste qui se permet de toucher à tout. On constate que son parcours est vraiment génial.

Portrait d’un artiste aux multiples talents

Idris Elba a grandi à East Ham dans un quartier de Londres. Très tôt, il découvre qu’il aime jouer de la musique et il commence petit à petit ses débuts dans une école de théâtre. Il fait ses premières apparitions en télévision dans de nombreuses séries. On le reconnaît surtout pour l’un de ses rôles marquant dans la série The Wire, il incarnait alors le personnage de Russell « Stringer » Bell. 

Luther

Un rôle qui brise le cercle des stéréotypes

J’avais entendu plusieurs choses sur l’émission dramatique Luther en regardant cette série créée par Neil Cross et le mettant dans le rôle principal de l’inspecteur John Luther.

On remarque dès le premier épisode qu’il interprète avec intelligence cet homme troublé par ses problèmes personnels et son travail. En regardant les quatre saisons on s’attache à ce personnage. Le comédien vient de nous confirmer cela en y mettant un petit aperçu sur les réseaux sociaux.

Créateur, DJ, réalisateur

Cette année, Skype One diffuse l’émission In the long run qu’il a créé. En effet, il a écrit cette série tirée de sa vie personnelle. 

https://www.youtube.com/watch?v=E5NMmn8KyzE

Il est aussi un disc-jockey depuis plusieurs années, entre les tournages il prend du plaisir à faire danser les gens un peu partout à travers le monde.

Il a réalisé Yardie, tiré du livre de Victor Headley. 

yardie poster design by Empire Design

Un discours sur la diversité à l’écran 

Il y à deux ans il a prononcé un discours sur la diversité dans les médias et les films. Ce qu’il expliquait est très intéressant et important. Je vous recommande de l’écouter. 

https://www.youtube.com/watch?v=y-WQ6qORAZ4

Il est un artiste qui montre que tout est possible et qu’il ne faut pas se limiter à une seule chose.

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« Crazy Rich Asians » en tête du box-office nord-américain

Briser les stéréotypes sur les Asiatiques dans le cinéma hollywoodien

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À Hollywood, il y a peu de films mettant en vedette des acteurs asiatiques. Avec une distribution composée 100% de comédiens asiatiques, le film Crazy Rich Asians souffle un vent de fraîcheur sur le cinéma hollywoodien.

Crazy Rich Asians est un long métrage adapté du livre du même nom, écrit par Kevin Kwan, un romancier singapourien-américain. Également, ce livre est traduit en français sous le titre Singapour millionnaire (2013) mais le long métrage lui-même n’est pas traduit dans la langue de Molière. 

Cette comédie romantique occupe toujours la tête du box-office en Amérique du Nord depuis la fin de semaine fériée de la Fête du Travail, selon les chiffres provisoires de la société spécialisée Exhibitor Relations publiés dimanche. En effet, depuis sa sortie, le mercredi 15 août 2018, c’est-à-dire, il y a trois semaines,  il a récolté 117 millions de dollars.

Poster

Synopsis

Dans Crazy Rich Asians, Rachel Chu (Constance Wu), New-Yorkaise d’origine chinoise et professeure d’économie à l’université NYU, accepte de rendre visite à la famille de son petit ami, Nick Young (Henry Golding), à Singapour.

Pensant que le jeune homme est issu de la « classe moyenne ». Elle y découvre que Nick est l’héritier d’une famille de promoteurs immobiliers d’origine chinoise parmi les plus « follement » riches d’Asie (d’où le titre Crazy Rich Asians). La jeune femme se trouve donc confrontée à un environnement, dont elle ne sait pas tout.

Représentation cinématographique des Asiatiques en Occident

« Plus qu’une simple comédie romantique, le film dresse un portrait très actuel des différentes générations d’immigrants asiatiques en Occident », soutiennent la comédienne Alice Tran, Québécoise d’origine vietnamienne et la directrice en création publicitaire Thimalay Sukhaseum, Québécoise d’origine laotienne.

De plus, Crazy Rich Asians est le premier film d’un studio hollywoodien porté par des acteurs d’ascendance asiatique depuis la projection de The Joy Luck Club, une production beaucoup plus modeste, d’il y a 25 ans.

« Voir une distribution complètement asiatique porter des thèmes [nord-américains], […] j’ai trouvé ça ultra rafraîchissant », affirme Thimalay Sukhaseum. Par contre, elle montre qu’il y a quelques réserves quant au jeu des acteurs, qui lui rappelait parfois celui des acteurs de feuilletons thaïlandais qu’écoutait sa mère.

« C’est sûr qu’il y a des moments un peu kitsch, mais c’est tellement assumé [que ça passe bien] », estime Alice Tran. Elle explique s’être beaucoup identifiée au personnage principal du film, Rachel Chu, une femme immigrante de deuxième génération comme elle.

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Le film permet de briser les stéréotypes que l’Occident attribue aux Asiatiques dans le cinéma : ils sont souvent stéréotypés en tant que docteurs, type intello (surtout en informatique) en passant par maître de kung-fu, de karaté comme dans les films portant sur les thèmes d’action et d’arts martiaux à la Jackie Chan, à la Bruce Lee ou à la Jet Li ou encore, on leur colle à des rôles de méchants dans les films de guerre. De même qu’ils ne jouent pas souvent les rôles des personnages principaux, mais plutôt secondaires ou mineurs.

Il faut faire attention que le film ne peint pas les Asiatiques comme étant communautaire. Le film dépeint l’opposition entre les Asiatiques élevés en Occident et les Asiatiques élevés en Asie. Les gens perçoivent souvent les Asiatiques comme étant communautaires, mais en fait, c’est à cause des barrières linguistiques et des barrières culturelles.

Par exemple, la première génération des Asiatiques en Amérique du Nord, ne parle pas la langue du pays d’accueil ce qui constitue un défi à l’intégration tandis que la deuxième génération des Asiatiques, c’est-à-dire ceux et celles qui sont né(e)s en Amérique du Nord de parents immigrants, parlent la langue du pays d’accueil en plus de la langue de leur parent (parfois, non).

Puis, il y a la ressemblance culturelle et les valeurs culturelles qui font que les Asiatiques se regroupent en communauté. Tout cela laisse croire que les Asiatiques sont fermés, ce qui n’est pas le cas des Asiatiques de deuxième et troisième génération qui sont pleinement intégrés et sont biculturels (vivre asiatique à la maison et vivre à la nord-américaine à l’extérieur). D’ailleurs, on les appelle les « bananes » (Jaune de l’extérieur, mais Blanc de l’intérieur).

Bref, le long métrage aborde des thèmes touchant l’amour, la famille, les classes sociales et les valeurs traditionnelles culturelles.

Renverser le blanchiment dans le cinéma hollywoodien

À Hollywood, le fait de choisir des acteurs d’ascendance asiatique pour jouer des personnages qui le sont aussi n’allait pas de soi. Or, le romancier Kevin Kwan a dit avoir refusé une première adaptation dans laquelle Rachel Chu aurait été blanche.

D’après une étude de l’université californienne USC Annenberg, parmi 100 films, il y en a 44 qui ont produit les meilleures recettes en 2016 aux États-Unis où ils n’avaient aucun personnage d’origine asiatique.

Cependant, le « blanchiment » (whitewashing en anglais), concept appliqué à la tendance hollywoodienne de distribuer les rôles des minorités visibles à des acteurs Blancs, ne passe plus aussi bien aujourd’hui. Effectivement, une série de polémiques récentes en témoigne.

Par exemple, la décision de donner à Scarlett Johansson, le rôle de l’héroïne de Ghost in the Shell (2017), un personnage a priori asiatique, a provoqué des mouvements de protestation d’une ampleur inédite. Ce fut le même cas pour Tilda Swinton, choisie pour jouer l’Ancien dans Docteur Strange (2016).

« J’espère que dans 10 ans, nous repenserons à ce moment et nous aurons oublié. Une distribution entièrement asiatique ? C’était un sujet ? », a expliqué le réalisateur Jon M. Chu lors d’une entrevue à la chaîne CBS, diffusée mercredi.

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Le cinéaste ne cache pas s’être mis une gigantesque pression pour ne pas décevoir, cherchant les bons accents, l’exactitude des références culturelles et la musique adaptée.

« Vous sentez que votre film est plus que pour vous-même. […] Nous sommes au début d’un voyage, et je crois que [ce film] en ouvre la porte. », confirme Jon M. Chu

La comédienne d’origine chinoise et malaisienne Michelle Yeoh, qui incarne la mère de Nick Young dans le film, a déjà obtenu de premiers rôles à Hollywood. Pourtant, « cette fois, c’est différent, parce que le moment est venu pour nous », a-t-elle expliqué lors d’une interview au site Build.

Plusieurs ont en tête un autre tournant qu’a pris Hollywood cette année avec le film Panthère noire (Black Panther), superproduction où le héros et la plupart des personnages sont Noirs.

« Il est temps que nous soyons représentés » au cinéma et à la télévision, a continué Michelle Yeoh, héroïne de Tigre et dragon (2000). « Regardez autour de nous. Nous sommes une culture très variée. Les Asiatiques, les Afro-Américains, nous appartenons à l’ADN de cette société ici aux États-Unis. »

La communauté asiatique du Québec n’a pas assez de voix

À l’image de Panthère noire, qui mettait de l’avant la communauté afro-américaine, Crazy Rich Asians présente une distribution 100 % asiatique. Une telle production pourrait-elle voir le jour au Québec ?

« Nous sommes prêts à voir ça. Par contre, est-ce que le bassin d’acteurs est là ? C’est la question que je me pose », dit Thimalay Sukhaseum. Elle explique avoir essayé de recruter des personnes asiatiques dans le cadre de son travail en publicité, sans véritable succès.

« Je ne pense pas que ça serait possible actuellement, juste parce qu’on n’a pas de voix assez fortes. […] Tant qu’on n’a pas une personne qui a un pouvoir économique, qui peut vraiment prendre des décisions, […] ça ne marchera pas », affirme Alice Tran.

Mais, reste qu’avec ce film, cela donne une fierté aux Nord-Américains d’ascendance asiatique et une éternelle reconnaissance.

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