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Enchâsser la situation familiale à la Charte des droits et libertés

Voyant à l’intérêt des parents ayant un conflit d’horaire comme employés, la Commission des droits de la personne du Québec a déposé un mémoire, lors des consultations sur le projet de loi 176, qui modifie la Loi sur les normes du travail, dans lequel elle a demandé que la situation familiale soit intégrée à la Charte des droits et libertés du Québec, comme motif de discrimination prohibé.

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Le mémoire déposé le 28 mai 2018 reproche au projet de loi 176 de ne pas aller assez loin en autorisant seulement les congés pour des raisons d’extrême nécessité, telle qu’une maladie grave, un suicide, une disparition, ou un acte criminel causant des sévices physiques à un enfant ou à un proche aidé.

« Ces évènements peuvent pour la plupart être qualifiés de rares et sont susceptibles de survenir de façon plus exceptionnelle dans la vie de la personne qui travaille », a plaidé la Commission.

Or, la Commission a revendiqué que la Charte des droits et libertés du Québec tienne compte des obligations parentales quotidiennes et des besoins d’adaptation des parents pour l’éducation et la garde de leurs enfants; et, qu’elle les intègre comme motifs de discrimination à l’article n°10 de la Charte.

L’article n°10 fait déjà état des motifs de discrimination suivants : « la race, la couleur, le sexe, l’identité ou l’expression de genre, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap. » La dernière modification à la Charte des droits et libertés du Québec concernait l’ajout de l’identité ou de l’expression de genre.

« Un grand nombre de personnes sont confrontées quotidiennement à des difficultés à concilier les exigences professionnelles avec leurs responsabilités parentales ou familiales, rappelle le mémoire de la Commission. L’inadéquation, voire l’absence de mesures de conciliation travail-famille, peuvent contribuer à maintenir les préjudices que certains groupes de personnes subissent dans la prise en charge des besoins de proches nécessitant des soins. »

Modifier les normes du travail

Le projet de loi 176 modifiant la Loi sur les normes du travail augmentent le nombre de semaines d’absence autorisées aux salariés, dans le cas où leur présence est requise auprès d’un enfant ou d’un parent dans des cas graves; et, de plus, elle élargit ces congés à toute personne auprès de laquelle le salarié joue le rôle de proche aidant, qui n’aura plus besoin d’être un membre de la parenté pour être reconnu.

Dans le cas d’une maladie grave, par exemple, les 12 semaines actuelles grimpent à 16 semaines pour les adultes, et à 36 semaines pour les enfants mineurs, un gain significatif pour les parents d’enfants malades.

La nouvelle loi fait aussi passer l’absence prolongée tolérée de 52 à 104 semaines, dans le cas où l’enfant est atteint d’une maladie potentiellement mortelle, attestée par un certificat médical, ou s’il a subi un préjudice corporel grave d’un acte criminel, ou encore en cas par exemple d’alerte AMBER où l’enfant d’un salarié est porté disparu. Pour une autre personne qu’un mineur, le congé est de 27 semaines.

Cour d’appel du Québec

Par contre, une décision de la Cour d’appel du Québec, dans l’affaire Beauchesne, édicte que le fait de ne pas être en mesure d’assumer les horaires d’un travail, même pour des raisons parentales, ne constitue ni un motif de discrimination de la part d’un employeur ni une enfreinte à la Loi sur les normes du travail.

Beauchesne travaillait pour les cols bleus de Montréal, et après que l’employeur l’eut écartée de la titularisation en fonction supérieure en raison de ses restrictions permanentes, elle a demandé à son syndicat de déposer un grief, mais le syndicat a refusé sa demande. Elle a donc déposé une plainte en vertu de l’article n° 47.2 du Code du travail, contre le syndicat, pour « avoir contrevenu à son devoir de représentation en négociant une entente discriminatoire ». Le syndicat avait conclu une entente avec l’employeur consistant à mettre en place des mesures pour accélérer et faciliter la titularisation dans certaines fonctions, et précisant qu’en seraient exclues les personnes qui ont des contraintes permanentes.

Néanmoins, le jugement de la Cour a statué que pour qu’elle y reconnût de la discrimination, cela eût pris la présence « d’une distinction, d’une exclusion ou d’une préférence résultant de l’un des motifs énoncés à l’article n° 10. » Beauchesne a tenté d’invoquer le handicap et le moyen de pallier ce handicap, étant donné qu’elle s’occupait d’un enfant handicapé, mais les juges ont balayé du revers de la main cet argument en mentionnant que Beauchesne n’était pas handicapée.

« En outre, elle n’est pas exclue parce qu’elle est parent, mais en raison de sa non-disponibilité pour occuper la fonction durant tous les quarts de travail », ont fait valoir les trois juges de la Cour d’appel du Québec, les honorables André Rochon, Marie St-Pierre et Dominique Bélanger.

Cour d’appel fédérale

Le paradoxe, c’est que la Cour d’appel fédérale a rendu deux jugements qui font jurisprudence, dans les affaires Jonhstone et Seeley, et qui reconnaissent que le motif de discrimination basé sur la situation parentale contrevient à la Charte des droits de la personne du Canada. Depuis, à la Commission des droits de la personne du Canada, les commissaires reçoivent de plus en plus de plaintes pour des motifs familiaux. En tout, ces plaintes représentent plus de 12 % des plaintes reçues en 2017, pour un total de 1380 requêtes.

Dans l’affaire Johnstone contre le Canada, Fiona Johnstone, une douanière de l’Agence des services frontaliers du Canada, travaillant à l’aéroport de Toronto, a porté plainte contre l’Agence pour qu’elle eut refusé de lui accorder un horaire adapté à ses obligations parentales. Selon la convention collective, en vue d’assurer la continuité des activités de l’aéroport, les horaires des agents sont rotatifs et de durée imprévisible. Johnston n’arrivait pas à trouver un service de garde pour que ses enfants eussent une place adaptée à son horaire de travail.

L’employeur a donc exigé qu’elle devienne une employée à temps partiel, avec les pertes d’avantages qui s’ensuivent, ce que la Cour d’appel a condamné. « La politique non écrite de l’Agence des services frontaliers du Canada de refuser d’accorder un horaire régulier et stable, à temps plein, aux employés qui invoquent un motif fondé sur leur situation familiale, relativement à la garde d’enfants, est discriminatoire au sens des articles 7 et 10 de la Loi canadienne sur les droits de la personne; l’employeur aurait pu accommoder la plaignante », mentionnent les juges de la Cour d’appel du Canada.

Ce faisant les juges ont accueilli la partie la plus importante de la décision de première instance, le Tribunal des droits de la personne du Canada; également, la Cour d’appel du Canada a maintenu la décision de la Cour fédérale de rejeter la demande de révision judiciaire. Selon la Cour fédérale, l’établissement prima facie d’une situation de discrimination a été jugé raisonnablement par le Tribunal. La Cour d’appel a de plus ordonné que l’employeur rende à Johnstone le salaire et les avantages perdus, n’ayant pas travaillé à temps plein, qu’il paye 15 000 $ de préjudices moraux, en plus des 20 000 $ en indemnité spéciale.

Enfin, les juges de la Cour d’appel ont invité à une interprétation plus large de l’article n°2 de la Loi sur la Charte des droits de la personne du Canada : « Une telle interprétation requiert une approche qui inclut les circonstances reliées à la famille, comme les obligations relatives aux soins de l’enfant. Plus particulièrement, le motif de la situation de famille inclut les obligations parentales qui engagent la responsabilité légale du parent à l’égard de son enfant, telles que celles reliées à la garde, à l’éducation et aux soins de l’enfant, tout en excluant les choix personnels d’activités », ont précisé les juges d’appel de l’affaire Johnstone.

Forte de cette jurisprudence, la Commission des droits de la personne du Québec a appelé par son mémoire la Commission de l’économie et du travail à corriger le tir.

« Il faut souligner que le Québec demeure la seule province du Canada à ne pas protéger la situation de famille dans sa législation portant sur les droits de la personne. Les autres provinces ou territoires du Canada ainsi que la législation fédérale prescrivent une interdiction de discriminer pour ce motif, formulé comme l’état familial ou la situation de famille. »

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Entrevue

Une année dans une école primaire de Lévis : une enseignante française nous fait part de son expérience

Le système scolaire du Québec est hanté par plusieurs paradoxes. Pour essayer de trouver une explication à ce paradoxe, la rédaction de Média D a interviewé une enseignante française qui participe au programme d’échanges France – Québec, qui s’est terminé, pour elle, en juin dernier.

D’un côté, seulement 64 % des élèves québécois des écoles publiques secondaires obtiennent un diplôme après cinq ans, comme le révèle une étude de l’Institut du Québec publiée en avril 2018. D’un autre côté, selon la plupart des tests internationaux, le système éducatif québécois se compare favorablement à celui des autres provinces canadiennes et des pays de l’OCDE. Par exemple, selon l’enquête PISA 2015, la performance des élèves québécois en sciences arrive au troisième rang après celles de Singapour et du Japon.

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Une véritable globe-trotter, Madame Gros hâte de faire découvrir le monde entier aux enfants du Québec et de la France. Crédit photo: Elena Albina

Depuis août 2017, Mireille Gros, enseignante française de 20 ans d’expérience et directrice d’une école primaire de Bages, une petite commune française située au sud de la France, participe au programme d’échanges d’enseignants entre la Belle Province et La Gaule.

Durant cette année scolaire, elle a enseigné à l’école primaire Odyssée de Lévis où elle a remplacé son collègue québécois, en occupant sa maison et en utilisant sa voiture. Pendant ce temps, son homologue québécois a exercé ses fonctions d’enseignant à Bages, en habitant dans sa maison et en disposant de ses biens.

Pour cette jeune quinquagénaire, ce séjour d’une année à l’étranger était le plus long jamais effectué hors de son pays. Même si elle a déjà beaucoup voyagé en Europe, l’immersion complète dans la vie à l’américaine se distingue clairement de ses expériences précédentes. En portant toujours un regard externe sur nos forces et faiblesses, Média D lui a posé des questions sur son expérience professionnelle au Québec.

  • Quels aspects de votre expérience d’enseignante au Québec avez-vous trouvé les plus positifs et inspirants ?

Votre culture de collaboration et l’importance du travail en équipe. J’ai été très impressionnée par la présence de plusieurs spécialistes qui travaillent ensemble très fort pour assurer le développement du meilleur environnement affectif pour l’enfant, surtout ce qui concerne l’estime de soi, la confiance et les compétences sociales. Un exemple concret : durant toute l’année, trois fois par semaine, j’ai été assistée d’une technicienne en éducation spécialisée (TES) et d’une autre enseignante « libre ».

Grâce à la présence de ces deux spécialistes, j’ai obtenu plus de temps pour travailler avec les élèves en difficulté, en petits groupes de quatre à huit personnes. À la fin de l’année, j’ai remarqué que ces enfants avaient nettement progressé.

Chez nous, en France (et j’ai travaillé dans plusieurs écoles durant mon parcours d’enseignante), on n’a habituellement pas toujours un accès facile aux spécialistes de soutien, et un enseignant doit souvent se débrouiller tout seul, surtout dans les petites écoles car ces spécialistes sont regroupés dans les grandes structures.

De plus, contrairement au système français, au Québec, déjà à l’école primaire, vous avez des enseignants spécialistes en plusieurs domaines, tels que le sport, la musique et l’anglais. Cette diversité de spécialistes contribue sûrement au développement plus équilibré et polyvalent de l’élève. Comme résultat de ce type d’accompagnement, les enfants québécois sont plus forts en compétences sociales que leurs homologues français du même âge. Ceci s’illustre, entre autres, par l’aisance de vos élèves à faire une présentation devant un groupe.

Finalement, l’horaire journalier des enseignants du Québec est moins chargé que celui des enseignants français. Si au Québec, je passe 4 heures en classe avec les élèves et que je dispose d’une heure pour me préparer aux cours, en France, je dois travailler 5 h 15 par jour avec les élèves, et aucun temps pour préparer les cours n’est prévu à mon horaire.

  • Quelles sont les pratiques que vous avez trouvées plutôt contestables?

Chaque médaille a deux côtés, c’est bien connu. C’est très bien de mettre le bien-être de l’enfant au centre de la pédagogie, mais, si l’on exagère en appliquant ce principe, on risque de former un enfant-roi, dépourvu du désir d’apprendre. Dans le cas d’un conflit entre l’enseignant et l’élève, la marge de manœuvre de l’enseignant au Québec est assez limitée : chaque classe est équipée d’un bouton d’interphone sur lequel il est conseillé d’appuyer pour demander l’aide d’un TES si nécessaire (ce spécialiste devrait s’occuper d’un enfant-perturbateur à la place de l’enseignant).

Une autre contrainte à l’autonomie de l’enseignant : si les parents déposent une plainte contre un enseignant, la direction de l’école tend à prendre le parti des parents, et les syndicats restent plutôt passifs. Cette approche est différente en France, ce qui s’explique par le statut permanent des enseignants (la plupart des enseignants en France sont des fonctionnaires). Quant au directeur de l’école, il n’a pas statutairement ou réellement les moyens pour imposer une autorité, puisqu’il est subordonné à l’inspecteur de la circonscription représentant l’État. En cas de conflit grave avec entre un enseignant et une famille, c’est l’inspecteur qui prendra le problème en charge. Les syndicats sont en outre très puissants et les enseignants français n’hésitent pas à manifester leur désaccord avec le ministère et parfois celui-ci recule. Dans une situation semblable, les enseignants québécois, quoique mécontents de la situation, ne disposent pas des mêmes leviers pour pouvoir poser des gestes concrets.

  • Comment comparez-vous le niveau scolaire des élèves québécois par rapport à leurs homologues français au début de leur première année à l’école primaire ?

Contrairement aux enfants français, les enfants québécois sont moins bien préparés pour leur première année à l’école primaire : leur calligraphie est moins développée, ils font moins bien la distinction entre les sons et leur vocabulaire est moins riche. Par exemple, ils utilisent le mot « chapeau » dans tous les contextes imaginables, en ignorant les différences, jugées trop subtiles, entre « la casquette », « le képi » et « la tuque ».

Cette différence de niveau s’explique par le fait que la maternelle en France dure habituellement trois ans, tandis qu’au Québec, seulement une année. Dans cette optique, j’approuve entièrement la proposition de votre ministre de l’Éducation [Sébastien Proulx] d’implanter progressivement la maternelle dès 4 ans à l’échelle du Québec.

  • Comment trouvez-vous le niveau scolaire des élèves québécois à la fin de leur première année?

À la fin de la première année, les enfants du Québec ont dû apprendre, dans un rythme plus accéléré que leurs compères français, des bases de calligraphie, de grammaire (la construction et la transformation des phrases), de calcul et de résolution de problèmes.

Je trouve ce rythme un peu effréné, ce qui stresse trop et inutilement les parents et les élèves. Cependant, à la fin de l’année, mes élèves québécois (environ, 80 % d’entre eux) ont très bien réussi à atteindre les objectifs envisagés.

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Les enfants qui hâtent de répondre aux questions de leur enseignante. Crédit photo: Elena Albina

 

  • J’ai assisté à une de vos dernières classes, et je partage votre avis : vos élèves ont l’air motivés et démontrent une très bonne maîtrise de la matière. Comment pourriez-vous expliquer ce résultat?

Quelques raisons l’expliquent. En plus de la présence des spécialistes de soutien, qui libèrent les enseignants pour le travail en petits groupes, deux autres facteurs sont à considérer : la charge élevée des devoirs à la maison et le soutien actif des parents. Ceci contraste avec la pratique courante en France, où 99 % de la matière est enseignée en classe, et ce qui est demandé à la maison est la révision de la matière seulement; d’où le rôle moins important des parents.

Un type de progression d’apprentissage que l’enseignant applique peut aussi jouer un rôle. Dans ma pratique d’enseignement, j’emploie, depuis longtemps, une approche spiralaire, qui s’exprime dans le retour périodique des mêmes objets d’enseignement, en augmentant chaque fois la complexité des tâches à accomplir dans diverses situations. Cette façon d’enseigner la matière facilite la consolidation des connaissances acquises et diminue les risques d’oubli (qui sont plus probables en suivant une approche linéaire).

De plus, afin que les élèves puissent apprendre à résoudre des problèmes complexes en mathématiques, je leur propose de manipuler entre eux des objets avant de travailler par écrit. Grâce à l’exécution de tâches concrètes, mes élèves intériorisent mieux les concepts complexes.

 

  • Selon l’enquête de 2018 de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale en France, le taux de diplomation des élèves de l’école secondaire dans votre pays est à 88 %, ce qui est supérieur de 24 % à celui du Québec, d’après les données 2018 de l’Institut du Québec. Comment pourriez-vous expliquer cette différence?

 

Au début de l’année, j’ai trouvé un document laissé dans le secrétariat de mon école de Lévis, dans lequel j’ai découvert des données de l’Institut de la statistique du Québec qui m’ont profondément bouleversées : 38 % des enfants de la 1ère secondaire au Québec ont un emploi (72 % d’entre eux travaillent de 0 à 6 heures par semaine), et ce nombre grimpe à 55 % vers la 5e secondaire (27 % d’entre eux travaillent 16 heures et plus par semaine).

En France, selon la réglementation du travail, aucun jeune ne peut travailler avant l’âge de 16 ans (il y a quelques rares exceptions à cette règle). De plus, jusqu’à l’âge de 18 ans, le jeune bénéficie de règles protectrices spécifiques qui lui interdisent, entre autres, de travailler pendant la nuit (de 22 h à 6 h). Le travail intense à cet âge peut exercer un effet néfaste sur la santé et la performance scolaire des élèves québécois, malgré ses bienfaits reconnus : le développement de l’autonomie, le sens de l’organisation et la débrouillardise. Oui, c’est le choix de votre société, mais avouez-le : il entraine aussi un prix à payer.

  • Quel est le but de l’éducation?

Certains élèves répondent souvent à cette question : gagner plus d’argent, être fonctionnels dans la société, etc. Mais, moi, je pense différemment. Même avec une bonne éducation, il n’y a aucune garantie que vous allez décrocher nécessairement un jour l’emploi de vos rêves. Le but de l’éducation est moins utilitariste, mais plus global et abstrait : former la pensée de l’élève afin qu’il puisse choisir librement plus tard sa voie.

  • Quel est le rôle de l’enseignant dans ce processus?

Trouver un juste équilibre entre l’imposition de l’autorité et le laissez-faire, le béhaviorisme et le socioconstructivisme, comme on les nomme dans nos cercles pédagogiques. Mon philosophe préféré, Confucius, a dit : « Apprendre sans réfléchir est vain. Réfléchir sans apprendre est dangereux. » Bref, un bon enseignant devrait, à son tour, apprendre à jouer au funambule sur un mince filin.

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Le Québec adopte un nouveau système d’immigration, pour accélérer les délais de traitement

Le ministre de l’Immigration, David Heurtel, vient d’annoncer que le gouvernement du Québec a adopté un nouveau Règlement sur l’immigration au Québec (RIQ), afin de réduire les délais d’acceptation des demandeurs économiques.

Ce nouveau règlement entrera en vigueur au cours de cet été, précisément à compter du 2 août prochain et permettra « le plein déploiement de la Loi sur l’immigration au Québec », selon le ministre Heurtel.

Désormais, le Québec met en place un nouveau système d’immigration basé sur la déclaration d’intérêt, afin de sectionner en continu des personnes dont le profil correspond aux besoins des entreprises dans les différentes régions du Québec.

Ce nouveau système, plus rapide et efficace nous dit-on, devrait réduire considérablement le temps d’attente des demandes et ainsi accélérer donc l’arrivée des personnes sélectionnées au Québec.

« C’est une révolution, on change toutes les règles en matière d’immigration au Québec », a déclaré David Heurtel.

L’objectif est donc de réduire les délais de 32 mois à 12 mois, et de combler la pénurie de main d’oeuvre dans les différentes régions du Québec, en y favorisant l’immigration, ce qui sera possible avec ce nouveau système.

Pour rappel le système actuel est basé sur le « premier arrivé, premier servi », un système qui ralentit fortement les délais de traitement.

Nouvelles mesures pour entrepreneurs et investisseurs

De nouvelles dispositions toucheront également le Programme des entrepreneurs, ce qui devrait permettre d’attirer et de favoriser la venue d’entrepreneurs avec des projets de création d’entreprises innovantes ou d’achat d’une entreprise déjà existante.

Le Programme des investisseurs sera également renforcé, désormais il ne leur faudra plus 800 000$, mais plutôt 1,2 million de dollars canadiens.

Les candidats sélectionnés seront également bien répartis dans les différentes régions du Québec et l’objectif à terme et qu’ils restent au Québec à la suite de l’arrivée.

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3 coups de coeur au Festival international de Jazz de Montréal

De nombreux artistes sont venus présenter leur spectacle de Charlotte Gainsbourg à Kamasi Washington durant le Festival international de Jazz de Montréal. Voici mes 3 coups de coeur.

Daniel Caesar

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Hier soir, le chanteur canadien Daniel Caesar était de passage en spectacle dans la salle MTELUS pour nous présenter les chansons de son premier disque Freudian paru l’an dernier.

En première partie, on a eu le droit de danser sur des musiques variées du DJ Do Not Push. La lumière s’allume et la musique commence à jouer, des vocalistes fredonnent tout doucement les paroles du titre Freudian.  

Le chanteur a la voix douce et à l’allure de jeune homme débute avec sa première chanson Japenese Denim, la foule s’est mise à chanter très fort les paroles en criant son nom.

Il joue de la guitare et fait participer la foule à chantonner avec lui et tout est simple. La salle était remplie d’un public de tout âge. La salle était illuminée avec des cercles jaunes derrière lui et ses musiciens.

On se serait cru dans une chorale, sa musique R&B est particulière, on voit qu’il a un parcours qui vient du gospel, il enchaîne ensuite avec Blessed, We Find Love et sa plus récente chanson avec qui il partage un duo, Best Part.

Il chante sa dernière chanson Get You, la chanson qui m’a permis de le découvrir avant que le concert ne se termine. Un artiste talentueux à voir absolument en spectacle. J’ai adoré !

Best Part feat H.E.R, a Visual, son plus récent videoclip

 

Zara Mcfarlane

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Mon deuxième coup de cœur est la chanteuse Zara Mcfarlane. Cette compositrice et chanteuse londonienne est venue présenter son spectacle tiré de son plus récent disque Arise.

Sa performance était située à l’extérieur au Club Jazz- Casino de Montréal, sa voix soul et la musique jazz combinés ensemble à donner une belle ambiance. Les gens se rassemblaient et elle tenait à ce que les spectateurs participent en fredonnant avec elle les paroles qu’elle chantait.

Elle s’impose avec cette voix qui est douce et à la fois dure. Ses musiciens et elle entraînaient les gens dans la danse et dans la chanson. Une artiste à découvrir.

Sa chanson Pride

Charles Colizza Quartet

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Mon troisième coup de cœur est Charles Colizza Quartet et son groupe.  

J’ai décidé d’aller dimanche après-midi voir des artistes en me promenant je m’arrête sur ce groupe qui joue il fait extrêmes chaud cette journée-là !

Je me suis arrêtée à la Place Heineken au bon moment, où il présentait une de ses nouvelles chansons qui se nomme Songe d’une nuit automne. Il y avait une belle ambiance, les gens applaudissaient, j’ai beaucoup aimé la musique jazz. Voici un extrait de sa musique.

Chanson Charles Colizza Trio : Segment by Charlie Parker

 

Le Festival international de Jazz de Montréal se poursuit jusqu’au 7 juillet prochain.

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Au Café de la Maison Ronde : des goûts autochtones et de l’action communautaire au Square Cabot

À Montréal, il y a un seul et unique café autochtone, c’est le Café de la Maison Ronde situé au Square Cabot sur la rue Sainte-Catherine, près de la station de métro Atwater. Il est ouvert du lundi au vendredi, de 8h à 19h. Depuis le 29 mai, le café a ouvert ses portes pour sa 4e saison de l’été 2018.

Le Café de Maison ronde existe depuis l’année 2015 à partir du mois de mai jusqu’au mois d’octobre. Il offre des mets cuisinés et servis par des Autochtones à tous les Montréalais de diverses origines. Donc, on peut parler d’une rencontre de la diversité ou encore, d’une rencontre de la tradition et de la modernité.

Saveurs autochtones au cœur de Montréal

Le Café de la Maison Ronde sert un menu avec plusieurs plats composés d’un pain sans levain traditionnel des Autochtones appelé le pain bannique.

Dans ce café, il n’y a pas de sandwich au jambon banal qu’on mange tout le temps, mais, plutôt des repas traditionnels à base d’ingrédients frais. Par exemple, il y a des tacos autochtones, un sandwich Totem Pole au poisson végé, un scone dog (pogo autochtone) ou encore, de la « badeleine », une madeleine faite avec la bannique.

De même que le Café de la Maison ronde propose l’option d’une torréfaction autochtone (Mocassin Jo) ou du Café Brossard.

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Action communautaire

Bien entendu, le but de ce café est de déguster de nouvelles saveurs, mais aussi de favoriser la mixité sociale, l’autonomisation des Autochtones et de faire découvrir un beau projet d’économie sociale pour les Autochtones, mis en place et administré par le groupe communautaire L’Itinéraire, également, distributeur du magazine mensuel du même nom. En effet, le Café de la Maison Ronde constitue un programme de réinsertion sociale de L’Itinéraire pour les Autochtones en condition précaire qui sont nombreux à fréquenter le parc de Square Cabot.

La coordonnatrice du café est Mélodie Grenier, d’origine abénaquise et elle fait partie de l’équipe de l’Itinéraire en tant que gestionnaire. Les autres employés sont aussi d’origine autochtone. 

De plus, il y a d’autres nouveautés cette année, dont l’auteure, poète, actrice et militante innue Natasha Kanapé-Fontaine sera l’ambassadrice du café. Il est possible de la croiser par hasard lors d’une pause délicieuse.

Finalement, on peut faire une bonne action telle que donner une carte-repas solidaire pour seulement 6$ à un individu qui a faim. Ainsi, il pourra bénéficier du menu exquis du Café de la Maison Ronde. Effectivement, juste le fait de remettre une carte-repas solidaire à une personne qui a faim peut faire toute une différence. La carte-repas peut être échangée contre un repas complet incluant une soupe, un sandwich ou un repas chaud, ainsi qu’un dessert et un café.

On peut acheter les carte-repas en laissant le soin aux intervenants de L’Itinéraire les distribuer aux gens dans le besoin, ou bien les distribuer nous-mêmes aux gens qu’on rencontre dans la rue. Or, pour 6 $, cela permet à une personne de subvenir à son besoin le plus essentiel : s’alimenter.

Bref, pour les itinérants et les personnes vulnérables lorsqu’ils se sentent compris dans la société ou acceptés, cela peut faire une grande différence dans leur vie.

Actualités, Voyage

Islande : l’invasion touristique

Au mois de mai dernier, j’ai eu la chance de visiter l’Islande et de voir les paysages les plus incroyables que je n’ai jamais vu. Ce voyage m’a permis de découvrir un pays qui possède une vision de l’environnement qui diffère du narcissisme nord-américain habituel.

Pendant 10 jours, j’ai pu découvrir les merveilles de l’île des volcans et des glaciers. Je vais être concise à ce sujet parce que des articles vantant la beauté spectaculaire de l’Islande, ce n’est pas ça qui manque. En plus d’être un pays magnifique à visiter, ils ont une manière de vivre qui est en symbiose avec la nature. Le fait de vivre sur une île avec 30 volcans actifs change assurément la vision de la vie. Leur environnement a une plus grande importance que beaucoup d’autres pays et ça aide à restaurer ma foi en l’humanité.

À ma grande déception, je n’ai pas dévalé les routes sinueuses de l’Islande en longboard sur la bande sonore de José Gonzalez, n’y assisté à une éruption volcanique comme Ben Stiller dans The Secret Life of Walter Mitty, ni même assisté à une performance de l’orchestre philharmonique à l’intérieur de la merveilleuse salle de concert Harpa, mais j’ai vu les paysages les plus impressionnants, j’ai touché à des glaciers et j’ai marché sur un volcan actif. C’est mon côté mélodramatique qui parle, mais bref, c’était incroyable. Je suis partie avec une amie et nous avons décidé de nous louer un petit campeur et c’est de loin le moyen le plus économique et ça offre une plus grande liberté.

Mon intérêt pour l’Islande m’est venu après avoir visionné quelques films qui ont été tournés là-bas. C’était un peu avant la saison, donc plusieurs routes et sites naturels étaient inaccessibles. Cependant, les prix étaient plus bas et il y avait moins de touristes. Donc, il y avait des avantages. Nous avons atterri à Keyflvik, de là, nous avons décidé de commencer par le sud de l’île et de faire le tour. Voici mes endroits préférés :

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  • La chute de Seljalandsfoss (Sud-Ouest du pays)

C’est de loin la chute la plus impressionnante que j’ai vu. Elle n’est pas énorme, mais le fait de pouvoir marcher derrière rend l’expérience inoubliable. On peut voir la chute de derrière et la sensation est incomparable !

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  • La plage de sable noire du petit village de Vìk

Le sable est doux et noir. L’océan était très agité. Bref, c’était une bonne manière de commencer la journée.

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  • Jökulsárlón, est un lac où le plus grand glacier d’Islande se défait tranquillement et on retrouve plusieurs morceaux du glacier. Un vrai spectacle dans un calme plat. Et du vent.

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  • Akureyri, est la deuxième ville en importance en Islande avec son humble 18 000 habitants. Elle accueille des bateaux de croisière et une multitude de petits bars et restaurants de toute sorte. En se trouvant au flanc des montagnes enneigées, le ski est aussi une activité populaire. À ce moment de l’année, le soleil est presque toujours présent et durant un jogging nocturne, j’ai eu la chance d’assister au plus beau coucher/lever de soleil de ma vie.

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  • Le dernier coup de cœur de mon voyage est Reykjavik. En plus d’être une ville animée et colorée, elle offre une grande variété de restaurants et d’activité. C’est une ville que l’on peut visiter très facilement à pied et les rues sont très jolies donc c’est un plus.

Bref, durant ces 10 jours, j’ai visité des endroits incroyables, mais j’ai aussi été témoin de l’effet du tourisme. Cette passion qui a pris d’assaut le monde provoque de grands changements pour les pays les plus populaires.

Heureusement, l’Islande s’est préparée à contrer les effets de cette invasion. Malheureusement, tous les voyageurs ne sont pas prêts à respecter les coutumes et les lois du pays qu’ils visitent.

Pour un pays ayant 350 000 habitants et 800 000 moutons, il y a 1,7 million de touristes

C’est presque 5 fois la population locale, seulement en touristes. C’est vraiment intense. Pour le bien-être de l’Islande, les lois protégeant l’environnement sont bien ancrées. Certaines d’entre elles datent de 1956. Elles sont aussi bien communiquées aux voyageurs pour les encourager à les respecter.

Évidemment, il y en a encore qui ne veulent pas suivre le concept le plus simple du voyage; découvrir et non envahir. C’est l’essence du voyage n’est-ce pas ?

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Vers un enseignement de l’histoire Autochtone au secondaire

Si le 21 juin marque le début officiel de l’été, c’est aussi la date de la Journée nationale des peuples Autochtones. Ceci coïncide avec la toute récente annonce du gouvernement du Québec, qui veut revisiter le programme d’histoire dans les écoles secondaires afin d’y représenter les peuples autochtones de manière plus adéquate.

L’histoire des premières nations constitue un aspect important de la composition culturelle du Québec. Or, celle-ci est écartée du cours d’histoire, qui relate essentiellement l’expérience du peuple francophone. En plus d’ignorer la mémoire des communautés autochtones, ce manque de nuance représente une lacune importante dans la formation des élèves.

Le programme d’histoire, qui depuis son implantation a été maintes fois critiqué, va enfin être révisé. Pour s’y faire, la sous-ministre de l’éducation, Sylvie Barcelo, a suivi les recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, qui revendique entre autres, un enseignement  qui comprend une perspective autochtone.

À compter de l’automne prochain, les manuels d’histoire seront remplacés et contiendront plus de contenu sur ces peuples. On pourra y apprendre davantage sur leur histoire, notamment au sujet des pensionnats indiens et la terminologie appropriée pour les désigner.

Si cette démarche vise à rendre l’enseignement plus juste, certains y voient l’occasion de le critiquer d’avantage. Pour le comité pour l’amélioration du programme d’histoire du Québec, la mesure ne va pas assez loin. Pour être réellement équitable, le cours d’histoire devrait inclure toutes les minorités. Il soutient également qu’on devrait aborder l’histoire de la xénophobie, et propose une refonte complète du programme d’histoire. Jusqu’à présent, le ministère n’a pas donné de réponse favorable  leur demande.

Pour en savoir plus :

https://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1100100013718/1100100013719

http://www.trc.ca/websites/trcinstitution/index.php?p=15