Actualités

Et Haïti ?

La situation reste très instable en Haïti, à tel point que le gouvernement canadien a décidé de fermer son ambassade sur place en juillet dernier. Une telle mesure n’avait été prise auparavant que lors des circonstances exceptionnelles survenues avec les catastrophes naturelles en 2008, 2009 et 2010.

Il recommande d’ailleurs aux ressortissants canadiens de faire preuve d’une grande prudence en se rendant en Haïti. Le gouvernement évoque sur son site officiel un “taux de criminalité élevé en différents endroits du pays”, dont Port-au-Prince, la capitale, fait partie.

people-3127600_960_720

Au début du mois de juillet, le gouvernement haïtien a annoncé une forte hausse des prix du pétrole, une mesure qui a provoqué le courroux de la population et déclenché des émeutes sur l’île. Les manifestations ont poussé le premier ministre à présenter sa démission au président haïtien Jovenel Moïse. Cependant, cette mesure n’a pas suffi à calmer la population qui continue à réclamer la démission du président haïtien.

Depuis le tremblement de terre de 2010, le taux de criminalité a grimpé en flèche à Haïti et les politiques sont régulièrement accusés par la population d’être impliqués dans des systèmes de corruption. Malgré les aides internationales reçues, le pays n’a toujours pas réussi à se remettre de la catastrophe.

Un article publié récemment rapportait que les accidents routiers sont beaucoup plus fréquents ces derniers temps. On aurait dénombré 86 personnes décédées du 29 juin au 28 juillet dernier, ce qui, à titre d’exemple, est trois fois plus important que pour le Québec avec à peu près la même densité de population.

haiti-79643_960_720

Cette situation précaire pousse de nombreux Haïtiens à quitter leur pays chaque année, la plupart du temps pour se rendre aux États-Unis ou au Canada. Selon le dernier recensement disponible, ce serait plus de 50 000 Haïtiens qui sont arrivés au Canada en 2016.

Et leur nombre risque encore d’augmenter. En effet, le président américain Donald Trump a décidé en novembre dernier d’abroger le statut spécial accordé aux Haïtiens qui les protégeaient de l’expulsion, comme il l’avait fait pour les habitants du Nicaragua un peu plus tôt, suscitant de la même manière de nombreuses contestations aux États-Unis. 

Mais les Haïtiens qui immigrent au Canada n’y seront pas forcément plus à l’abri. Le moratoire supprimé depuis 2014 les contraints de retourner dans leur pays d’origine si leurs demandes légales entreprises au Canada ne sont pas acceptées. Ce moratoire avait été mis en place pour empêcher les Haïtiens n’ayant pas de statut légal au Canada d’être renvoyés en Haïti, car le gouvernement fédéral considérait que la situation dans le pays était trop dangereuse.

C’était d’ailleurs l’objet d’une manifestation organisée par l’organisme humanitaire Solidarité sans Frontière dans le centre-ville de Montréal. Ses organisateurs réclament un moratoire à effet immédiat pour les Haïtiens et déplorent la poursuite des déportations alors que de manière parallèle, le gouvernement recommande à ses ressortissants de faire preuve de prudence en se rendant sur l’île. Bien qu’il soit compliqué pour les pays occidentaux de répondre à cette demande en matière d’immigration, il est clair que ces personnes ne devraient pas être renvoyées dans un pays qui n’est pas stable et dans lequel leur vie est en danger.

De l’espoir pour la suite ?

L’immigration est un sujet important au Canada. Le gouvernement fédéral a d’ailleurs annoncé en juin dernier un budget supplémentaire de 50 millions de dollars pour aider les provinces à mieux gérer les demandes. Une somme importante, dont 36 millions seront destinés au gouvernement provincial québécois.

Le ministre de l’Immigration, David Heurtel, a qualifié ce chiffre de plus que raisonnable étant donné qu’environ 50% des demandes en matière d’immigration sont traitées au Québec. Espérons que ces aides vont permettre d’améliorer la situation de vie de ces “peuples en exil” qui sont de plus en plus nombreux à venir se réfugier au Canada ces dernières années.

Advertisements
Actualités

Riche programmation pour le 12ème Festival Haïti en folie

Dès demain et pendant quatre jours, le Festival Haïti en folie est de retour pour une douzième édition et nous offre une nouvelle très belle programmation avec plus de 100 artistes et de nombreuses activités. 

Le plus important festival dédié à la culture haïtienne prendra part aux quatre coins de Montréal, du Parc Lafontaine à la Grande bibliothèque de Montréal, en passant par les Jardins Gamelin. Tour d’horizon de la programmation.

37547948_10155475476806231_8500060855142973440_o

Dany Laferrière 

Un rendez-vous à ne pas manquer avec l’écrivain de renommé mondiale et membre de l’Académie française le vendredi 27 juillet à 18h à la Grande Bibliothèque. Dany Laferrière y sera interviewé par plusieurs personnalités dont Dorothy Alexandre, Caroline Codsi ou encore par Josée Blanchette.

5 à 7 aux Jardins Gamelins

Les traditionnels 5@7 sont de retours, mercredi et jeudi, de 17h à 19h, vous avez rendez-vous au Quartier des spectacles pour venir admirer et danser sur des musiques antillaises.

20615822_1538784282852236_6601169834930954363_o

Foires et spectacles au Parc Lafontaine 

En continue les 28 et 29 juillet de 11h à 23h au Parc Lafontaine, avec une nouveauté cette année : la première foire culinaire Haïti en folie. Mais aussi, des ateliers de percussions, de danse et artisanat traditionnel, ainsi que la foire du livre.

Le tout ponctué par de nombreux spectacles donc Wesli samedi, ou encore Senaya et Emeline Michel en clôture dimanche.

Defilé

Enfin, l’un des incontournables qui prend de l’ampleur année après année, le défilé carnavalesque « Rara Haïti en Folie », qui sera de retour le samedi 28 juillet à partir de16h. Deux groupes musicaux marcheront dans les rues du Plateau Mont-Royal sous le thème de ce rituel haïtien.

La programmation détaillée est disponible sur le site internet de l’événement.

Actualités

Racisme à St-Jérôme : menaces et pneus crevés pour deux infirmières d’origine haïtienne

Deux infirmières de Saint-Jérôme (Basses-Laurentides) ont retrouvé après leur quart de travail sur le pare-brise de leur voiture des menaces à caractère raciste et les pneus de leur véhicule crevés.

Capture d’écran 2018-02-20 à 10.37.52

On peut lire sur les deux papiers apposés sur les deux véhicules : « Retourne dans ton pays, je ne veux plus te voir à Youville, tu viens volé notre job, 1er avertissement, la prochaine fois je vais aller chez vous, je vais te fais comprendre ca va être tard pour toi… »

Les deux infirmières sont très choquées par cet événement qui s’est déroulé courant janvier 2018, d’autant plus que les pneus de leur deux véhicules ont été également la cible des malfaiteurs.

Capture d’écran 2018-02-20 à 10.38.01

La police de St-Jérôme a été saisie du dossier. Depuis, des caméras et des agents de sécurité ont été placés dans le stationnement du centre d’hébergement mais la tension est toujours palpable, surtout pour l’une des deux infirmières qui a des craintes pour ses enfants.

Actualités

12 000$ d’amende pour avoir refusé des locataires d’origine Haïtienne

Le Tribunal des droits de la personne vient de rendre sa décision dans une affaire qui opposait les propriétaires d’un duplex à Lasalle à un couple d’origine haïtienne. Les propriétaires avaient en effet refusé en 2012 les deux locataires sur la base du critère racial.

Après une première visite du bien, les potentiels locataires, Stéphanie Marcel et Jean-Claude Pheneus, s’adressent directement au courtier des propriétaires pour faire part de leur intérêt à prendre la location. Avant de se voir refuser la location quelques semaines plus tard.

Devant le tribunal, le courtier en question, a témoigné que suite à la deuxième visite des locataires, la propriétaire lui avait téléphoné pour lui dire qu’elle ne voulait pas avoir de locataires de cette origine raciale.

Le courtier avait alors été choqué de tels propos, étant lui-même immigrant, d’origine hispanique. Il avait alors cessé son mandat de courtier avec le couple propriétaire. Le couple a nié toutes les accusations devant le Tribunal.

« Le Tribunal retient la version de M. Lopez à savoir que Mme Bresciani lui a déclaré refuser de louer le logement aux plaignants en raison de leur origine ethnique et de leur couleur. Dès lors, M. Pheneus et Mme Stéphanie Marcel ont été victimes de discrimination fondée sur leur race, leur couleur ou leur origine ethnique »

Le couple propriétaire devra ainsi verser 5000$ à Stéphanie Marcel et 5000$ à Jean-Claude Pheneus à titre de dommages moraux, auxquels s’ajoute un montant de 1000$ à chacun à titre de dommages punitifs.