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Lu pour vous : « The sun and her flowers » de Rupi KAUR

The sun and her flowers est un recueil de poèmes de Rupi Kaur, poète et illustratrice indo-canadienne. Le recueil paru en octobre 2017. Je l’ai précommandé et je l’ai reçu le jour même de la sortie officielle (merci Amazon), mais ce n’est recemment que j’ai pu le terminer. Du coup, pour boucler le mois de mars qui est par ailleurs considéré comme le mois des femmes et de la lutte pour leurs droits, j’ai jugé pertinent de faire un petit retour sur cet ouvrage.

1501175262Le recueil ne contient pas uniquement des poèmes, les pages sont partagées entre poèmes et illustrations; cela m’a beaucoup fait penser aux mains libres (Eluard, Man Ray 1937). L’ouvrage est subdivisé en cinq parties (wilting, falling, rooting, rising et blooming). Si l’on suit l’ordre des sous-parties, on remarque vite qu’elles suivent une progression et que l’auteur présente les parcours de vie des individus comme un processus similaire à celui de la croissance d’une plante. L’auteur traite de plusieurs sujets dans le recueil comme l’amour, la famille, l’espoir, la solidarité la mort, la rupture, mais également de sujets considérés « délicats«  comme le féminisme, l’immigration, le viol.

Après avoir lu son premier recueil milk and honey, je peux dire que je suis tombée en amour avec sa façon d’écrire, j’ai vraiment apprécié lire the sun and her flowers, en lisant on sent vraiment qu’il y a une touche personnelle, et une certaine honnêteté à parler de certains sujets et de s’ouvrir aux lecteurs. Si je devais choisir mon chapitre préféré du livre sans hésitation c’est le chapitre trois (rooting en français enracinement) dans ce chapitre elle aborde beaucoup la question de l’immigration de manière générale, mais aussi dédie plusieurs poèmes à sa mère qui a émigré vers un pays dont elle ne parlait même pas la langue, mais malgré tout s’est battue pour ses enfants. Dans ce chapitre elle a également mentionné la colonisation antérieure et fait le lien par rapport à la crise migratoire que nous observons actuellement.

Sa façon d’écrire est un peu particulière, elle ne met pas de majuscules, la ponctuation est peu présente et elle met les titres à la fin. Il faut souligner qu’elle écrit essentiellement en prose, mais cela n’empêche pas pour autant la présence de certains poèmes en vers dans le recueil.

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Ci-dessus, l’un de mes poèmes coup de cœur du recueil (p. 144-145//partie rooting). Elle aborde le fléau des meurtres des bébés de sexe féminin en Inde et va plus loin en montrant que la culture voyage avec les gens puisque même loin de chez eux, ils continuent certaines pratiques. Le message derrière ce poème est qu’il est important d’agir pour changer les choses et la façon dont il se termine sous une note d’espoir est réconfortante. Le fait qu’elle ait fait usage de sa voix pour dénoncer un aspect de sa culture qui est trop souvent passé sous silence et normalisé est extraordinaire.

Ce n’est pas un recueil qui se lit vite d’après moi et il est quand même assez volumineux (plus de deux-cents pages), si vous aimez les belles citations, les illustrations qui portent à réfléchir,  la personnification, la diversité et que les phénomènes sociaux vous passionnent, c’est un recueil que je vous conseille vivement de le lire.

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Point de vue

Là où le bât blesse

S’il y a bien une chose dans laquelle nous excellons et dont on peut se « péter les bretelles » au Québec, c’est lorsqu’on parle de notre culture artistique.

Majoritairement francophone, malgré l’immense bassin anglophone, la culture québécoise fait des jaloux sur les quatre coins du globe et ne cesse d’innover années après années avec des budgets assez chiches merci. N’ayant pas peur de faire preuve de chauvinisme quand on parle des talents de chez nous, il demeure tout de même que le Québec à l’écran et sur les planches n’est pas représentatif de la réalité décrètent plusieurs artistes québécois(es).

On en parle comme si comme ça sans vraiment établir des idées concrètes pour une meilleure représentation de la diversité dans nos émissions, nos pièces de théâtre et notre cinéma. Dans son article de 2016 paru dans La Presse, Hugo Pilon-Larose nous dit que « La Presse calculait que près de 5 % des rôles principaux des émissions de fiction québécoises de l’automne 2014 étaient tenus par des comédiens issus des minorités visibles […] Pour les nouveautés de l’automne 2016 seulement, cette statistique tombe à 3%. » (La Presse, 2016). Le journaliste soutient que depuis deux ans, « rien ne bouge » et que les acteurs issus de la diversité peinent à trouver une place pour eux dans les productions d’ici.

Quand on parle de cette représentation de la société à la télévision, au cinéma ou au théâtre, l’unanimité règne : il faut montrer les différences culturelles et exposer le Québec tel qu’il l’est.

Pourtant, le petit écran se fait plutôt lent dans cette idée : « Les diffuseurs sont en compétition avec des sites comme Netflix. On n’écoute pas des shows à cause de vedettes. Dans Breaking Bad et Six Feet Under, il n’y avait personne de connu. Alors pourquoi ne serions-nous pas capables d’en faire autant? » (La Presse, 2016).

Survient alors un deuxième débat dans celui-ci, la diversité point. Il n’est pas nouveau d’entendre les artistes du milieu se plaindre de voir les mêmes visages au petit et grand écran. Est-il vrai de penser que nous sommes plus frileux de trouver de nouveaux talents que d’engager des acteurs et actrices de renom qui vont assurément fidéliser notre public ?

Il faut dire que des initiatives ont été créées suite au manque de diversité dans nos productions culturelles. Par exemple, Les auditions de la diversité culturelle se déroulent à chaque année depuis 2013 au Théâtre du Quat’Sous afin d’y dénicher les meilleurs candidats issus de la diversité. Plusieurs artisans du milieu culturel sont présents pour trouver la perle rare. Les candidats sélectionnés ont droit à des séances de coaching personnalisé en théâtre et à une formation en jeu caméra qui leur permettra une démo vidéo professionnelle. Le but de ces auditions est assez simple : qu’elles n’existent plus ! En fait, selon le porte-parole Frédéric Pierre, l’idée est qu’elles ne soient plus nécessaires et que les artistes provenant de la diversité obtiennent des rôles plus facilement.

Il s’avère toutefois intéressant de constater que le Québec traîne encore de la patte dans ce dossier. On se vante souvent de faire preuve d’innovation et de créativité alors qu’on demeure assez conservateur quand vient le temps de rafraîchir notre distribution de comédiens et de comédiennes. Un grand ménage du printemps s’impose !

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Gala Humour Aveugle : rire pour la bonne cause !

La 31ème édition du Gala Humour Aveugle se tenait vendredi soir dernier, en reprise samedi, au Théâtre St-Denis à Montréal organisé par la Fondation des Aveugles du Québec et a rencontré un vif succès.

Animé par Mario Tessier, le Gala a su réunir de grands noms de l’humour québécois comme Lise Dion, Philippe Bond, Alain Choquette ou encore Jean-Claude Gélinas pour ne citer que.

Pendant plus de trois heures ils se sont succédé sur scène, tour à tour, pour délivrer leur show.

On retiendra notamment la prestation de Lise Dion, qui après plus de trois ans de pause, fait son grand retour sur scène avec son spectacle en rodage, que nous avons particulièrement apprécié. A la fois fraiche et énergique, elle nous a dévoilé les défis qui arrivent avec le fameux cap des 60 ans.

Beaucoup de monde était au rendez-vous pour ce spectacle dont l’ensemble des fonds sont reversés à la Fondation des Aveugles du Québec, pour permettre de soutenir les personnes aveugles et ayant une déficience visuelle dans les domaines de l’habitation, des loisirs et de la vie communautaire.