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Portrait de Aaron Esteban, artiste aux multiples facettes

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Né à Montréal, d’origine latino-arabe, salvadorienne et égyptienne, Aaron Esteban vient tout juste de sortir son nouveau single « Dont Mind If I Dance » qui cartonne et s’annonce déjà comme le tube de l’été. Rencontre avec le chanteur qui a pleins de projets.

Déjà plus de 10 ans de carrière derrière lui et de nombreux singles déjà sortis, peut être avait vous déjà entendu I love Your Mmm Mmm, qui a tourné en boucle l’été dernier.

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Extrait du vidéoclip « I love Your Mmm Mmm »

Depuis, il vole de ses propres ailes puisqu’il gère de A à Z tous ses nouveaux projets, et mélange à la fois anglais, espagnol et français dans ses titres. « Aujourd’hui j’ai 100% le contrôle de mon image, de ce que je veux dire, ce que je veux faire passer comme message » confie-il.

« Plus ton rêve est grand, plus ta récompense sera grande »

Son nouveau titre Dont Mind If I Dance lui ressemble beaucoup plus, c’est peut-être le single qui lui correspond le plus depuis le début de sa carrière et les retours sont très positifs à date.

Ses sources d’inspirations sont multiples, allant de Michael Jackson à Justin Timberlake en passant par Jennifer Lopez. « Elle a ouvert des portes aux latinos, ça a été la première à avoir un contrat de millions de dollars, en menant une carrière artiste dans la musique, actrice et entrepreneuse, je la respecte beaucoup ! » explique-t-il.

Les réalités d’artiste

Du fait de ne pas chanter en français, il est plus difficile pour Aaron de percer dans le marché québécois en tant qu’artiste anglophone. « Je trouve qu’il y a beaucoup de talents qui meurent avec le temps, où qui vont aux États-Unis ou à Toronto pour développer leur art ».

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Il parle aussi de l’industrie, un monde qu’il considère à part, où il est difficile de faire sa place. « C’est définitivement une élite à Montréal, je me sens vraiment chanceux d’avoir des contacts » soutient-il.

Souvent beaucoup de jeunes artistes en démarrage recherchent de l’attention à n’importe quel prix, il reconnaît avec beaucoup de franchise s’être perdu au début de sa carrière, ce n’était pas le message qu’il voulait véhiculé dans ces chansons. Mais depuis les choses ont changé, notamment avec son dernier single, sur lequel il a travaillé de nombreux mois.

Il est également acteur et a monté sa compagnie de web-marketing, qui l’aide à développer sa propre marque.

« Je fais de la musique pour changer des vies, inspirer et donner de la confiance aux personnes »

Beaucoup de diversité est présente dans les artistes au Québec certes, mais bien souvent ils restent méconnus du grand public, ou sous représentés dans les Galas. Aaron pensent que c’est aux artistes de faire leur place, et de ne pas attendre qu’on leur ouvre leur porte. « Je pense que Montréal a beaucoup à apprendre de Toronto, qui est unie derrière ses artistes » ajoute t-il.

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Il recommande de tous s’unir ensemble pour pousser les portes.

Projets futurs : à l’international ?

Si tous ses plans fonctionnent, il devrait d’ici l’année prochaine partir pour Los Angeles, en Californie, pour de nouveaux projets artistiques, et ainsi franchir une nouvelle étape de sa carrière à l’international.

« Je sens que j’ai ma place là-bas »

Une envie de sortir de sa zone de confort et de renouveau l’ont poussé à avoir cette envie d’exporter son talent au-delà des frontières. On a pas fini d’entendre parler d’Aaron Esteban dans les prochaines années. D’ici là son dernier single, Don’t Mind If I Dance, est disponible depuis le 28 mai dernier.

 

Entrevue

Pourquoi j’ai quitté Montréal pour m’installer en région avec ma famille

« On va vivre ici pour une meilleure qualité de vie pour les enfants »

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Meilleure qualité de vie, opportunités professionnelles ou environnement sécuritaire sont autant d’attraits qui poussent de plus en plus d’immigrants à se diriger vers les régions du Québec, en grande pénurie de main d’oeuvre ces derniers mois. Mohammed Hicham Louridi, originaire du Maroc, est l’un d’entre eux. Il a quitté Montréal en 2016 avec femme et enfants direction Saint-Georges de Beauce, dans la région de Chaudière-Appalaches.

Au Québec, plus de 1,3 million d’emplois seront à pourvoir d’ici 10 ans, dont plus d’un million en région, à l’extérieur de Montréal.

Face à cette situation de pénurie de main d’oeuvre, les entreprises se tournent de plus en plus vers l’immigration. On estime que plus de 20 % de ces postes pourraient être comblés par des personnes issues de l’immigration.

Le Ministère de l’Immigration réalise en ce moment une grande campagne « Ensemble, nous sommes le Québec », en vue de favoriser l’immigration en région au Québec.

Hicham a fait partie de cette campagne de promotion.

Arrivés en mars 2015 au Québec avec sa femme et ses deux enfants, ils sont en possession de la résidente permanente qu’ils ont obtenu après 5 ans d’attente au Maroc.

Installés à Montréal pendant une année, rapidement le quotidien devient stressant et le manque d’opportunités professionnelles et de contrats se fait sentir.

« J’ai eu beaucoup de difficultés à Montréal, je n’ai pas réussi à trouver de travail, malgré les nombreux CV que j’envoyais aux grandes entreprises, je n’avais jamais de réponse ».

Professeur en électronique pendant plus de 15 ans au Maroc, Hicham rencontre des obstacles lorsqu’il souhaite enseigner ou faire un stage, puisqu’il devrait au préalable refaire son diplôme.

Il décide alors de se rapprocher d’un organisme qui aide à la recherche emploi, où il suit une formation de trois mois, qui va lui permettre de se rendre en Beauce, sélectionné lors de l’événement « La Beauce embauche », organisé par l’organisme.

Plan B : en région 

Après avoir visité la région et passé des entrevues, une opportunité professionnelle se présente à lui, qu’il accepte sans hésitation. Obligé de revenir quelques mois à Montréal, pour ne pas avoir pu céder le bail, finalement il retrouvera un emploi à Saint-Georges de Beauce par la suite.

A 50 ans il travaille aujourd’hui comme opérateur de production sur des machines à outils numériques chez Tactic.

« Moi et ma femme, on étaient déterminés, on avait un objectif »

Leur intégration et installation s’est extrêmement bien passée, les gens ont été très accueillants avec la nouvelle famille, et aucun acte de racisme ne s’est encore manifesté.

Même chose pour leurs deux enfants qui se sont vite intégrés, forts d’avoir appris le français lors d’écoles d’été à Montréal.

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Hicham et sa famille

 

Conseils pour futurs immigrants

Il conseille pour les futurs immigrants de bien se renseigner avant de partir, mais surtout d’aller visiter en personne avant de prendre une décision.

« Le seul conseil que je peux donner, surtout aux personnes avec des enfants, c’est d’aller en région, dans n’importe quelle région » explique t-il.

Enfin de ne pas oublier de consacrer beaucoup d’efforts et de temps à la recherche d’emploi et de se rapprocher d’organismes qui oeuvrent dans la régionalisation ou l’aide en recherche d’emploi.

L’avenir continue de se dessiner pour eux à Saint-Georges de Beauce, où leurs enfants pourront aller prochainement à l’université dans la région.

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Portrait

Portrait de Marie-Vincent Katshingu : Fondatrice d’Admirable Cosmetics

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Rencontre avec une femme passionnée

Lors d’une séance photo j’ai fait la rencontre de Marie-Vincent Katshingu, la fondatrice de la gamme Admirable Cosmetics, cette mère de famille a décidé de lancer son entreprise après avoir obtenu son Bac en mathématiques avec une spécialisation en actuariat à l’Université de Montréal en 2003.  Étant passionnée par le maquillage elle change de métier pour se concentrer sur ce qu’elle exalte : « J’ai toujours porté du maquillage et aimé maquiller les autres mais, je n’avais pas encore découvert que j’avais la capacité ou la passion du maquillage, mais maintenant je sais que c’est ce que je veux faire et que je vais suivre. »

Marie-Vincent Katshingu et Jean Pascal

Marie-Vincent Katshingu et Jean Pascal

Motivation : Créer sa marque

Le changement est survenu lorsqu’elle a été insatisfaite d’une gamme qu’elle n’arrive pas à trouver sur le marché, elle préfère alors créer sa propre marque afin de pouvoir satisfaire ses besoins et des besoins des femmes noires qui l’entoure. Elle va suivre des cours de maquillage afin de pouvoir connaître ce qu’elle veut comme produit.

Également, elle apprend à faire la pose de cils, mais elle se spécialise comme elle l’indique sur le visage : « J’ai commencé à chercher un laboratoire avec lequel on a pu commencer à écrire des formules pour le rouge à lèvre, font de teint et tout le reste qui est sur notre gamme qui correspond aux besoins des femmes noires. » Elle lance alors sa gamme Admirable Cosmetics l’an dernier.

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Son inspiration

Ce qui l’a motivé à faire ce changement et devenir entrepreneur ce sont ses enfants. Mère de trois enfants dont deux filles, elle veut faire comprendre à ses enfants que tout est possible et qu’ils peuvent être leur propre patron dans ce qui les passionne : « Je voulais qu’elles puissent me regarder et dire qu’elles sont fières de leur mère, mais aussi inspirées par elle. » Elle voulait suivre son rêve.

Presentation du maquillage

Crédit Photo : Ismaël Coly

Soirée de lancement

Le 5 mai, elle a fait une soirée de lancement. Il y avait beaucoup de personnes présentes pour l’occasion. Il y a eu un défilé, une séance de maquillage, présentation de ses produits et un invité surprise : Jean Pascal.

Défilé de Mode

Crédit Photo : Ismaël Coly

Le milieu du maquillage : difficile de trouver sa place

Sachant que ce milieu est une compétition, elle comprend qu’il est dur de trouver sa place. « Je viens de créer mon produit selon la technologie d’aujourd’hui et selon les besoins de la femme noire, nos produits ont été créés à prime abord pour la femme noire pour répondre au besoin de la peau, de la pigmentation de la femme noire. »  

Mannequin Zoha

Crédit Photo : Ivan Jodonowksy – Styliste : Naomie Souffrant –       
Mannequin : Zoha

Ses produits sont pour toutes les peaux, pâle, foncée, peau grasse, peau sèche… Elle précise que sa gamme permet de satisfaire celles qui ont tendance à vouloir bien paraître sur leur photo. Effectivement, elle a fait de nombreux essais que ce soit durant des séances photos, ou plateaux de télévision.

Elle est une femme passionnée, elle a un talent, elle est aimable et sa gamme se vend à des prix raisonnables. On souhaite du succès à Admirable Cosmetics !

Ika de Jong

Crédit Photo :  Ismaël Coly – Artiste : Ika de Jong

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Être une jeune immigrante diplômée au Québec

« C’est désolant, mais être noire et porter un voile peut te disqualifier lors d’une entrevue »

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D’origine nigérienne, Habsouta quitte en 2013 la capitale, Niamey, où elle a grandi pour venir faire ses études universitaires au Québec. Elle a 18 ans. Quatre ans plus tard à seulement 22 ans, un diplôme d’Ingénieur en poche, elle décide de s’y établir professionnellement. 

Habsouta est maintenant une jeune femme active qui n’a qu’une idée : rencontrer des situations diverses et acquérir de l’expérience. Pour elle, être une femme noire n’est pas une double fatalité, il faut se battre pour s’accomplir. Ce message, elle souhaite que toute la diaspora africaine s’en imprègne. C’est pourquoi aujourd’hui elle souhaite s’ouvrir sur sa propre expérience qui, elle l’espère, fortifiera les ambitions des jeunes diplômé(e)s ou futurs diplômé(e)s africain(e)s au Québec. 

Média D : Habsouta, tu es née au Niger et tu y as passé tes premières 18 années. Peux-tu nous en dire un peu plus sur le chemin que tu as parcouru depuis l’obtention de ton DEC (équivalent au baccalauréat en France et au Niger) jusqu’ici? 

Habsouta : résumer 5 années en une réponse n’est pas très facile (rires) mais je vais tâcher d’abréger. Je suis arrivée au Québec en septembre 2013, pour entamer un Baccalauréat en Génie Chimique (B.Ing) à l’Université Laval. C’était la première fois que je venais au Canada. Ma première année universitaire était plutôt une année d’adaptation à un nouvel environnement, un autre mode de vie. Durant ma deuxième année, j’ai vite réalisé que l’expérience professionnelle était importante, alors pendant l’été, je me suis trouvé un job étudiant. Ensuite, au cours de ma troisième année, j’ai fait un stage de recherche à l’Université, puis j’ai travaillé durant une session en tant qu’auxiliaire de recherche. Par la suite, j’ai été employée au service de placement de l’Université. En parallèle, j’ai été Vice-présidente pour l’organisation d’un colloque sur l’insertion professionnelle et l’entrepreneuriat de la jeunesse africaine qui regroupait plusieurs universités. 

Enfin, à ma 4e année, j’ai gradué à la cérémonie de remise de jonc qui est la cérémonie de prestation de serment à l’ordre des ingénieurs. C’est en septembre 2017 que j’ai trouvé un emploi en accord avec mon diplôme, 4 ans après mon arrivée au Québec.

Média D : les études scientifiques ont toujours été une évidence pour toi, qu’est ce qui t’attire autant dans les sciences ? 

« Mon environnement familial m’a également influencé, car j’ai grandi dans une famille de scientifiques » 

Habsouta : disons que j’aime la logique derrière les sciences. Je suis attirée par les choses concrètes et je préfère simplement résoudre une équation qu’écrire une dissertation. Mon environnement familial m’a également influencé, car j’ai grandi dans une famille de scientifiques. Mon père est ingénieur nucléaire, mon frère aîné est ingénieur pétrolier et ma mère a fait des études en électrotechnique. 

Média D : en tant que femme noire et musulmane quels ont été les défis auxquels tu as dû faire face durant tes études ? Ta recherche d’emploi ? 

Habsouta : les difficultés liées aux études n’étaient pas nombreuses. À l’université, il y avait des étudiants qui venaient de divers horizons. De plus, il y avait très peu d’étudiants dans mon programme d’étude ce qui rendait les professeurs très disponibles. 

« La vraie difficulté, c’est dans le monde professionnel » 

La vraie difficulté, c’est dans le monde professionnel. Qu’il s’agisse d’un stage ou d’un travail, c’est désolant, mais être noire et porter un voile peut te disqualifier lors d’une entrevue. 

« C’est désolant, mais être noire et porter un voile peut te disqualifier lors d’une entrevue » 

Pourtant, ma couleur de peau ou mon voile ne font pas de moi une employée moins compétente. Heureusement qu’il y a des entreprises qui ne partagent pas ces préjugés, c’est pourquoi une femme comme moi peut quand même avoir un stage ou un travail au Québec. 

Média D : quels conseils donnes-tu aux jeunes lycéens qui veulent faire leurs études supérieures au Québec ? 

Habsouta : mon premier conseil ce serait de s’y prendre à l’avance. Les échéances pour déposer les demandes d’admission se présentent plus tôt qu’on ne le pense. Par exemple, pour la rentrée d’automne en septembre, il faut faire sa demande d’admission durant les mois de janvier ou février au plus tard. Il en est de même pour les documents d’immigration, il faut s’y prendre tôt. Mon deuxième conseil est de bien choisir son programme d’études et de se renseigner sur les prérequis nécessaires pour étudier dans le programme choisi. 

Média D : les attentes, que tu avais par rapport aux études au Québec, ont-elles été atteintes ? 

Habsouta : oui, avant de venir j’avais déjà une idée de la qualité des études au Québec. J’ai beaucoup appris et j’ai hérité d’une méthodologie de travail que je développerai avec l’expérience. Je suis contente d’avoir choisi d’étudier ici et si c’était à refaire, je le referai. 

Média D : selon toi qu’est-ce que la diaspora nigérienne peut apporter de plus au Québec ? 

« La majorité de la diaspora nigérienne est très jeune et estudiantine ce qui en fait une communauté érudite » 

Habsouta : tout comme le Québec, le Niger est francophone. Donc les immigrants nigériens n’ont pas à apprendre le français et peuvent directement mettre à profit leurs capacités. La majorité de la diaspora nigérienne est très jeune et estudiantine ce qui en fait une communauté érudite. Sans oublier qu’ils apportent avec eux, tout comme la diaspora africaine en général, divers folklores qui donnent de nouvelles nuances à la société québécoise. Quoi de plus ennuyeux qu’une société dans laquelle tout le monde se ressemble ? (rires) 

C’est sur cette belle note de fin que se termine cette interview. Cependant, je souhaite ajouter une dernière note adressée à tous les jeunes immigrants comme Habsouta et comme moi : portez fièrement votre identité, car quand on sait d’où l’on vient, on sait plus facilement où l’on va. 

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