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Le Maroc sera à l’honneur lors du festival Orientalys

Pour cette huitième édition du Festival Orientalys, c’est le Maroc qui sera le pays à l’honneur, du 2 au 5 août prochain sur le Quai de l’Horloge du Vieux-Port de Montréal. 

Où comment célébrer et mettre en avant les arts et la culture de l’Orient grâce des spectacles, activités, ateliers et dégustations.

On pourra découvrir les modes algérienne et thaïlandaise, s’initier à des danses comme le kathak et le baladi, assister à un mariage libanais ou encore découvrir des bijoux et de l’artisanat traditionnel.

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Plusieurs scènes, plusieurs artistes, plusieurs activités, encore une fois une programmation très riche et un festival gratuit.

L’occasion de découvrir des artistes du Maroc, d’Algérie, de Syrie, d’Inde, de Colombie ou encore d’Italie ! Bref, un rendez-vous à ne surtout pas manquer. La programmation complète est disponible sur le site de l’événement : http://www.festivalorientalys.com

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La petite fille au rêve hollywoodien

Inspiré par une jeune serveuse ukrainienne rencontrée dans un restaurant aux États-Unis, Najib Redouane raconte sans filtre le récit de Tina qui pourrait se prêter à bien des histoires d’immigrants, des histoires d’oubliés.  

L’auteur américano-canadien d’origine marocaine nous plonge dans une Amérique submergée par la crise économique de 2008 et presque remise des attentats du 11 septembre où Tina, une jeune ukrainienne, tente de se frayer un chemin vers son rêve : devenir actrice. Elle souhaite célébrité et argent dans un pays où tout est possible. Éprise d’un jeune américain, Tina quitte sa terre natale et sa famille pour immigrer à Los Angeles, aux États-Unis.

Innocence et naïveté l’amèneront vers une route cahoteuse où elle devra faire preuve de résilience et combattre les injustices. Elle comprendra rapidement que la jungle californienne est remplie de désespoir et de désillusions.

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À travers une écriture riche et poétique, l’auteur réussit à transmettre la solitude et le désarroi qui envahissent la jeune ukrainienne. Cependant, l’aspect répétitif de la souffrance et l’isolement de Tina peut éventuellement agacer le lecteur. Dès son arrivée à Los Angeles, elle découvre un monde de surconsommation où se côtoient inégalités sociales, intolérance et racisme. C’est au sein de la famille de son mari qu’elle subit les premiers commentaires racistes et les regards désapprobateurs. Peu à peu, ses expériences de travail, ses échecs amoureux et les humiliations transformeront radicalement la jeune femme et révèleront son côté sombre.

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Outre le récit de Tina, l’écrivain illustre une époque brisée par les conflits tant en Ukraine qu’aux États-Unis ou au Moyen-Orient. Bien que nous soyons peu familiers avec l’histoire de l’Ukraine, de simples explications concernant la Révolution orange ou la crise parlementaire permettent de comprendre pourquoi la famille de Tina semble terrorisée. D’ailleurs, ce climat de terreur subsiste tout au long du roman et cette terreur mène inévitablement à la haine de l’Autre, une attitude qui perdure dans le temps.

Après À l’ombre de l’eucalyptus (2014), L’année de tous les apprentissages (2015) et Le legs du père (2016), Najib Redouane se penche sur la difficulté d’intégration pour un immigrant et dévoile l’envers du rêve américain. Ce cinquième roman explore les comportements les plus sombres de l’humain jusqu’à frôler la perversion et nous amène à réfléchir sur le sort que l’on réserve aux immigrants.

 

Entrevue, Portrait

Pourquoi j’ai quitté Montréal pour m’installer en région avec ma famille

Meilleure qualité de vie, opportunités professionnelles ou environnement sécuritaire sont autant d’attraits qui poussent de plus en plus d’immigrants à se diriger vers les régions du Québec, en grande pénurie de main d’oeuvre ces derniers mois. Mohammed Hicham Louridi, originaire du Maroc, est l’un d’entre eux. Il a quitté Montréal en 2016 avec femme et enfants direction Saint-Georges de Beauce, dans la région de Chaudière-Appalaches.

Au Québec, plus de 1,3 million d’emplois seront à pourvoir d’ici 10 ans, dont plus d’un million en région, à l’extérieur de Montréal.

Face à cette situation de pénurie de main d’oeuvre, les entreprises se tournent de plus en plus vers l’immigration. On estime que plus de 20 % de ces postes pourraient être comblés par des personnes issues de l’immigration.

Le Ministère de l’Immigration réalise en ce moment une grande campagne « Ensemble, nous sommes le Québec », en vue de favoriser l’immigration en région au Québec.

Hicham a fait partie de cette campagne de promotion.

Arrivés en mars 2015 au Québec avec sa femme et ses deux enfants, ils sont en possession de la résidente permanente qu’ils ont obtenu après 5 ans d’attente au Maroc.

Installés à Montréal pendant une année, rapidement le quotidien devient stressant et le manque d’opportunités professionnelles et de contrats se fait sentir.

« J’ai eu beaucoup de difficultés à Montréal, je n’ai pas réussi à trouver de travail, malgré les nombreux CV que j’envoyais aux grandes entreprises, je n’avais jamais de réponse ».

Professeur en électronique pendant plus de 15 ans au Maroc, Hicham rencontre des obstacles lorsqu’il souhaite enseigner ou faire un stage, puisqu’il devrait au préalable refaire son diplôme.

Il décide alors de se rapprocher d’un organisme qui aide à la recherche emploi, où il suit une formation de trois mois, qui va lui permettre de se rendre en Beauce, sélectionné lors de l’événement « La Beauce embauche », organisé par l’organisme.

Plan B : en région 

Après avoir visité la région et passé des entrevues, une opportunité professionnelle se présente à lui, qu’il accepte sans hésitation. Obligé de revenir quelques mois à Montréal, pour ne pas avoir pu céder le bail, finalement il retrouvera un emploi à Saint-Georges de Beauce par la suite.

A 50 ans il travaille aujourd’hui comme opérateur de production sur des machines à outils numériques chez Tactic.

« Moi et ma femme, on étaient déterminés, on avait un objectif »

Leur intégration et installation s’est extrêmement bien passée, les gens ont été très accueillants avec la nouvelle famille, et aucun acte de racisme ne s’est encore manifesté.

Même chose pour leurs deux enfants qui se sont vite intégrés, forts d’avoir appris le français lors d’écoles d’été à Montréal.

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Hicham et sa famille

 

Conseils pour futurs immigrants

Il conseille pour les futurs immigrants de bien se renseigner avant de partir, mais surtout d’aller visiter en personne avant de prendre une décision.

« Le seul conseil que je peux donner, surtout aux personnes avec des enfants, c’est d’aller en région, dans n’importe quelle région » explique t-il.

Enfin de ne pas oublier de consacrer beaucoup d’efforts et de temps à la recherche d’emploi et de se rapprocher d’organismes qui oeuvrent dans la régionalisation ou l’aide en recherche d’emploi.

L’avenir continue de se dessiner pour eux à Saint-Georges de Beauce, où leurs enfants pourront aller prochainement à l’université dans la région.

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Hommage à la littérature marocaine nationale

C’est sous la bannière « la culture plurielle au service du vivre ensemble » que s’est tenue la première édition du Salon du livre et de la littérature marocaine au Centre culturel marocain Dar Al Maghrib à Montréal du 17 au 28 avril. 

Organisé en partenariat avec le Ministère de la Culture et de la Communication du Maroc, l’Union Professionnelle des éditeurs du Maroc et E-Passerelle, ce nouveau salon est une occasion pour le grand public de s’immerger dans la culture marocaine et de découvrir des auteurs d’ailleurs.

Que ce soit Kamal Benkirane, Tahar Ben Jelloun, Yasmine Chami, Najib Redouane ou encore Driss Chaibi, plus de 1 000 titres d’auteurs étaient à portée de main pour les visiteurs. De plus, la présence d’écrivains tels que Rachida Azdouz, Driss Jaydane ou Najib Redouane ont permis de promouvoir la littérature marocaine nationale au Canada.   

À la découverte du Maroc

Par l’entremise de conférences ou de tables rondes animées par des intellectuels marocains et canadiens, plusieurs questions ont été abordées comme la gestion de la diversité au Maroc, le rôle des intellectuels dans la promotion du vivre ensemble et le dialogue interculturel. Dans la conférence portant sur le constitutionnalisme marocain, l’histoire du Maroc, racontée par le politologue Ismail Harakat, donne lieu à de nombreux questionnements notamment à savoir si le vivre ensemble est le même au Québec et au Maroc. Pour le politologue, « c’est une partie intégrante du Québec qui se retrouve à tous les échelons de notre vie ». Au Maroc, le vivre ensemble est un terme nouveau pour les marocains qui ont vu leur pays se transformer radicalement, passant d’une terre d’émigration à une terre d’immigration.

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Centre culturel marocain, crédit : Emma Jaquet

La culture a aussi été évoquée comme étant la solution contre l’obscurantisme et la xénophobie.

En effet, la culture tient un rôle fondamental dans la diffusion des valeurs de tolérance et de dialogue. Un meilleur encadrement des nouvelles générations permettrait de respecter davantage les principes fondamentaux.

Rencontre entre deux cultures

Alors que le Maroc était l’invité d’honneur du Salon international du livre de Québec, les voix maghrébines semblent ignorées des critiques littéraires.

Selon Najib Redouane, écrivain américano-canadien d’origine marocaine, on doit connaître la culture d’ailleurs et la critique doit être plus large. Dans un communiqué émis par le Ministère de la culture et de la communication du Maroc, « La présence du Maroc, en tant qu’invité d’honneur, au Salon international du livre de Québec, concrétise le dialogue […] entre la culture marocaine […] et la géographie culturelle canadienne diversifiée ».

Les divers événements mettant en vedette le Maroc sont l’occasion d’échanger sur deux cultures et de créer un pont entre la littérature marocaine et canadienne.

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Crédit : Emma Jaquet

À travers ces activités, le Salon du livre et de la littérature marocaine a démontré sans l’ombre d’un doute que la littérature, peu importe sa forme, illustre la résilience et la résistance face aux injustices, en témoigne la conférence de Najib Redouane : « L’écriture est salvatrice. Si je n’avais pas ça, j’aurais perdu la raison ».