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Le Québec met en place un processus pour faciliter la reconnaissance des compétences des immigrants

Le Québec vient de lancer aujourd’hui une plateforme en ligne, Qualifications Québec, qui permet aux nouveaux et futurs immigrants de faciliter la reconnaissance des qualifications acquises hors de la province. 

Accessible gratuitement partout dans le monde, la plateforme accessible au www.qualificationsquebec.com a plusieurs objectifs :

  • Faciliter la reconnaissance des compétences par les établissements du réseau de l’éducation et de l’enseignement supérieur, les ordres professionnels et les autres organismes de réglementation;
  • Promouvoir des services de reconnaissance des compétences;
  • Proposer des formations et des outils d’intervention aux personnes engagées dans le domaine de la reconnaissance des compétences;
  • Mettre en place des équipes d’intervention, en concertation avec d’autres partenaires concernés, qui pourront proposer des solutions aux problèmes ponctuels pouvant se présenter dans la reconnaissance des compétences.

« Le site s’enrichira progressivement pour, à terme, présenter 500 métiers et professions, en français et en anglais, incluant les conditions d’exercice, les ressources disponibles dans les différentes régions de même qu’une quantité importante d’information utile sur le marché du travail au Québec, le système d’éducation et le système professionnel, entre autres » souligne le gouvernement du Québec.

Exemple ci-dessous pour lors d’une recherche pour un emploi d’ingénieur civil :

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Une aide précieuse pour les immigrants, puisqu’au travers de cette plateforme toutes les informations concernant une profession sont rassemblées ici, permettant au mieux de guider le nouvel arrivant et faciliter son intégration sur le marché du travail.

Qualifications Québec remplace Qualifications Montréal, dont le mandat a été élargi à l’ensemble de la province du Québec, et découle d’un investissement de 5 M$ sur 5 ans du gouvernement du Québec, dans son Plan économique du Québec 2017.

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40% des élèves secondaires handicapés sortent sans diplômes et sans qualifications

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a publié une étude systémique dans laquelle elle lance un cri d’alarme à l’ensemble du réseau social québécois, concernant principalement les élèves en situation d’handicap.

Les résultats montrent qu’il reste encore beaucoup de travail à faire dans l’organisation des services aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA).

« Les 200 000 élèves HDAA du Québec méritent nettement mieux que de quitter le secondaire, sans diplôme ni qualification pour 40 % d’entre eux, une situation qui ne s’est pas améliorée dans les 20 dernières années ».

L’étude dévoile les conditions de scolarisation des élèves HDAA dans l’ensemble du réseau préscolaire, primaire et secondaire public du Québec.

Depuis 20 ans, on constate une augmentation des élèves HDAA, dont la proportion a doublé dans le système scolaire québécois, puisque aujourd’hui 1 élève sur 5 est identifié comme HDAA.

« Au terme de notre analyse, nous constatons que d’importants changements sont nécessaires pour assurer le respect du droit à l’égalité des élèves HDAA, tel que garanti par la Charte des droits et libertés de la personne » a déclaré le président par intérim de la Commission, Philippe-André Tessier.

La Commission a recueilli et analysé les témoignages de près de 150 acteurs du réseau scolaire. Tous expriment un essoufflement généralisé du personnel des commissions face aux obligations qu’exigent les élèves HDAA. De même que les parents, qui doivent faire face aux difficultés et se sentent peu informés par le milieu scolaire.

La Commission réclame plus de moyen et souligne que l’impulsion doit partir du ministère et être portée à tous les niveaux de décision, jusqu’à l’enseignant dans sa classe.

22 recommandations sont émisses dans ce rapport.

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Les autistes : agresseurs violents ou victimes de violence ?

Il n’est pas nouveau de constater qu’encore une fois, l’autisme est associé à la violence. En effet, après la tuerie de l’école Sandy Hook par Adam Lanza, soupçonné de souffrir du syndrome d’Asperger, récemment, les médias nous informent qu’Alek Minassian, l’homme qui a renversé mortellement 10 individus à bord d’un camion-bélier à Toronto, serait atteint de ce syndrome. Toutefois, des études ont démontré que l’autisme n’a aucun lien avec la violence.

L’autisme et le syndrome d’Asperger

L’autisme, appelé généralement, le trouble du spectre de l’autisme (TSA), fait partie de l’ensemble des troubles neurologiques tel que défini dans le DSM-V.  À partir de 2013, le trouble du spectre de l’autisme remplace les troubles envahissants du développement.

Selon la Fédération Québécoise de l’Autisme (FQA), le TSA « se caractérise par des difficultés importantes dans deux domaines, soit la communication et les interactions sociales et les comportements, activités et intérêts restreints ou répétitifs. »

Le syndrome d’Asperger est, selon Autisme Montréal, « un trouble envahissant du développement à l’extrême du continuum autistique. »

Principalement, les domaines affectés par le syndrome d’Asperger sont l’interaction sociale, la communication ainsi que la perception cognitive. De plus, le syndrome d’Asperger peut quelquefois être lié à d’autres troubles tels que le déficit d’attention, l’obsession-compulsion et le trouble anxieux.

La violence dans l’autisme

Selon des éléments antérieurs à l’expérience, un individu autiste n’est pas un être violent.

Les autistes n’ont pas la même structure cérébrale ainsi que le fonctionnement neurologique en comparaison à la population normale. De même que la compréhension et le mode de pensée du monde ne sont pas pareils. Puis, en ce qui concerne la perception, elle n’est pas fausse, mais elle est tout simplement différente.

Également, les autistes ressentent le monde de différentes façons, bien souvent fortement. Ainsi, les émotions sont exprimées de manière directe sans réfléchir.

Le psychiatre auprès des personnes autistes de l’Université de Montréal (UdeM), Beaudoin Forgeot d’Arc affirme que « Dans l’ensemble, l’immense majorité des personnes autistes ne sont pas violentes et des crimes comme celui qui est arrivé à Toronto cette semaine leur semblent tout aussi bizarres et horribles qu’aux autres ». Ainsi, il ne faut pas généraliser, car tous les autistes ne sont pas violents.  

Précisément, les tueurs de masse traversent une phase d’isolement plus ou moins longue juste avant de commettre leur geste.

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Le Dr d’Arc ajoute que les personnes autistes sont même plus souvent des victimes d’abus ou d’autres facteurs de stress comme l’isolement social ou l’exclusion sociale. Il est vrai que quelques recherches insufflent une violence plus fréquente chez les autistes, mais elles sont contestées par d’autres.  

Encore, il se peut qu’une sous-population d’autistes soit surreprésentée chez les tueurs de masses, mais, même si c’est le cas, cela ne regarde qu’une partie ridiculement limitée des individus qui ont un trouble du spectre de l’autisme. Depuis longtemps, le lien entre l’autisme et la violence est étudié, et si l’on n’a pas encore découvert de preuve concluante que ce lien existe, cela doit signifier quelque chose.

L’Institut de santé mentale de Québec indique que d’autre part, la violence ne fait pas partie des éléments pour établir un diagnostic de TSA.

Le psychoéducateur et professeur agrégé à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, Marc Lanovaz met en évidence que les individus atteints d’un TSA, loin d’enfreindre les règles, ont plutôt tendance à les suivre littéralement, et sont bien plus souvent des victimes que des agresseurs.

En 2014, des études sont effectuées par des chercheurs écossais et suédois sur le portrait de 239 tueurs en série ou de masse. D’après leurs interprétations, 28 % d’entre eux seraient atteints d’un TSA « diagnostiqué, hautement probable ou possible ».

Tout de même, il faut faire attention en analysant ces résultats. Les chercheurs mentionnés ci-haut ne sous-entendent pas que l’autisme soit garant des tueries. Ils marquent que dans certaines situations, il est possible que certains problèmes neuro-développementaux puissent « interagir dans une dynamique complexe avec des facteurs psychosociaux pour produire ces événements tragiques ».

Cependant, ces conclusions s’avèrent exagérées pour le professeur Lanovaz, qui critique les chercheurs d’avoir fait des diagnostics « possibles » ou « probables » sans évaluation psychiatrique, uniquement par des témoignages rapportés dans les médias. 

Le professeur Lanovaz cite : « Quand quelqu’un commet un geste inexplicable, les gens cherchent une explication. Ils analysent les comportements et se rappellent que la personne avait un comportement bizarre… Ce n’est pas assez pour établir un diagnostic. »

Le Dr Rob Whitley du département de psychiatrie de l’Université McGill nous avertit contre la manie à percevoir de la maladie mentale à chaque fois qu’il y a un événement tragique qui se produit. Tel qu’il le dit en anglais : « bad does not equal mad ». Aussi, la présidente de la Fédération québécoise de l’autisme, Lili Plourde considère qu’actuellement, la pire chose à faire serait de voir les autistes comme des bombes ambulantes.

Elle ajoute que « Les personnes autistes ne sont pas dangereuses. Il ne faut pas se mettre à avoir peur de celles qui sont dans notre environnement. Déjà qu’elles sont victimes de stigmatisation et d’intimidation… Quand des choses comme ça arrivent, c’est toujours inquiétant de voir comment ça peut se traduire dans la communauté. »

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73% des Québécois pensent que la maitrise du français est une condition obligatoire pour demeurer au Québec

Un sondage dévoilé ce matin par le Mouvement national des Québécois et la Fondation Lionel-Groulx indique que près de trois Québécois sur quatre estiment que « la connaissance minimale du français devrait être une condition obligatoire pour demeurer au Québec ». 

Selon les résultats de ce sondage de la firme Léger, c’est 73% des Québécois interrogés qui sont d’accord avec cette idée. Un chiffre qui monte à 79% chez les francophones, qui baisse à 52% chez les non-francophones.

« Ce sont des chiffres qui sont impressionnants, alors que dans une société plurielle comme la nôtre, on aurait pu croire qu’il y aurait eu une plus grande diversité d’opinions sur ce sujet. Or, le message lancé par la population est extrêmement fort sur ce point » a souligné en conférence de presse ce matin le président du Mouvement national des Québécois, Étienne-Alexis Boucher.

Dans ce même sondage, 76% des personnes interrogées répondent que la francisation des immigrants est un « enjeu vital pour l’avenir du Québec ».

Enfin, 84% pensent que les cours de français pour les nouveaux arrivant devrait être obligatoires. Un chiffre qui monte à 91% chez les francophones.

Demande d’engagements de part des partis politiques 

À moins de six mois des élections, le Mouvement national des Québécois et la Fondation Lionel-Groulx demandent aujourd’hui aux partis politiques de prendre des engagements fermes en matière de francisation, et qu’ils soient inclus notamment dans les plateformes électorales.

« Le discours dominant qu’on entend très, très régulièrement, c’est de dire : la question de la langue française, ça n’intéresse plus vraiment les Québécois, c’est une question passéiste, ringarde. Et ce que le sondage nous dit, c’est exactement l’inverse, et avec des taux de réponse qui frisent parfois l’unanimité » a souligné Pierre Graveline, directeur général de la Fondation Lionel-Groulx.

 

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Walmart réintègre ses anciens employés ayant une déficience intellectuelle

Face à la pression populaire, Walmart Canada a finalement décidé aujourd’hui de réintégrer ses anciens employés ayant une déficience intellectuelle, et qui avaient été congédiés la semaine passée par la multinationale.

« L’ensemble des anciens participants du programme (cf Programme pour l’intégration des personnes atteintes de déficience intellectuelle) qui souhaitent revenir en succursale sous les mêmes conditions qui étaient offertes auparavant sont invités à la faire » a annoncé l’entreprise.

Ce ré-intégrement concerne toutes les succursales au Québec qui participaient au programme. Walmart Canada a également précisé être « toujours en discussion avec les agences locales pour identifier les meilleures solutions à chaque personne ».

Pour rappel, Walmart Canada avait décidé de congédier plus d’une soixantaine d’employés atteint d’une déficience intellectuelle la semaine passée, et avait provoqué de vives réactions de la part de personnalités publiques et politiques, comme le premier Ministre du Québec, Philippe Couillard.

Au déla de leur intégration professionnelle, tout un débat avait ensuite vu le jour concernant la rémunération, puisque ces employés là sont payés seulement 6$ par journée de travail, pour ne pas dépasser un 100$ mensuel, car au-déla de cette somme cela les privent d’aides et de services sociaux en autre.

Nous avions parlé avec Laurence Parent, doctorante sur la question du handicap et de la mobilité, qui nous avez apporté son éclairage sur cette question.

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L’inclusion des personnes handicapées doit être la préoccupation de la société

La décision de Walmart Canada de congédier ses employés atteints de déficience intellectuelle, a fait réagir bon nombre de personne dont la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse qui souhaite par ce débat sensibiliser la société, et notamment les employeurs, à l’importance de l’intégration en emploi des personnes handicapées.

Depuis décembre 2005, les personnes ayant un handicap font parties des cinq groupes victimes de discrimination visés par la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans les organismes publics.

Parmi les quelques 330 organismes soumis à cette Loi, la Commission estime qu’il faudrait tripler la présence des personnes handicapées dans les effectifs de ces organismes pour respecter la Loi, selon les données que la Commission a recueilli dans un rapport de 2013 à 2016.

Le Président de la Commission, Philippe-André Tessier a rappelé par voie de communiqué que « Les personnes handicapées sont actuellement sous-représentées sur le marché du travail alors que la pénurie de main-d’œuvre devrait pourtant être un incitatif à la mise en place de mesures et d’accommodements leur permettant d’occuper des emplois et de participer à la vie économique et sociale ».

La Commission réclame également que cette Loi s’applique aussi dans les entreprises du secteur privé, comme Walmart par exemple. « L’impact de la décision de Walmart nous rappelle que l’entreprise privée a un rôle à jouer pour l’inclusion en emploi des personnes handicapées » a conclu Mr.Tessier.

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Crédit : Laurence Parent

Nous avons parlé avec Laurence Parent, elle est Doctorante à l’Université Concordia en études sur le handicap et la mobilité. Elle tient à rappeler tout d’abord que Walmart prétend aujourd’hui n’avoir jamais voulu congédier ses employés mais plutôt souhaiter leur offrir un emploi à part entière.

« J’ai du mal à croire que Walmart avait réellement ces intentions là au départ. La compagnie s’est d’abord justifiée en disant qu’elle avait pris une décision difficile. Cette histoire ne tient pas ».

Nous lui avons ensuite demandé qu’elle a était sa réaction lorsqu’elle a appris la nouvelle?

« Je ne suis malheureusement pas tombée en bas de ma chaise contrairement à plusieurs personnes. Les personnes handicapées rencontrent de nombreux obstacles sur le marché du travail. Les personnes ayant une déficience intellectuelle sont souvent perçues comme étant incapables de travailler. Quand elles travaillent, leur travail est souvent dévalorisé. Il faut savoir que ces personnes travaillant chez Walmart étaient payées 6$ par jour. Si elles gagnent plus que 100$ par mois, leur allocation de solidarité sociale est coupée. Est-ce acceptable? À voir les réactions qui ont fusées de toutes parts contre la décision de Walmart, il semble y avoir un consensus au Québec : un géant américain ne peut pas congédier des personnes avec une déficience intellectuelle sans explication. Encore moins à la veille de Pâques. »

Au-delà de cette nouvelle, il y a derrière une question beaucoup plus vaste à aborder, celle de l’intégration des personnes avec un handicap sur le marché du travail, comme le rappelle la Commission et Laurence.

« Maintenant, pouvons-nous aborder la question de l’emploi des personnes handicapées dans son ensemble? Est-ce que la société québécoise est prête à mettre en place les mesures nécessaires pour lutter contre la discrimination qu’elles rencontrent sur le marché du travail? Seulement 39% d’entre elles occupent un emploi comparativement à 72% des personnes dites sans incapacité. Il n’y a pas que Walmart qui a des devoirs à faire. Selon le dernier bilan triennal de la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi, seulement le tiers des objectifs en matière de représentation de personnes handicapés au sein d’organismes publics ont été atteints. Les entreprises privées n’ont aucun objectif à atteindre. J’espère que cette histoire nous permettra d’aller plus loin. Sinon nous n’aurons pas avancé. »