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La rentrée blanche

Début septembre signifiait la rentrée des classes et la fin de l’été mais pour les adeptes de séries télé, cela signifiait le retour d’Unité 9, L’échappée, occupation double et plusieurs autres. C’est excitant de découvrir  les nouvelles émissions et les nouveaux personnages mais il est toutefois facile de remarquer le manque flagrant de diversité dans les programmes.

Commençons par Unité 9 de Fabienne Larouche, une série qui dure depuis 7 ans déjà. Tous ont suivis la triste histoire de Marie Lamontagne, campée par Guylaine Tremblay, et de ses codétenues. Les scénaristes ont gardé le public captivé pendant de longues années mais force est d’admettre  qu’une série avec autant de personnages et d’histoires intéressantes n’a jamais mis de l’avant un personnage de couleur qui n’était pas criminel ou de mauvaise foi.

L’émission nous a présenté Bouba, jouée par Ayisha Issa dès la saison 2; une criminelle assez violente qui mène la cour de la prison d’une main de fer. Bouba passe par toutes les gammes d’émotions et vers la fin, laisse les spectateurs découvrir son côté sensible grâce à une détenue plus âgée qui la prend sous son aile. Nous le public pensant  que Bouba connaîtra alors une fin heureuse pour finalement commettre une agression assez sanglante contre le directeur de la prison.

Vers la saison 6, Fabienne Larouche introduit l’IPL du maximum, Koffi Yatabéré, qui semble ne jamais avoir souri de sa vie et regarde les femmes avec dégout. Son personnage ne s’est pas amélioré au fil de la saison car il a notamment attaqué Jeanne qui est enceinte et la nouvelle détenue Eyota Standing Bear. Ce qui nous amène au dernier point sur Unité 9 , la détenue  qui a fait son entrée à Lietteville. Un personnage tellement intéressant et plein de noirceur mais qui est légèrement abordé pour laisser encore la place à Marie Lamontagne et Jeanne Biron.

Pour ce qui est de L’échappée, une série de Michelle Allen qui a débuté le 12 septembre 2016. L’émission suit les aventures de Brigitte Francoeur, incarnée par Julie Perrault, qui revient à Sainte-Alice-de-Rimouski pour le mariage de sa fille. Le retour dans sa ville natale refait remonter de vieux souvenirs et de vieilles rancœurs. L’histoire est centrée sur Julie Perrault et son entourage mais l’auteur ne met aucune personne de couleur ou d’une nationalité autre en premier plan.

En terminant, le fait qu’il y ait un manque de diversité n’enlève rien aux comédiens et comédiennes telles que Guylaine Tremblay, François Papineau, Julie Perrault et Patrick Hivon. Ces artistes sont incroyables mais comment vous, les réalisateurs, les directeurs de casting et les scénaristes voulez-vous encourager la diversité quand tout ce qu’on voit dans nos écrans ce sont des gens à la peau pâle. Si vous parcourez les bottins des agences, il y a des acteurs de couleurs mais aucun qu’on ne reconnaît.

 

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Thérèse Roussin, une battante au service de sa communauté

Thérèse Roussin, une battante qui a la foi et qui a tant œuvré pour sa communauté de Saint-Georges de Beauce en Chaudière-Appalaches qu’elle aurait pu donner sa chemise avant même de reprendre son souffle. Ainsi, depuis 1997, elle a écouté pendant plus de 800 heures des gens endeuillés de Saint-Georges et les alentours auprès de sa paroisse et du curé de l’époque, monsieur Laval Bolduc.

« On ne peut contrôler l’incontrôlable, on n’a que le devoir de changer le monde à notre façon »

En quelques mots, la philosophie de Thérèse Roussin, une femme de 73 ans qui a souffert dès ses 3 ans d’un dangereux virus propagé par l’œsophage et les amygdales appelé Poliomyélite, virus qui s’était, notamment, répandu en épidémie dans les années 50 en Amérique du Nord.

Malgré les séquelles engendrées par le syndrome rare de post-polio, c’est-à-dire une dégénérescence neuromusculaire amenant beaucoup de faiblesse musculaire, de douleur et de fatigue extrême, syndrome dont elle est atteinte depuis qu’elle a souffert de la Polio, elle ne s’est jamais laissé abattre !

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Diplômée en enseignement de l’anglais et bachelière en théologie, Thérèse, auprès de son défunt mari Lionel Roussin enseignant en mathématiques, a réussi à élever 3 enfants tout en enseignant de 1966 à 1980 à l’école Monseigneur-Beaudoin de Saint-Georges de Beauce, école modulaire pour la clientèle adulte.

Et ça ne s’est pas arrêté là ! Malgré une carrière florissante, son altruisme affamé voulait davantage aider son prochain sans nécessairement avoir de retour d’argent. C’est pourquoi, au bout de quelques rencontres avec monsieur Laval, elle a fini par fonder, en 1997, le premier service spirituel d’accompagnement des deuils en Beauce.

À coup de rencontres d’une heure pour amener la personne endeuillée à se confier pour « sortir le trop plein d’émotions », comme elle me le disait si bien, elle donnait tout son temps à son prochain sans récolter un véritable salaire (une maigre compensation monétaire de la part de l’Église) ! Seulement de sentir qu’elle avait pu faire la différence dans le parcours d’une pauvre âme faisait son gagne-pain.

Elle y a œuvré plus qu’à temps plein 10 ans de sa vie. Curieuse et amoureuse du savoir, elle donnait son oreille attentive entre deux livres qu’elle dévorait avec passion et un voyage à Vancouver en 2005 et deux en Australie en 2006 et 2008. Le vent de liberté que lui procurait ce genre d’évasion la grisait. Elle avait d’ailleurs fait son premier voyage au bras de son mari dans les années 60 à Atlantic City, d’où le besoin de voyager était né !

Mélanie, une de ses filles, a suivi ses traces en suivant ses études jusqu’au bout… et jusqu’au bout du monde ! C’était le cas de le dire. Elle termine actuellement un doctorat en Australie. Thérèse représentait pour elle un modèle de vie.

Résiliente et courageuse de nature, Thérèse ne s’arrêtait pas à ce que ses médecins lui disaient pour freiner ses ardeurs ou la cloitrer dans une chaise roulante. Il y a encore 3 ans de ça, elle se déplaçait un peu partout dans la ville de Saint-Georges avec comme seul véhicule : ses pieds. Maintenant, un peu plus endolorie, elle ne peut plus se lancer dans de tels pèlerinages, mais toujours appréciée par sa communauté pour son don de soi, elle reçoit encore à l’occasion chez elle la visite de gens endeuillés pour les écouter et les épauler alors qu’elle-même est visiblement en train de vivre un deuil intérieur, le deuil de son autonomie.

Toutefois, elle ne se laisse pas encore décourager ! Thérèse Roussin est d’une compagnie exceptionnelle et n’arrêtera jamais de voyager à travers un bon livre, ses fidèles amis. Elle me racontait que, quand elle était toute petite, elle se cachait même de sa mère pour lire les livres du prix littéraire que son père, secrétaire général à la Commission scolaire Beauce-Etchemin dans les années 60, rapportait à la maison.

Thérèse est un modèle du moment présent, car elle m’a avoué, à la fin de notre dernière rencontre, qu’elle réussissait à « survivre » malgré la douleur et les contraintes de son corps grâce à sa vision optimiste de la vie du « au jour le jour », et ce, sans perdre espoir du lendemain, car il ne sert à rien de vouloir changer l’inchangeable.

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Le Québec met en place un processus pour faciliter la reconnaissance des compétences des immigrants

Le Québec vient de lancer aujourd’hui une plateforme en ligne, Qualifications Québec, qui permet aux nouveaux et futurs immigrants de faciliter la reconnaissance des qualifications acquises hors de la province. 

Accessible gratuitement partout dans le monde, la plateforme accessible au www.qualificationsquebec.com a plusieurs objectifs :

  • Faciliter la reconnaissance des compétences par les établissements du réseau de l’éducation et de l’enseignement supérieur, les ordres professionnels et les autres organismes de réglementation;
  • Promouvoir des services de reconnaissance des compétences;
  • Proposer des formations et des outils d’intervention aux personnes engagées dans le domaine de la reconnaissance des compétences;
  • Mettre en place des équipes d’intervention, en concertation avec d’autres partenaires concernés, qui pourront proposer des solutions aux problèmes ponctuels pouvant se présenter dans la reconnaissance des compétences.

« Le site s’enrichira progressivement pour, à terme, présenter 500 métiers et professions, en français et en anglais, incluant les conditions d’exercice, les ressources disponibles dans les différentes régions de même qu’une quantité importante d’information utile sur le marché du travail au Québec, le système d’éducation et le système professionnel, entre autres » souligne le gouvernement du Québec.

Exemple ci-dessous pour lors d’une recherche pour un emploi d’ingénieur civil :

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Une aide précieuse pour les immigrants, puisqu’au travers de cette plateforme toutes les informations concernant une profession sont rassemblées ici, permettant au mieux de guider le nouvel arrivant et faciliter son intégration sur le marché du travail.

Qualifications Québec remplace Qualifications Montréal, dont le mandat a été élargi à l’ensemble de la province du Québec, et découle d’un investissement de 5 M$ sur 5 ans du gouvernement du Québec, dans son Plan économique du Québec 2017.

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Québec Solidaire veut que le langage des signes devienne une langue officielle

Après avoir annoncé la première candidate non-voyante de l’histoire des élections au Québec en début de semaine, Québec Solidaire (QS) s’engage à adopter une Loi sur l’accessibilité universelle et à reconnaitre la langue des signes comme une langue officielle s’il accède au pouvoir le 1er octobre prochain.

L’annonce a été faite cette semaine par le porte-parole du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, et fait partie des engagements de QS concernant l’inclusion des personnes handicapées.

« La langue des signes québécoise (LSQ), c’est une langue québécoise, qui est typiquement québécoise et unique au Québec. Sa reconnaissance comme langue officielle permet de reconnaître cette dimension-là de la culture québécoise » a expliqué le porte-parole de QS.

L’accessibilité des lieux, de même qu’un accès aux services de santé, d’éducation et de justice pour les personnes handicapés sont d’autres mesures du programme de Québec Solidaire.

« En matière d’inclusion au marché du travail, il ne faut pas se le cacher, actuellement, beaucoup de personnes en situation de handicap, même diplômées, ont de la difficulté à s’intégrer au marché du travail alors qu’elles veulent contribuer à la société québécoise ».

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Camille St-Laurent, 1ère candidate non-voyante des élections québécoises

Québec Solidaire (QS) a présenté aujourd’hui une nouvelle candidate, Camille St-Laurent dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys. Elle marque aujourd’hui le cours de l’histoire politique dans la province.

A tout juste 23 ans, elle est la première candidate non-voyante de l’histoire des élections au Québec.

Le parti politique en a fait l’annonce via son compte Twitter, ce matin.

« Étant comme je suis, je suis assez bien placée pour comprendre l’injustice et l’iniquité qui peuvent être liées au fait d’être différente ou différent. Voilà pourquoi je ne pourrais jamais remettre en question l’importance d’être solidaires les uns des autres », a t-elle affirmé après avoir participé au défilé de la Fierté à Montréal.

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Le local communautaire Claude-Martin : en marche vers une intégration sociale des immigrants du quartier Vanier

Une nouvelle vague de gentrification déferle graduellement sur le nord de la ville de Québec. Après avoir touché les quartiers Saint-Roch, Limoilou et Saint-Sacrement, ce sont maintenant les propriétaires du quartier Vanier qui commencent à racheter les immeubles en augmentant le prix des loyers et en demandant aux locataires de quitter leurs logements dans les plus brefs délais. Parmi ses premières victimes se trouve le local communautaire Claude-Martin.

Depuis trois ans, ce local offre des services de soutien aux nombreux immigrants dans Vanier, un des quartiers les plus défavorisés de la ville de Québec. En fin juin dernier, son équipe d’intervenants a déménagé dans un nouveau local situé dans le même quartier sur la rue Plante. Ce déménagement involontaire fait suite à la demande déposée par la société immobilière Bélanger, en novembre 2017 aux locataires de l’immeuble de reloger d’ailleurs.

Heureusement, cette société a assumé une bonne partie des frais de déménagement, soit la peinture et le déménagement en soi. Un autre aspect positif : un nouveau loyer à payer pour le local sur la rue Plante est 250 $ moins que le loyer payé pour le local précédent (650 $ contre 900$). Pour mieux comprendre les défis de la mixité sociale dans le quartier Vanier, Média D a rencontré un intervenant de proximité du local Claude-Martin, monsieur Éric Bernard.

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Photo prise de l’écran de projection durant le gala de persévérance le 4 juin 2018. Photo de courtoisie du Centre local communautaire Claude-Martin.
  • Monsieur Bernard, est-ce que vous pourriez expliquer à nos lecteurs la mission de votre local communautaire et la raison de sa création?

Notre local a été créé il y a trois ans et résulte de la collaboration de trois organismes : la Table de quartier Vanier, la Ruche Vanier et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS-CN). Avant la création du local communautaire comme un organisme indépendant, le Centre multiethnique du Québec a envoyé à Vanier son employé, madame Jasmine Turcotte-Vaillancourt, pour accompagner les familles immigrantes du quartier.

Après la première subvention, la Ruche Vanier a réussi à obtenir une nouvelle source de financement, et Jasmine a été réengagée par un organisme communautaire nouvellement créé comme experte des problématiques des immigrants du quartier. Grâce à son important rôle initial dans l’accompagnement des immigrants, les gens du quartier ont continué jusqu’à aujourd’hui à associer notre local aux activités liées aux immigrants en nommant notre local « la maison de Jasmine ». En fait, les services aux immigrants ne sont qu’une partie de notre mandat. La mission de notre local est plus large : contribuer à améliorer la qualité de vie des gens du quartier, les résidents locaux et les immigrants, en les mobilisant autour des enjeux qui les interpellent.

  • Quels services proposez-vous aux immigrants?

Les services proposés par notre local sont multiples : l’accompagnement social, l’aide pour expliquer et remplir les documents administratifs, la cuisine collective, les activités culturelles, ainsi que la défense des droits des locataires en collaboration avec le Bureau d’animation et d’information logement du Québec métropolitain. Une travailleuse sociale et une infirmière surveillent les familles en difficulté en identifiant leurs problèmes sociaux et de santé, alors qu’une intervenante auprès des familles s’occupe des enfants. De mon côté, comme intervenant de proximité, je suis responsable des dossiers liés aux adultes, ainsi qu’aux logements, au soutien à l’information et à l’organisation des activités sociales et culturelles.

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Photo prise durant le gala de persévérance le 4 juin 2018. Crédit de photo : Elena Albina.
  • Le 4 juin dernier, j’ai été invitée à assister au gala de la persévérance des enfants qui ont fréquenté votre local. Les enfants avaient l’air très heureux d’avoir obtenu les certificats de persévérance et d’avoir présenté leur programme musical au public. Comment cette soirée est-elle liée à votre mission et quel est le rôle de vos partenaires?

L’intégration réussie des enfants immigrants est un des principaux axes de nos activités. Pour la réaliser, le local a établi des partenariats avec des organismes communautaires dont les intervenants se déplacent chez nous pour offrir leurs services éducatifs aux enfants du quartier. Par exemple, les bénévoles de Collège Frontière y offrent une aide aux devoirs deux fois par semaine.

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Les bénévoles du Collège Frontière avec les enfants du Centre local communautaire Claude-Martin. Photo de courtoisie du Centre local communautaire Claude-Martin.

YWCA y organise une fois par semaine un club de filles qui inclut des activités axées sur le développement du leadership, la prévention de l’itinérance des femmes et de leur exploitation sexuelle, le développement de leur autonomie alimentaire, et leur propose des sorties gratuites au théâtre et dans les bibliothèques de la ville.

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Agente de développement des programmes du Centre filles d’YWCA, Olivia Vu (quatrième à gauche dans une rangée centrale), ensemble avec les enfants du Centre local communautaire Claude-Martin. Crédit de photo : Elena Albina.

Notre troisième organisme partenaire, Jeunes musiciens du monde, y offre des cours de chant une fois par semaine.

Le gala auquel vous avez assisté a été organisé pour célébrer la fin de l’année scolaire et pour souligner les succès de notre collaboration avec nos partenaires.

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Jeunes musiciens du monde, ensemble avec les enfants du Centre local communautaire Claude-Martin. Photo de courtoisie du Centre local communautaire Claude-Martin.
  • Combien de familles immigrantes ont profité de vos services durant l’année scolaire et quelles activités ont été les plus réussies?

Durant l’année scolaire 2017-2018, entre 15 et 20 familles ont fait appel à nos services. Parmi les activités les plus réussies auxquelles les immigrants et les résidents locaux ont coopéré, il y a eu la Fête du quartier et la Semaine québécoise des rencontres interculturelles (SQRI) [cette dernière activité est l’initiative du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion qui se déroule dans plusieurs quartiers au Québec depuis quinze ans]. Les familles africaines ont contribué à la Fête du quartier en invitant des groupes musicaux ethniques et en préparant des plats traditionnels de leurs pays. Pour célébrer le bien-vivre collectif durant la SQRI, les immigrants et les résidents locaux ont dessiné ensemble le symbole de la communauté, un « mandala » sur une impression grand format, laquelle a été accrochée aux arbres devant notre local.

Malheureusement, la nuit après son installation, la pancarte a été détruite par le vent, comme si ce fait voulait symboliser ironiquement que le vivre-ensemble est une construction très fragile.

  • Sur quel projet travaillez-vous actuellement dans le but d’accomplir votre principale mission ?

Actuellement, pour améliorer la mixité sociale dans le quartier, notre équipe travaille sur le projet d’aménagement de la ruelle verte. Pour aménager un espace public derrière notre local, nous projetons de construire des bacs de plantation, dans lesquels tous les résidents du quartier pourront planter des arbustes et des plantes, et une placette publique. Le travail commun est censé briser l’isolement, rapprocher les gens de toutes les origines et augmenter leur engagement communautaire.

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Deux parties du symbole « mandala » accrochées aux arbres devant le Centre local communautaire Claude-Martin. Photos de courtoisie du Centre local communautaire Claude-Martin.
  • Quels sont les principaux obstacles qui vous empêchent de réaliser le bien-vivre ensemble?

La mixité sociale entre les résidents locaux et les immigrants ne se déroule pas toujours facilement dans le quartier. Par exemple, les résidents locaux évitent souvent d’assister aux activités culinaires organisées par les immigrants, et vice versa. Selon les données de notre sondage réalisé en 2017, parmi les 78 résidents du quartier, 29 % d’entre eux partagent une opinion plutôt négative sur la diversité culturelle. Les résidents locaux s’inquiètent principalement du fait que les familles immigrantes ne connaissent pas assez bien les habitudes, les valeurs et la culture québécoise. De plus, ils associent toutes sortes de stéréotypes aux nouveaux arrivants. Par exemple, l’insalubrité des logements infestés par les coquerelles et les punaises depuis deux ans dans le quartier est associée, dans la perception des gens, à l’arrivée des familles immigrantes qui ne suivent pas les règles d’hygiène de base. C’est vrai que les réfugiés qui ont habité plusieurs années dans les camps de réfugiés n’ont pas souvent les mêmes normes d’hygiène que les immigrants bien éduqués qui viennent de grands centres urbains. Mais le code de comportement, tout ça, on l’apprend, graduellement, en vivant dans de meilleures conditions, en côtoyant d’autres cultures, en participant aux projets communs par les études ou le travail. C’est à nous de les informer et de les référer pour qu’ils obtiennent les ressources dont ils ont besoin. C’est à la société d’accueil, d’essayer d’être plus ouverte aux autres cultures et à leurs modes de vie.

  • Quelle est la situation économique des immigrants du quartier et quels sont les obstacles à leur employabilité?

Sans vous donner de statistiques exactes, c’est une minorité des immigrants qui travaillent dans notre quartier, et ceux qui travaillent sont principalement les gens qui habitent à Québec depuis plusieurs années. Par contre, la plupart des nouveaux arrivants suivent les cours de francisation et vivent grâce aux prestations d’aide sociale.

Les obstacles à une intégration réussie proviennent à la fois de leur parcours de vie difficile, des particularités du quartier et du manque de ressources investies par le gouvernement dans les mesures de l’aide à l’intégration des personnes immigrantes. Les immigrants de notre quartier d’origines népalaise, birmane et africaine viennent principalement de camps de réfugiés. Après y avoir passé plusieurs années, ils restent souvent analphabètes dans leur propre langue. Ce n’est donc pas étonnant que l’apprentissage d’une langue si complexe que le français s’avère pour eux un vrai défi.  À cause de manque d’aisance linguistique, ils ne peuvent pas souvent de participer activement dans les projets de collaboration avec les résidents locaux du quartier. Idéalement, pour inclure plus activement les immigrants dans nos projets de collaboration, on aimerait bien recourir aux services des interprètes. Bien que la Capitale-Nationale offre des services d’interprétariat en plusieurs langues dans le réseau de la santé et des services sociaux, ses ressources ne sont pas suffisantes pour servir aux projets communautaires. 

Un autre obstacle à leur mobilité sociale est le manque de transport public dans le quartier. C’est pourquoi la plupart des entreprises qui se situent dans le parc industriel au nord du quartier Vanier restent inaccessibles pour les résidents les plus démunis. Depuis 2017, comme une illustration de ces difficultés, neuf des treize familles népalaises ont quitté le quartier Vanier et la province de Québec pour l’Ontario, ce qui représente une énorme perte pour nous.

Certes, l’insertion réussie des immigrants n’est pas facile : c’est un travail de longue haleine qui requiert beaucoup de patience, d’éducation et de volonté de la part de plusieurs acteurs publics et privés pour les aider à mieux s’intégrer. C’est pourquoi, en parlant avec vous, nous espérons sensibiliser davantage l’opinion publique à l’égard de cette problématique très pertinente pour notre société et trouver, en y réfléchissant ensemble, de meilleures solutions.

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Pourquoi ne peut-on pas parler de « race humaine » ?

Malgré ce qu’on peut entendre en politique ou dans les médias, le concept de « race » ne fonctionne pas lorsqu’il est appliqué à l’être humain. Pourquoi ?

La notion de « race » existe belle et bien chez les animaux, comme les chiens ou les chats. Ce terme s’emploie lorsqu’il y a une sélection et un croisement volontaire entre deux individus d’une espèce en vue d’entreprendre un élevage.

Élargir ce concept à l’être humain est donc impossible parce que la nature ne s’y adonne pas

Aucune base scientifique n’est en mesure d’appuyer l’idée de la « race » chez l’Homme. Tous les êtres humains possèdent un patrimoine d’environ 3 milliards de gènes. Ces derniers se mélangent et se combinent de façon différente d’une génération à l’autre, c’est-à-dire qu’il y a constamment de nouvelles associations génétiques. Les traits physiques, comme la couleur de la peau et la taille, ne représentent que des éléments négligeables qui peuvent, au plus, marquer le milieu d’origine de certains groupes porteurs de ces particularités. Ces traits seraient apparus il y a quelques dizaines de milliers d’années, ce qui constitue un phénomène très récent dans le domaine génétique.

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L’anthropologue Ashley Montagu est le premier à discréditer le concept des « races » en 1942. Selon lui, les divers groupes d’humains ne présentent pas de différence génétique entre eux, mais plutôt des différences sociales. Par exemple, Christian Coiffier, un ethnologue qui a travaillé avec les Papous de la Nouvelle-Guinée, raconte comment il y aurait « quatre types de blancs » d’après leur structure sociale : « Les gens comme eux, les blancs-roses comme les Australiens, les blancs-jaunes comme les Asiatiques, les blancs-blancs, comme les Européens et les blancs-noirs, comme les Afro-Américains ».

Plus tard, en 1972, Richard Lewontin appuie la thèse de Montagu, à la suite d’une expérience sur les protéines contenues dans le sang. Lewontin démontre que les variations observées relèvent surtout de différences individuelles au sein d’un même groupe ethnique. Il affirme ainsi qu’il y a 85% de fluctuation lorsqu’on compare des individus d’un même groupe, mais seulement 15% si l’on en confronte un avec les autres.

En somme, les différences génétiques ne sont pas assez considérables pour soutenir le concept des « races » humaines. Selon les théories les mieux fondées sur l’origine de l’Homme, tous les êtres humains viennent de l’Afrique. Nous appartenons tous, au final, à l’espèce de l’Homo sapiens.

Pour poursuivre la lecture :

https://www.20minutes.fr/sciences/1700111-20151001-race-blanche-non-sens-yeux-science

https://www.jim.fr/medecin/jimplus/e-docs/certaines_recherches_scientifiques_devraient_elles_rester_taboues__171440/document_jim_plus.phtml

https://www.nytimes.com/2018/03/23/opinion/sunday/genetics-race.html

https://fr.vikidia.org/wiki/Race

http://www.laviedesidees.fr/La-race-parlons-en.html