Les poèmes de Vincent Poirier | Média D
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Poésie

Les poèmes de Vincent Poirier

Notre poète et essayiste nous propose un peu de légèreté en ce dimanche.

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Dans les creux forestiers nous avons fait le vœu

rêver un réel d’argile et d’agrume

un lointain dur à collectionner

peut-être certains manquent d’ambitions

les rêves grossissent et pondent différentes couleurs

un brin de folie ne tient qu’à un fil corrosif

chaque pilule nous pousse loin du vert

toujours dans ces nuances de gris

de colère urbaine

saveur carbonique des astres disparus

l’odeur de la retombée radioactive

cet érotisme se droguant à l’acte manqué

le nerf nous pèse par perte de définitions

l’asile n’est plus pour les malades

laissez-les partir, gambader à droit et à gauche

respectez leur non-maladie

quelque chose inclassable pourrit sur les lèvres de chaque mot

on y enferme désormais ceux qui soignent

bientôt le vert sera trop controversé

aucun droit d’en faire usage à Noël

chaque offense explosera en boîte plastique

puis jetée à la décharge

pour nous apprendre à oublier le besoin d’oxygène

alors que nous étouffons, ordures parmi les ordures

Poème

Poésie : Culte de l’acouphène

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Tu m’as appelé hier

rendez-vous 19 h 48 au parc

là où notre enfance crasse encore le sable

passés des heures à flâner

mouches autour d’une viande avariée

tu viens peut-être me dire que je vais mieux

loin d’un reflet d’anxiété au cœur d’une cité vitreuse

sale d’acouphènes

 

19 h 00

Balançoires rouillées résistent au poids des âges

un couple de chat urine dans les haies

nos dessins embellissent la peau des manèges

qu’aucun détergeant n’a pu déformés

musique méditerranéenne te viole l’assurance

éclate le quartier d’une marre ensanglantée

le droit d’expression ronge le paradis des autres

 

19 h 17

Les sirènes retentissent, la loi commande le silence

la protestation est contagieuse

les voisins reprennent le flambeau de la cacophonie orageuse

et puis, c’est la fête, le délire vernal enrobé de bacchanales

miroir du samedi dernier

des huit dernier mois

 

19 h 23

Guerre au cœur du nulle part

je me demande quelle adresse recevra le prix de l’amande la plus salée

chaque voix hurle en sacré sauvage

tributaire de spatio-temporalités hétérogènes

mes oreilles violées s’écroulent d’indifférences

les arts cuisinent ce suicide collectif

au sein de cette radio sans poste j’attends ta venue

 

19 h 39

La vie se meure

l’ambiance assèche les frustrations

surdose de plaintes alite les sopranos et les ténors

avec qui je n’ai jamais échangé un            mot

beaucoup n’auront pas le droit à un rappel

vagabondent hors scène en vitesse avant que la justice n’intervienne

 

Peut-être avais-tu raisons, se taire pour apprendre à écouter

tu pourras venir me rejoindre sur la balançoire

on jouera aux blagues sans mots

aux rires sans échos

la joie d’affronter la honte de toute une vie

loin des gens civilisés

 

19h 48

Tu n’es pas venu

malgré toute la patience, mes prières platoniques

la langue du monde siffle trop

je suis seul à te bercer dans un coin de mes espoirs

 

tu n’as jamais été une imposition

tu es une partition

dont il faut apprendre à composer

un  entre chaque bruiteur
leur crescendo drogué au mensonge

qu’un d’entre eux aura le dernier mot.

 

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Poésie

Poésie – « Ceux qui prient, ceux qui crient » de Vincent Poirier

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14 h 31

Direction Place des Arts

Voyage tourmenté

La machine dévore la terre

plus elle s’enfonce, plus elle s’injecte d’inquiétude

toutes ces choses sans regard

visage blanc Galaxie 7

font du fenêtre à fenêtre délivrer la bonne nouvelle

d’une image iconoclaste

 

toutes ces choses au grand cœur

grand espoir moitié prix

charcutent en silence leurs oreillettes

cette joie d’entendre l’incompréhension au sein d’une mélodie

déterrée des entrailles du Youtube

entendue d’outre-tombe parmi les miasmes des sanctuaires

ou délire fruité du stupéfiant gratuit

vautré dans la fange d’un sexe hystérique

 

toutes choses parlent le sans-bouche

clavier bavard favorise l’apogée

du dernier sacrement

 

14 h 58

La mort s’est tuée aux ondes sonores

armure noire et cape blanche en première ligne vers les limbes gratte-ciels

cèdent leurs sièges aux chants du monde

fossoyeurs karmiques recyclés en chœur enchanté

des cris, des plaintes, des voix d’horreurs

profèrent en débandâtes un réseau de mauvais sorts

écrasent toutes étoiles entre les dents d’une matière obscure

 

d’ici deux milles ans

nous n’aurions rien à raconter

seulement le reproche

# la 8 in-justiciede

genre… sans dictionnaire de référence

 

15 h 00

S’expulsent cette marée théâtrale

rampent la tempête jusqu’à la surface

chaleur et soleil mitraille ces rassembleurs

ces « quelqu’uns » et ces « peut-êtres »

prêt à hurler l’avenir a capella

dévorer vivant le passé entre des dents rouillées

le présent lui manque d’éducation

étalée sur 25 000 dialectes, seul au milieu de nulle part

ces « probables » veulent hurler le plus étranger possible

 

15 h 05

L’accalmie se manifeste

en fin de compte cela n’aura pas durer

nous sommes nés pour nous in-comprendre

 

apprendre aux enfants le fardeau illusoire

devant la parole naisse cet unique envie

vociférer quelque chose qui n’appartient

qu’au genre déshumain

 

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Poésie

Réflexion de Vincent Poirier

Notre essayiste a repris sa plume

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12 Mai 2017

Tu sautais sur les vapeurs enrêvés

un petit pas pour toi hors des cendres et des vices

âpres réels pour tes saveurs imaginaires

prête pour le grand voyage d’Alice

tous les jours tu danses sur le clavier

moi, pour la consoler je lui disais

vos cauchemars gargarisent mon pays des merveilles

 

18 Mai

L’échange de nos nuages pluvieux grugent les sols fertiles

tu viens ici dans le confort d’une retombée nucléaire

peut-être chacun a son royaume geôlier

avec ces roses piquantes et quelques idoles bandés

nos génies nous bousolent vers les champs Élysées

 

23 Mai

Ton heure arrivée

l’oiseau blanc fend l’air à coup de gaz

tout ce vide te tiendra compagnie

heureuse d’enfin devenir quelqu’un

parmi les mausolées en gratte-ciel

et ces plèbes d’atomes nécrosés

 

25 Mai

J’attendrai de tes nouvelles tous les ans

tu étais presque arrivée, déjà l’une des nôtres sans avoir toucher le sol

le sortilège que jette les papiers signés et les cartes d’identités

Tu es atterri beaucoup trop tard, je ne te reconnaissais plus

pays imaginaire rencontre les lois de la gravité et les tumeurs des moteurs

une part de toi est restée là-bas, endormie sous les horizons

l’autre, ton ombre persiste en chaque moi

souffle vibre au sein de tes lettres au creux de ma boîte solitaire

cisaille chaque jour un peu plus tes paroles en poussière

aucune gravité ne te retient en moi

 

25 Mai 2047

Lorsque je ne serai plus ma propre étrangeté

sur une terre d’amour empoisonné

moins à perdre que les modistes de l’oubli

une tendance vers l’heureux nulle part

je viendrai te rendre une dernière visite

réussir ce voyage que tu n’as jamais pu

ces premiers mots tendres que tu n’entendras pas

rien de nouveau sous le soleil, hormis des chimères

nos rêves enterrés

avec le passé de Mai

 

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