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49% des Canadiens veulent accueillir moins d’immigrants au pays

Un sondage de la firme Angus Reid publié en début de semaine, montre que près d’un Canadien sur deux voudrait voir les seuils d’immigration baisser, du jamais vu depuis 40 ans. 

Pas moins de 49% des Canadiens sondés par ce sondage, estiment que la cible de 310 000 nouveaux arrivants fixée pour l’année 2018 au Canada est trop élevée.

Il s’agit ici d’un pourcentage le plus important depuis 1995 (45%), et du jamais vu depuis près de 40 ans selon la firme qui a comparé ces résultats avec d’autres remontant à 1975.

Seulement 31% des répondants au sondage jugent que le seuil du gouvernement fédéral est bon, et 6% estiment qu’il est trop bas.

Plusieurs explications 

Selon plusieurs spécialistes, la crise migratoire internationale, les milliers de demandeurs d’asile à la frontière, les différents réfugiés ou encore la crainte face à une possible menace terroriste, seraient autant de raisons qui expliqueraient les résultats de ce sondage.

Le ministère de l’Immigration, Ahmed Hussen, a défendu ses seuils d’immigration, en affirmant que «pour faire face aux changements démographiques et à la pénurie de main-d’œuvre» ces quotas d’immigration sont essentiels pour le Canada.

Pour rappel, le Canada a annoncé à l’automne dernier qu’il comptait accueillir dans les prochaines années un nombre record d’immigrants. Les seuils d’immigration s’élèveront jusqu’à 340 000 en 2020, ce qui représente seulement un peu moins de 1% de la population canadienne.

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Forte croissance du taux d’emploi des immigrants à Montréal

Selon le Bilan économique du Grand Montréal, publié hier par la Communauté métropolitaine de Montréal, le taux d’emploi des immigrants dans la région de Montréal est en forte croissance, tant pour les nouveaux arrivants que pour ceux établis depuis 5 à 10 ans.

Le nombre d’immigrants occupant un emploi dans la région de Montréal est passé de 52,9% en 2009 à près de 61% en 2017.

Le bilan souligne que « Le PIB réel, l’emploi, les mises en chantier de logements et la consommation, entre autres, sont en plein essor. La vitalité de l’économie du Grand Montréal se répercute de manière positive sur le taux d’emploi des immigrants ».

Cependant, le taux de chômage des immigrants, particulièrement ceux qui sont arrivés récemment, continue de dépasser celui des Montréalais établis au Canada, même si l’écart tend à se réduire, passant ainsi de 6,4 points de pourcentage en 2009 à 3,1% en 2017.

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Camille St-Laurent, 1ère candidate non-voyante des élections québécoises

Québec Solidaire (QS) a présenté aujourd’hui une nouvelle candidate, Camille St-Laurent dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys. Elle marque aujourd’hui le cours de l’histoire politique dans la province.

A tout juste 23 ans, elle est la première candidate non-voyante de l’histoire des élections au Québec.

Le parti politique en a fait l’annonce via son compte Twitter, ce matin.

« Étant comme je suis, je suis assez bien placée pour comprendre l’injustice et l’iniquité qui peuvent être liées au fait d’être différente ou différent. Voilà pourquoi je ne pourrais jamais remettre en question l’importance d’être solidaires les uns des autres », a t-elle affirmé après avoir participé au défilé de la Fierté à Montréal.

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Montréal aura une consultation publique sur le racisme et les discriminations systémiques

Ça y est Balarama Holness a rempli son pari de récolter plus de 15 000 signatures dans une pétition, pour forcer la ville de Montréal à tenir une consultation publique sur le racisme et les discriminations systémiques. 

L’ancien candidat de Projet Montréal avait lancé une pétition depuis plusieurs mois, qui au terme de son dépôt le 27 juillet dernier, comptait au moins 16 700 signatures validées.

Balarama Holness a annoncé la bonne nouvelle ce matin, au travers de sa page Facebook.

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Par conséquent, la Ville de Montreal sera désormais forcée de tenir une telle consultation publique. Le comité exécutif devra déterminer lors de la prochaine séance l’instance qui devra se charger de cette consultation publique.

Revoir notre entrevue avec Balarama Holness :

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Et Haïti ?

La situation reste très instable en Haïti, à tel point que le gouvernement canadien a décidé de fermer son ambassade sur place en juillet dernier. Une telle mesure n’avait été prise auparavant que lors des circonstances exceptionnelles survenues avec les catastrophes naturelles en 2008, 2009 et 2010.

Il recommande d’ailleurs aux ressortissants canadiens de faire preuve d’une grande prudence en se rendant en Haïti. Le gouvernement évoque sur son site officiel un “taux de criminalité élevé en différents endroits du pays”, dont Port-au-Prince, la capitale, fait partie.

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Au début du mois de juillet, le gouvernement haïtien a annoncé une forte hausse des prix du pétrole, une mesure qui a provoqué le courroux de la population et déclenché des émeutes sur l’île. Les manifestations ont poussé le premier ministre à présenter sa démission au président haïtien Jovenel Moïse. Cependant, cette mesure n’a pas suffi à calmer la population qui continue à réclamer la démission du président haïtien.

Depuis le tremblement de terre de 2010, le taux de criminalité a grimpé en flèche à Haïti et les politiques sont régulièrement accusés par la population d’être impliqués dans des systèmes de corruption. Malgré les aides internationales reçues, le pays n’a toujours pas réussi à se remettre de la catastrophe.

Un article publié récemment rapportait que les accidents routiers sont beaucoup plus fréquents ces derniers temps. On aurait dénombré 86 personnes décédées du 29 juin au 28 juillet dernier, ce qui, à titre d’exemple, est trois fois plus important que pour le Québec avec à peu près la même densité de population.

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Cette situation précaire pousse de nombreux Haïtiens à quitter leur pays chaque année, la plupart du temps pour se rendre aux États-Unis ou au Canada. Selon le dernier recensement disponible, ce serait plus de 50 000 Haïtiens qui sont arrivés au Canada en 2016.

Et leur nombre risque encore d’augmenter. En effet, le président américain Donald Trump a décidé en novembre dernier d’abroger le statut spécial accordé aux Haïtiens qui les protégeaient de l’expulsion, comme il l’avait fait pour les habitants du Nicaragua un peu plus tôt, suscitant de la même manière de nombreuses contestations aux États-Unis. 

Mais les Haïtiens qui immigrent au Canada n’y seront pas forcément plus à l’abri. Le moratoire supprimé depuis 2014 les contraints de retourner dans leur pays d’origine si leurs demandes légales entreprises au Canada ne sont pas acceptées. Ce moratoire avait été mis en place pour empêcher les Haïtiens n’ayant pas de statut légal au Canada d’être renvoyés en Haïti, car le gouvernement fédéral considérait que la situation dans le pays était trop dangereuse.

C’était d’ailleurs l’objet d’une manifestation organisée par l’organisme humanitaire Solidarité sans Frontière dans le centre-ville de Montréal. Ses organisateurs réclament un moratoire à effet immédiat pour les Haïtiens et déplorent la poursuite des déportations alors que de manière parallèle, le gouvernement recommande à ses ressortissants de faire preuve de prudence en se rendant sur l’île. Bien qu’il soit compliqué pour les pays occidentaux de répondre à cette demande en matière d’immigration, il est clair que ces personnes ne devraient pas être renvoyées dans un pays qui n’est pas stable et dans lequel leur vie est en danger.

De l’espoir pour la suite ?

L’immigration est un sujet important au Canada. Le gouvernement fédéral a d’ailleurs annoncé en juin dernier un budget supplémentaire de 50 millions de dollars pour aider les provinces à mieux gérer les demandes. Une somme importante, dont 36 millions seront destinés au gouvernement provincial québécois.

Le ministre de l’Immigration, David Heurtel, a qualifié ce chiffre de plus que raisonnable étant donné qu’environ 50% des demandes en matière d’immigration sont traitées au Québec. Espérons que ces aides vont permettre d’améliorer la situation de vie de ces “peuples en exil” qui sont de plus en plus nombreux à venir se réfugier au Canada ces dernières années.

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La maltraitance des Autochtones est infreinable

Les Autochtones appartiennent à l’un des trois peuples, soit les Algonquiens, les Iroquoiens ou les Inuits répartis en 55 communautés et ayant chacune leur propre langue de communication. En date de 2016, la population totale échelonnait les 180 000 habitants répartis dans la province du Québec. Cela représente 2,3% de la population québécoise. Ils restent cependant maltraités malgré leur importance significative dans la création et dans le développement du Canada.  

En effet, les Autochtones et les Français ont, pendant longtemps, établis des relations commerciales surtout en ce qui a trait à la traite de fourrure. Le roi de France jurait de défendre et de protéger la liberté des Autochtones du moment où ils acceptaient de devenir citoyens français et de se faire baptiser. Ils ne pouvaient donc pas être soumis à l’esclavage. 

Par contre, les Britanniques, en concurrence avec les Français, voulaient assurer l’assimilation des autochtones. Pour ce faire, ceux-ci ont été sédentarisés et recadrés sur des terres réservées à leur usage personnel servant à contrôler ce peuple caractérisé comme étant des « sauvages ».

La supériorité du peuple colonial se fait alors ressentir annonçant le début du processus de dépréciation et d’érosion du peuple indien qui perdure jusqu’à aujourd’hui en 2018.

Effectivement, tranquillement la toile de la discrimination systématique vécue par les autochtones s’est tissée jusqu’à en venir aux nombreux cas de négligence vécus, entre autres, par les femmes autochtones du Québec.

Par exemple, Maina Aculiak, une femme inuite de l’arrondissement Côte-des-Neiges a récemment été portée disparue après avoir été arrêtée par les autorités policières alors qu’elle sortait en état d’ébriété pour se procurer de la bière. En quittant, les policiers lui ont offert un billet d’autobus pour retourner à l’hôpital où elle résidait. Il faut aussi prendre en considération qu’elle ne maitrise ni le français ni l’anglais et souffre de problèmes de santé mentale. Sachant ceci, personne n’a offert de l’aider.

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La même situation se répète chez plusieurs autres femmes autochtones qui sont violentées et tuées sans aucune intervention de la part du système judiciaire.

Pour remédier à ce problème d’envergure et rarement adressé, le gouvernement Trudeau propose une solution. Selon le site de Radio-Canada, il a lancé un processus de consultation auprès des Autochtones et des autres Canadiens afin de déterminer les modalités de son cadre de reconnaissance et de mise en œuvre des droits.

Mme Bennett, ministre des relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord a stipulé qu’elle débutait un dialogue difficile sur la vérité de l’histoire du Canada, des siècles de pratiques colonialistes qui ont nié les droits inhérents des peuples autochtones.  

La ministre de l’environnement, Catherine McKenna a déposé un projet de loi stipulant que dorénavant les Autochtones devront être consultés pour toute planification de projet énergique.

Outre cette décision, les droits et liberté des Autochtones ne sont pas reconnus d’un point de vue social ou économique. Il reste du chemin à faire avant que les Premières Nations soient considérées comme des êtres humains aussi importants que le reste des Québécois.

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Le local communautaire Claude-Martin : en marche vers une intégration sociale des immigrants du quartier Vanier

Une nouvelle vague de gentrification déferle graduellement sur le nord de la ville de Québec. Après avoir touché les quartiers Saint-Roch, Limoilou et Saint-Sacrement, ce sont maintenant les propriétaires du quartier Vanier qui commencent à racheter les immeubles en augmentant le prix des loyers et en demandant aux locataires de quitter leurs logements dans les plus brefs délais. Parmi ses premières victimes se trouve le local communautaire Claude-Martin.

Depuis trois ans, ce local offre des services de soutien aux nombreux immigrants dans Vanier, un des quartiers les plus défavorisés de la ville de Québec. En fin juin dernier, son équipe d’intervenants a déménagé dans un nouveau local situé dans le même quartier sur la rue Plante. Ce déménagement involontaire fait suite à la demande déposée par la société immobilière Bélanger, en novembre 2017 aux locataires de l’immeuble de reloger d’ailleurs.

Heureusement, cette société a assumé une bonne partie des frais de déménagement, soit la peinture et le déménagement en soi. Un autre aspect positif : un nouveau loyer à payer pour le local sur la rue Plante est 250 $ moins que le loyer payé pour le local précédent (650 $ contre 900$). Pour mieux comprendre les défis de la mixité sociale dans le quartier Vanier, Média D a rencontré un intervenant de proximité du local Claude-Martin, monsieur Éric Bernard.

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Photo prise de l’écran de projection durant le gala de persévérance le 4 juin 2018. Photo de courtoisie du Centre local communautaire Claude-Martin.
  • Monsieur Bernard, est-ce que vous pourriez expliquer à nos lecteurs la mission de votre local communautaire et la raison de sa création?

Notre local a été créé il y a trois ans et résulte de la collaboration de trois organismes : la Table de quartier Vanier, la Ruche Vanier et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS-CN). Avant la création du local communautaire comme un organisme indépendant, le Centre multiethnique du Québec a envoyé à Vanier son employé, madame Jasmine Turcotte-Vaillancourt, pour accompagner les familles immigrantes du quartier.

Après la première subvention, la Ruche Vanier a réussi à obtenir une nouvelle source de financement, et Jasmine a été réengagée par un organisme communautaire nouvellement créé comme experte des problématiques des immigrants du quartier. Grâce à son important rôle initial dans l’accompagnement des immigrants, les gens du quartier ont continué jusqu’à aujourd’hui à associer notre local aux activités liées aux immigrants en nommant notre local « la maison de Jasmine ». En fait, les services aux immigrants ne sont qu’une partie de notre mandat. La mission de notre local est plus large : contribuer à améliorer la qualité de vie des gens du quartier, les résidents locaux et les immigrants, en les mobilisant autour des enjeux qui les interpellent.

  • Quels services proposez-vous aux immigrants?

Les services proposés par notre local sont multiples : l’accompagnement social, l’aide pour expliquer et remplir les documents administratifs, la cuisine collective, les activités culturelles, ainsi que la défense des droits des locataires en collaboration avec le Bureau d’animation et d’information logement du Québec métropolitain. Une travailleuse sociale et une infirmière surveillent les familles en difficulté en identifiant leurs problèmes sociaux et de santé, alors qu’une intervenante auprès des familles s’occupe des enfants. De mon côté, comme intervenant de proximité, je suis responsable des dossiers liés aux adultes, ainsi qu’aux logements, au soutien à l’information et à l’organisation des activités sociales et culturelles.

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Photo prise durant le gala de persévérance le 4 juin 2018. Crédit de photo : Elena Albina.
  • Le 4 juin dernier, j’ai été invitée à assister au gala de la persévérance des enfants qui ont fréquenté votre local. Les enfants avaient l’air très heureux d’avoir obtenu les certificats de persévérance et d’avoir présenté leur programme musical au public. Comment cette soirée est-elle liée à votre mission et quel est le rôle de vos partenaires?

L’intégration réussie des enfants immigrants est un des principaux axes de nos activités. Pour la réaliser, le local a établi des partenariats avec des organismes communautaires dont les intervenants se déplacent chez nous pour offrir leurs services éducatifs aux enfants du quartier. Par exemple, les bénévoles de Collège Frontière y offrent une aide aux devoirs deux fois par semaine.

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Les bénévoles du Collège Frontière avec les enfants du Centre local communautaire Claude-Martin. Photo de courtoisie du Centre local communautaire Claude-Martin.

YWCA y organise une fois par semaine un club de filles qui inclut des activités axées sur le développement du leadership, la prévention de l’itinérance des femmes et de leur exploitation sexuelle, le développement de leur autonomie alimentaire, et leur propose des sorties gratuites au théâtre et dans les bibliothèques de la ville.

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Agente de développement des programmes du Centre filles d’YWCA, Olivia Vu (quatrième à gauche dans une rangée centrale), ensemble avec les enfants du Centre local communautaire Claude-Martin. Crédit de photo : Elena Albina.

Notre troisième organisme partenaire, Jeunes musiciens du monde, y offre des cours de chant une fois par semaine.

Le gala auquel vous avez assisté a été organisé pour célébrer la fin de l’année scolaire et pour souligner les succès de notre collaboration avec nos partenaires.

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Jeunes musiciens du monde, ensemble avec les enfants du Centre local communautaire Claude-Martin. Photo de courtoisie du Centre local communautaire Claude-Martin.
  • Combien de familles immigrantes ont profité de vos services durant l’année scolaire et quelles activités ont été les plus réussies?

Durant l’année scolaire 2017-2018, entre 15 et 20 familles ont fait appel à nos services. Parmi les activités les plus réussies auxquelles les immigrants et les résidents locaux ont coopéré, il y a eu la Fête du quartier et la Semaine québécoise des rencontres interculturelles (SQRI) [cette dernière activité est l’initiative du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion qui se déroule dans plusieurs quartiers au Québec depuis quinze ans]. Les familles africaines ont contribué à la Fête du quartier en invitant des groupes musicaux ethniques et en préparant des plats traditionnels de leurs pays. Pour célébrer le bien-vivre collectif durant la SQRI, les immigrants et les résidents locaux ont dessiné ensemble le symbole de la communauté, un « mandala » sur une impression grand format, laquelle a été accrochée aux arbres devant notre local.

Malheureusement, la nuit après son installation, la pancarte a été détruite par le vent, comme si ce fait voulait symboliser ironiquement que le vivre-ensemble est une construction très fragile.

  • Sur quel projet travaillez-vous actuellement dans le but d’accomplir votre principale mission ?

Actuellement, pour améliorer la mixité sociale dans le quartier, notre équipe travaille sur le projet d’aménagement de la ruelle verte. Pour aménager un espace public derrière notre local, nous projetons de construire des bacs de plantation, dans lesquels tous les résidents du quartier pourront planter des arbustes et des plantes, et une placette publique. Le travail commun est censé briser l’isolement, rapprocher les gens de toutes les origines et augmenter leur engagement communautaire.

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Deux parties du symbole « mandala » accrochées aux arbres devant le Centre local communautaire Claude-Martin. Photos de courtoisie du Centre local communautaire Claude-Martin.
  • Quels sont les principaux obstacles qui vous empêchent de réaliser le bien-vivre ensemble?

La mixité sociale entre les résidents locaux et les immigrants ne se déroule pas toujours facilement dans le quartier. Par exemple, les résidents locaux évitent souvent d’assister aux activités culinaires organisées par les immigrants, et vice versa. Selon les données de notre sondage réalisé en 2017, parmi les 78 résidents du quartier, 29 % d’entre eux partagent une opinion plutôt négative sur la diversité culturelle. Les résidents locaux s’inquiètent principalement du fait que les familles immigrantes ne connaissent pas assez bien les habitudes, les valeurs et la culture québécoise. De plus, ils associent toutes sortes de stéréotypes aux nouveaux arrivants. Par exemple, l’insalubrité des logements infestés par les coquerelles et les punaises depuis deux ans dans le quartier est associée, dans la perception des gens, à l’arrivée des familles immigrantes qui ne suivent pas les règles d’hygiène de base. C’est vrai que les réfugiés qui ont habité plusieurs années dans les camps de réfugiés n’ont pas souvent les mêmes normes d’hygiène que les immigrants bien éduqués qui viennent de grands centres urbains. Mais le code de comportement, tout ça, on l’apprend, graduellement, en vivant dans de meilleures conditions, en côtoyant d’autres cultures, en participant aux projets communs par les études ou le travail. C’est à nous de les informer et de les référer pour qu’ils obtiennent les ressources dont ils ont besoin. C’est à la société d’accueil, d’essayer d’être plus ouverte aux autres cultures et à leurs modes de vie.

  • Quelle est la situation économique des immigrants du quartier et quels sont les obstacles à leur employabilité?

Sans vous donner de statistiques exactes, c’est une minorité des immigrants qui travaillent dans notre quartier, et ceux qui travaillent sont principalement les gens qui habitent à Québec depuis plusieurs années. Par contre, la plupart des nouveaux arrivants suivent les cours de francisation et vivent grâce aux prestations d’aide sociale.

Les obstacles à une intégration réussie proviennent à la fois de leur parcours de vie difficile, des particularités du quartier et du manque de ressources investies par le gouvernement dans les mesures de l’aide à l’intégration des personnes immigrantes. Les immigrants de notre quartier d’origines népalaise, birmane et africaine viennent principalement de camps de réfugiés. Après y avoir passé plusieurs années, ils restent souvent analphabètes dans leur propre langue. Ce n’est donc pas étonnant que l’apprentissage d’une langue si complexe que le français s’avère pour eux un vrai défi.  À cause de manque d’aisance linguistique, ils ne peuvent pas souvent de participer activement dans les projets de collaboration avec les résidents locaux du quartier. Idéalement, pour inclure plus activement les immigrants dans nos projets de collaboration, on aimerait bien recourir aux services des interprètes. Bien que la Capitale-Nationale offre des services d’interprétariat en plusieurs langues dans le réseau de la santé et des services sociaux, ses ressources ne sont pas suffisantes pour servir aux projets communautaires. 

Un autre obstacle à leur mobilité sociale est le manque de transport public dans le quartier. C’est pourquoi la plupart des entreprises qui se situent dans le parc industriel au nord du quartier Vanier restent inaccessibles pour les résidents les plus démunis. Depuis 2017, comme une illustration de ces difficultés, neuf des treize familles népalaises ont quitté le quartier Vanier et la province de Québec pour l’Ontario, ce qui représente une énorme perte pour nous.

Certes, l’insertion réussie des immigrants n’est pas facile : c’est un travail de longue haleine qui requiert beaucoup de patience, d’éducation et de volonté de la part de plusieurs acteurs publics et privés pour les aider à mieux s’intégrer. C’est pourquoi, en parlant avec vous, nous espérons sensibiliser davantage l’opinion publique à l’égard de cette problématique très pertinente pour notre société et trouver, en y réfléchissant ensemble, de meilleures solutions.