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Surconsommation et mauvaise gestion

Le Canada doit s’améliorer sur la récupération et le compostage, mais aussi sur la redistribution des surplus. Certaines régions du monde visent la perfection et pourraient nous en apprendre beaucoup. Mais ces changements demanderont du temps et de l’argent.

Lorsque l’on pense à des déchets, notre première image est quelque chose d’inutilisable, d’impropre à la consommation et on ne parle pas de l’odeur qui peut venir avec. Les mouvements de recyclage et de compostage ont ébranlé les habitudes de consommation que nous avions. Pas parce que c’était de nouvelles découvertes, mais il fallait simplement se faire rappeler l’existence de ces concepts.   

Malgré les efforts mis par notre pays et ses habitants, nous en avons beaucoup à apprendre, tout comme plusieurs pays dans le monde d’ailleurs. Il y a tout de même certains leaders dans l’industrie de la récupération et du compostage, on peut penser à l’Allemagne ou à la ville de San Francisco par exemple. La gestion des déchets est un défi plus grand qu’on peut le penser, mais c’est loin d’être impossible à améliorer.

On apprenait récemment que les ressources de l’année 2018 seraient bientôt épuisées et qu’une pénurie d’adrénaline auto-injectable (EpiPen) est à prévoir. Ce sont des effets directs de la surconsommation sur la plupart de la planète.

En effet, nous surconsommons et la partie que nous semblons oublier est le coût de chaque produit de consommation. Un prix cher, mais non pas monétaire. Le milieu agricole demande une grande quantité de ressources naturelles pour chaque fruit, légume et animal, il faut avoir en tête le cycle de vie de ces derniers. Pensez à tout ce qui est utilisé sur la ferme pour les rendre à maturation, les nombreux transports et les transformations qui leur permettront de terminer dans vos maisons. Eh bien, les produits industriels vivent un trajet semblable.

Cette surconsommation vient avec un abus des ressources naturelles. Ainsi, nos dépotoirs sont composés de déchets organiques, papiers, plastiques, verres, métaux et autres. Ceux-ci proviennent des consommateurs, mais aussi beaucoup des industries. Chaque déchet a coûté cher à produire et cette dépense est maintenant perdue.

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Malgré nos bons efforts de mettre nos déchets récupérables et compostables dans les bons bacs, le Canada ne récupère qu’approximativement 25% de ce qui se retrouve dans ces bacs, les restes seront donc enfouis ou incinérés avec les autres détritus. La moyenne Européenne est de 50% de récupération, autrement dit, ils font deux fois mieux que nous.

D’après la Chambre des communes de 2016, le Canada gaspillerait 6.3 millions de tonnes de denrées alimentaires annuellement, ce qui équivaut à 183 kilogrammes par personne (183 kg/p). Elle estime ainsi une perte de 107 milliards de dollars en 2014 due à ce type de gaspillage.

La province championne de la récupération et du traitement de la matière organique est l’Île-du-Prince-Édouard. En 2014, ils ont acheminé 429 kg/p dans les centres de tri et de compostage. Ils sont suivis par la Colombie-Britannique avec 358 kg/p. La moyenne nationale est de 255 kg/p, on constate donc qu’il domine et de loin le reste du pays.

Lors d’études sur les pays produisant le plus de déchets, on en arrive à la conclusion que, plus la région est développée, plus elle produira de déchets puisque sa consommation augmente avec sa richesse. Il y a tout de même certaines exceptions à cette règle.

En 2007, la France a détruit 185 kg/p. comparativement à 720 kg/p. au Canada en 2012.  On voit que la France met plus d’efforts dans la gestion des détritus que nous, mais que dire de l’Allemagne. En 2004, ils produisirent 104 kg/p. comparée à 3 kg/p. en 2007. C’est tout simplement énorme et incroyable comme travail de leur part.   

Comment ont-ils fait ?  

Ils ont appliqué une politique de gestion des déchets stricte. Le but premier étant de ne pas produire de détritus. Grâce à un tri sélectif et au recyclage, ils sont en mesure de garder en circulation certains produits, car le cycle de vie de ces derniers est pris en compte dans cette politique. L’Allemagne vise 2020 sans déchets et croit que c’est un objectif qui est atteignable.

Nos voisins les Américains nous ressemblent beaucoup au niveau de la gestion de déchets. Approximativement 34% des détritus sont récupérés dans le pays entier, ce qui est un peu mieux qu’ici. Malgré cela, la ville de San Francisco rappelle à tous que cette gestion est de niveau municipal et qu’il y a moyen que chaque ville fasse sa part et améliore sa façon de faire.  

Dans cette ville, 80% des déchets sont récupérés ou compostés et ils ont aussi comme objectif d’arriver en 2020 avec un taux de 100%. Elle vise encore plus haut en planifiant atteindre 100% d’énergie renouvelable d’ici 2030. Selon Robert Reed, propriétaire de la plateforme « Recovery » à San Francisco, recycler crée dix fois plus d’emploi que les sites d’incinération et d’enfouissement.

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Ces régions qui ont une bonne gestion sont conscientisées et donc c’est un travail d’équipe entre l’État, les entreprises et le peuple. La redistribution de nourriture et produit utile vers les plus démunies est supportée par beaucoup d’organismes et de mouvements humanitaires.  

Un exemple est le site web « foodsharing.de » (en allemand seulement) qui permet tant au citoyen qu’aux entreprises d’y afficher leur surplus. Il y a aussi des frigidaires où les gens peuvent y déposer et prendre de la nourriture selon leurs besoins dans certains quartiers. Ce projet est devenu si imposant qu’il est maintenant en Allemagne, en Autriche et en Suisse.

Ce genre de mouvement a trouvé écho à plusieurs endroits dont ici. Des organismes comme la Table de concertation sur la faim et le développement social de l’Outaouais qui a créé l’Escouade Ani-Gaspillage Alimentaire ayant pour but de redistribuer les invendus afin de lutter contre la faim ont vu jour. Ces derniers offrent autant des formations que des activités ayant comme objectif de réduire la consommation et aider les démunis.

Un tel frigidaire communautaire a aussi vu le jour dans le quartier Rosemont de Montréal, le projet se nomme « frigo des ratons ». Le marché Jean-Talon s’est aussi créé un plan de récupération des invendus pour la redistribution, c’est environ 200 tonnes qui seront récupérées annuellement.  

Ce ne sont que quelques petits exemples qui démontrent l’influence des pays leaders sur ceux qui tirent de la patte comme nous. Oui, notre gouvernement a beaucoup à faire pour nous rendre au niveau des Allemands, mais l’implication de la population sera obligatoire pour instiguer les mouvements et encourager les autres à faire pareil.

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Un mode de vie sans déchet, une vie sans remord

La quantité de déchets que nous produisons chaque jour ne cesse de s’accumuler. Plus les années passent, plus cette accumulation devient nocive pour notre planète. Il est de temps de trouver des solutions pour tenter de diminuer les impacts nocifs de nos habitudes sur l’environnement.

De plus en plus de personnes se tournent vers un mode de vie zéro déchet, mais qu’est-ce que c’est exactement ?

C’est une manière repensée de vivre, c’est une adaptation de son mode de vie dans le but de réduire son empreinte écologique. Dans cette optique, plutôt que de jeter des choses, il est préférable de ne pas acheter au départ, de réduire notre consommation, de réutiliser, de recycler et de composter. Voici les principes de bases d’un mode de vie zéro déchet.

Maintenant, comment y arriver ? De nombreuses habitudes peuvent être changées pour transformer notre mode de vie. Voici quelques idées qui pourraient vous aider à réduire votre gaspillage et ainsi avoir un mode de vie plus vert.

D’abord, cessez d’utiliser des sacs en plastique. Habituez-vous à avoir toujours des sacs réutilisables avec vous. De nombreux modèles sont disponibles, il est donc certain que vous en trouverez un qui vous conviendra. Si vous avez le matériel nécessaire, vous pourriez même vous en fabriquer un vous-même avec des tissus recyclés. Voilà une belle façon de combiner recyclage et utilité.

Ensuite, approvisionnez-vous avec des aliments en vrac. De plus en plus de magasins offrent la possibilité d’acheter des aliments en vrac. Cela permet d’apporter ses propres contenants réutilisables pour effectuer ses achats. Ainsi, l’emballage inutile est évité et vous aurez la possibilité d’acheter la quantité que vous avez réellement besoin. En plus d’éviter le suremballage, cela permet d’éviter de gaspiller des aliments car il y en a beaucoup trop dans les formats emballés offerts. En achetant en plus petite quantité, vous pourrez même faire des économies.

De plus, magasiner dans des friperies et des endroits proposant des biens usagés est une très belle façon de faire ses emplettes. Vous serez surpris de tout ce qu’on peut trouver dans ces endroits, que vous soyez à la recherche de vêtements, de meubles, d’équipement de plein air… vous trouverez assurément quelque chose qui vous conviendra. En redonnant vie à quelque chose d’abandonner, vous éviterez que ce bien ne soit jeté, en plus d’économiser.

Finalement, si vous avez la chance de composter, prenez le temps de le faire. Le compostage permet de réduire considérablement la quantité de déchets qui se retrouvent dans nos ordures, en plus de permettre d’obtenir des fertilisants sans frais qui pourront servir dans la pousse de plantes et de légumes.

Ce sont de petites habitudes, qui, une fois intégrées à notre mode de vie, paraissent banales, mais peuvent réellement faire une différence. Une tonne d’autres petits gestes peuvent faire une énorme différence ! Vous, que ferez-vous pour aider notre planète ?