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Le multi-talentueux Idris Elba

Récemment, on m’a demandé ce que je pensais de la télévision québécoise. J’ai réfléchi un bon moment avant de pouvoir donner ma réponse. Ce que je trouve dommage c’est qu’en 2018 nous parlons encore de ce sujet.

La diversité à l’écran dans notre télévision québécoise et dans les longs métrages est essentielle.

Je suis une personne qui aime partager de la musique, des films et des séries télévisées.   En effectuant une recherche sur le multi-talentueux comédien Idris Elba, ce que l’on remarque c’est qu’il est un artiste qui se permet de toucher à tout. On constate que son parcours est vraiment génial.

Portrait d’un artiste aux multiples talents

Idris Elba a grandi à East Ham dans un quartier de Londres. Très tôt, il découvre qu’il aime jouer de la musique et il commence petit à petit ses débuts dans une école de théâtre. Il fait ses premières apparitions en télévision dans de nombreuses séries. On le reconnaît surtout pour l’un de ses rôles marquant dans la série The Wire, il incarnait alors le personnage de Russell « Stringer » Bell. 

Luther

Un rôle qui brise le cercle des stéréotypes

J’avais entendu plusieurs choses sur l’émission dramatique Luther en regardant cette série créée par Neil Cross et le mettant dans le rôle principal de l’inspecteur John Luther.

On remarque dès le premier épisode qu’il interprète avec intelligence cet homme troublé par ses problèmes personnels et son travail. En regardant les quatre saisons on s’attache à ce personnage. Le comédien vient de nous confirmer cela en y mettant un petit aperçu sur les réseaux sociaux.

Créateur, DJ, réalisateur

Cette année, Skype One diffuse l’émission In the long run qu’il a créé. En effet, il a écrit cette série tirée de sa vie personnelle. 

https://www.youtube.com/watch?v=E5NMmn8KyzE

Il est aussi un disc-jockey depuis plusieurs années, entre les tournages il prend du plaisir à faire danser les gens un peu partout à travers le monde.

Il a réalisé Yardie, tiré du livre de Victor Headley. 

yardie poster design by Empire Design

Un discours sur la diversité à l’écran 

Il y à deux ans il a prononcé un discours sur la diversité dans les médias et les films. Ce qu’il expliquait est très intéressant et important. Je vous recommande de l’écouter. 

https://www.youtube.com/watch?v=y-WQ6qORAZ4

Il est un artiste qui montre que tout est possible et qu’il ne faut pas se limiter à une seule chose.

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« Sorry to Bother You » et Ray Blk : deux immanquables cet été

Cet été, de nombreux films arrivent sur nos grands écrans et ils sont de plus en plus des remakes ou encore des adaptations de bandes dessinées. Voici deux immanquables, un film et une rappeuse à ne surtout pas manquer !

Tout d’abord, je vous recommande d’aller voir ce film : Sorry to Bother You. 

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Le réalisateur : activiste, rappeur, premier film

Étant une cinéphile je me suis tout de suite mise à la recherche du nom de ce réalisateur, ne connaissant rien à son sujet. Boots Riley, de son vrai nom Raymond Lawrence, faisait parti du groupe The Coup en tant que rappeur, avant qu’il ne devienne réalisateur.

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Boots Riley

Synopsis

Le film relate les tribulations d’un jeune homme qui se nomme Cassisus Green (Lakeith Standfield) demeurant avec sa copine dans un garage dans la maison de son oncle. Il obtient un nouvel emploi dans un centre d’appel et découvre une quelque chose d’étonnant avec l’aide de l’un de ses collègues, Langston (Danny Glover), afin de pouvoir avoir des clients. Il doit parler en prenant la « voix blanche ». En montant de plus en plus au sein de cette entreprise, il va découvrir qu’il y a un secret qui se cache.

Ambitieux, original et surprenant  

Ce film est original et pousse la créativité car l’on retrouve des personnages qui ne jouent pas des stéréotypes, ce qui fait du bien. L’histoire est très compréhensible, et porte même à se questionner. On embraque tout au long dans l’univers dans ce personnage et on en ressort pour ma part étonnée et triste. Le réalisateur et son comédien principal collaborent sur l’une des chansons du film avec son groupe The Coup. (The Coup – OYAHYTT (feat. Lakeith Stanfield) From Sorry To Bother You)

En voici la bande annonce.

La distribution est impeccable : Lakeith Standfield, Tessa Thompson, Armie Hammer, pour en nommer que quelques-uns.  

Présentement à l’affiche.

Ray Blk : chanteuse et rappeuse à découvrir !

L’an dernier j’ai fait la découverte de cette jeune chanteuse et rappeuse. Elle est originaire de Londres.

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Ray Blk

Elle a une voix qu’on retient. Sa musique est R&B et Soul. Ses textes sont remplis de messages sur les tribulations sociales. L’année dernière elle a lancé son Ep : Durt.

Je l’ai découverte notamment avec sa chanson Patience (Freestyle). On ne peut que vouloir en entendre plus !

Ray Blk – Patience (Freestyle)

Actualités, Entrevue

« N’aie pas peur, OSE ! » : Entrevue avec les fondatrices du Salon International de la femme noire

Samedi 02 juin prochain se tiendra à la Place Bonaventure la première édition du Salon International de la femme noire, qui offrira une large gamme d’activités placées sous le rassemblement, de l’intégration et la bonne humeur. À la tête de cet évènement 5 femmes inspirées et inspirantes.

Le salon veut mettre de l’avant les femmes noires et métissées qui ont participé aux changements de la société et montrer que l’on a besoin de ces femmes là plus que jamais aujourd’hui. Entourer la réussite est également une des missions du Salon, dont le slogan est « N’aie pas peur, OSE ! ».

L’idée est venue de Dorothy Rhau en 2016, lors d’une frustration de la sous-réprésentation au niveau des produits en se rendant à un Jean Coutu à Rivière-des-Prairies. « Je trouvais ça inconcevable que l’on ne retrouve pas nos produits, alors que chaque jour on va à Jean Coutu » raconte-elle.

« Combien de femmes brillent encore dans l’ombre »

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Les organisatrices

Toutes les cinq ont un parcours différent mais les mêmes objectifs au travers de cet événement qui au-delà d’être un salon, se veut être « un mouvement féministe, paritaire et inclusif ».

  • Joeline Jean-Claude, formation en biologie et en enseignement, elle est aussi directrice de l’entreprise de cosmétiques Mary Kay. « Permettre aux jeunes filles d’avoir une vision plus élargie de l’avenir, et se dire qu »il y a de place pour elles dans la société ».
  • Lovely Fleurmé, notaire de formation en immobilier et droit de la personne. « Le but du salon : faire connaitre l’histoire de la femme au peuple, on veut montrer qu’on a une belle communauté et souligner que le parcours des entrepreneurs noires est différent »
  • Catherine Kamtchueng, biologiste de formation et dans le domaine pharmaceutique. « Je trouve qu’avec l’histoire que j’ai, et le background, je n’ai pas le droit de rester là et de rien faire ».
  • Dorothy Rhau, bagage en Ressources Humaines et humoriste. « Il ne faut pas oublier que les femmes racisées, vivent un autre complexe, le racisme ou les discriminations ».
  • Christelle Mokoko, formation en finances, fondatrice des ateliers Place aux femmes. « Donner un petit peu plus de place aux femmes, qui sont déjà brimées parce qu’elles sont femmes ».

Au Québec en 2011, 1 personne sur 10 étaient issue d’une minorité visible, dont la population noire représentait le plus grand nombre. Parmi eux, 52,1% sont des femmes.

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Des quotas de la diversité pour l’équité ?

Mise en pratique aux États-Unis et en France sous forme de discrimination positive, les quotas de la diversité sont basés sur le même principes que les quotas paritaires hommes/femmes, mais qu’en pensent-elles ?

« On y sera obligé à un moment donné, pour que la société comprenne qu’il y a des personnes de différentes origines et qu’ils font les mêmes études et qu’ils ont le même cerveau que les autres » souligne Catherine.

« Je ne suis pas d’accord avec les quotas, parce que je pense que l’on embauche la compétence, pas la couleur » explique elle Christelle.

Représentativité et place des Femmes noires

Toutes s’accordent à dire que la représentativité des femmes noires dans les médias ou la société restent encore très marginales et souvent stéréotypée.

« Beaucoup de femmes ont des histoires à raconter, comment elles ont commencé leurs business notamment. Je veux que l’histoire soit racontée au travers de mes yeux, et non pas que quelqu’un d’autre la raconte comme bon lui semble », déclare Joanie.

« On veut laisser aux générations suivantes des modèles » renchérit Dorothy.

Les discriminations, le racisme, ou encore le profilage racial sont encore bien présents dans notre société, bien souvent ce que l’on appelle des micro-agressions.

Dorothy nous explique comment cela se traduit : « Quand tu arrives quelque part on te regarde sans arrêt, les gens tirent leurs sacoches, quand tu arrives on traverse le trottoir, quand tu arrives dans un quartier, tu es suspect… »

Souvent ces micro-agressions sont verbales également : « Tu es belle pour une noire », « Tu t’exprimes bien pour une noire », « tu parles bien français pour une noire ».

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Au programme du salon : conférences, exposants, discutions, rencontres, ateliers, dégustation, ou encore performances artistiques.

L’événement est ouvert à toutes et tous en permettant de comprendre et de rencontrer des femmes afro-québécoises et afro-canadiennes.

Les billets sont disponibles ici : https://internationalblackwomenexpo.tix123.com

Portrait

Portrait de Marie-Vincent Katshingu : Fondatrice d’Admirable Cosmetics

Rencontre avec une femme passionnée

Lors d’une séance photo j’ai fait la rencontre de Marie-Vincent Katshingu, la fondatrice de la gamme Admirable Cosmetics, cette mère de famille a décidé de lancer son entreprise après avoir obtenu son Bac en mathématiques avec une spécialisation en actuariat à l’Université de Montréal en 2003.  Étant passionnée par le maquillage elle change de métier pour se concentrer sur ce qu’elle exalte : « J’ai toujours porté du maquillage et aimé maquiller les autres mais, je n’avais pas encore découvert que j’avais la capacité ou la passion du maquillage, mais maintenant je sais que c’est ce que je veux faire et que je vais suivre. »

Marie-Vincent Katshingu et Jean Pascal
Marie-Vincent Katshingu et Jean Pascal

Motivation : Créer sa marque

Le changement est survenu lorsqu’elle a été insatisfaite d’une gamme qu’elle n’arrive pas à trouver sur le marché, elle préfère alors créer sa propre marque afin de pouvoir satisfaire ses besoins et des besoins des femmes noires qui l’entoure. Elle va suivre des cours de maquillage afin de pouvoir connaître ce qu’elle veut comme produit.

Également, elle apprend à faire la pose de cils, mais elle se spécialise comme elle l’indique sur le visage : « J’ai commencé à chercher un laboratoire avec lequel on a pu commencer à écrire des formules pour le rouge à lèvre, font de teint et tout le reste qui est sur notre gamme qui correspond aux besoins des femmes noires. » Elle lance alors sa gamme Admirable Cosmetics l’an dernier.

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Son inspiration

Ce qui l’a motivé à faire ce changement et devenir entrepreneur ce sont ses enfants. Mère de trois enfants dont deux filles, elle veut faire comprendre à ses enfants que tout est possible et qu’ils peuvent être leur propre patron dans ce qui les passionne : « Je voulais qu’elles puissent me regarder et dire qu’elles sont fières de leur mère, mais aussi inspirées par elle. » Elle voulait suivre son rêve.

Presentation du maquillage
Crédit Photo : Ismaël Coly

Soirée de lancement

Le 5 mai, elle a fait une soirée de lancement. Il y avait beaucoup de personnes présentes pour l’occasion. Il y a eu un défilé, une séance de maquillage, présentation de ses produits et un invité surprise : Jean Pascal.

Défilé de Mode
Crédit Photo : Ismaël Coly

Le milieu du maquillage : difficile de trouver sa place

Sachant que ce milieu est une compétition, elle comprend qu’il est dur de trouver sa place. « Je viens de créer mon produit selon la technologie d’aujourd’hui et selon les besoins de la femme noire, nos produits ont été créés à prime abord pour la femme noire pour répondre au besoin de la peau, de la pigmentation de la femme noire. »  

Mannequin Zoha
Crédit Photo : Ivan Jodonowksy – Styliste : Naomie Souffrant –       
Mannequin : Zoha

Ses produits sont pour toutes les peaux, pâle, foncée, peau grasse, peau sèche… Elle précise que sa gamme permet de satisfaire celles qui ont tendance à vouloir bien paraître sur leur photo. Effectivement, elle a fait de nombreux essais que ce soit durant des séances photos, ou plateaux de télévision.

Elle est une femme passionnée, elle a un talent, elle est aimable et sa gamme se vend à des prix raisonnables. On souhaite du succès à Admirable Cosmetics !

Ika de Jong
Crédit Photo :  Ismaël Coly – Artiste : Ika de Jong
Portrait

Être une jeune immigrante diplômée au Québec

D’origine nigérienne, Habsouta quitte en 2013 la capitale, Niamey, où elle a grandi pour venir faire ses études universitaires au Québec. Elle a 18 ans. Quatre ans plus tard à seulement 22 ans, un diplôme d’Ingénieur en poche, elle décide de s’y établir professionnellement. 

Habsouta est maintenant une jeune femme active qui n’a qu’une idée : rencontrer des situations diverses et acquérir de l’expérience. Pour elle, être une femme noire n’est pas une double fatalité, il faut se battre pour s’accomplir. Ce message, elle souhaite que toute la diaspora africaine s’en imprègne. C’est pourquoi aujourd’hui elle souhaite s’ouvrir sur sa propre expérience qui, elle l’espère, fortifiera les ambitions des jeunes diplômé(e)s ou futurs diplômé(e)s africain(e)s au Québec. 

Média D : Habsouta, tu es née au Niger et tu y as passé tes premières 18 années. Peux-tu nous en dire un peu plus sur le chemin que tu as parcouru depuis l’obtention de ton DEC (équivalent au baccalauréat en France et au Niger) jusqu’ici? 

Habsouta : résumer 5 années en une réponse n’est pas très facile (rires) mais je vais tâcher d’abréger. Je suis arrivée au Québec en septembre 2013, pour entamer un Baccalauréat en Génie Chimique (B.Ing) à l’Université Laval. C’était la première fois que je venais au Canada. Ma première année universitaire était plutôt une année d’adaptation à un nouvel environnement, un autre mode de vie. Durant ma deuxième année, j’ai vite réalisé que l’expérience professionnelle était importante, alors pendant l’été, je me suis trouvé un job étudiant. Ensuite, au cours de ma troisième année, j’ai fait un stage de recherche à l’Université, puis j’ai travaillé durant une session en tant qu’auxiliaire de recherche. Par la suite, j’ai été employée au service de placement de l’Université. En parallèle, j’ai été Vice-présidente pour l’organisation d’un colloque sur l’insertion professionnelle et l’entrepreneuriat de la jeunesse africaine qui regroupait plusieurs universités. 

Enfin, à ma 4e année, j’ai gradué à la cérémonie de remise de jonc qui est la cérémonie de prestation de serment à l’ordre des ingénieurs. C’est en septembre 2017 que j’ai trouvé un emploi en accord avec mon diplôme, 4 ans après mon arrivée au Québec.

Média D : les études scientifiques ont toujours été une évidence pour toi, qu’est ce qui t’attire autant dans les sciences ? 

« Mon environnement familial m’a également influencé, car j’ai grandi dans une famille de scientifiques » 

Habsouta : disons que j’aime la logique derrière les sciences. Je suis attirée par les choses concrètes et je préfère simplement résoudre une équation qu’écrire une dissertation. Mon environnement familial m’a également influencé, car j’ai grandi dans une famille de scientifiques. Mon père est ingénieur nucléaire, mon frère aîné est ingénieur pétrolier et ma mère a fait des études en électrotechnique. 

Média D : en tant que femme noire et musulmane quels ont été les défis auxquels tu as dû faire face durant tes études ? Ta recherche d’emploi ? 

Habsouta : les difficultés liées aux études n’étaient pas nombreuses. À l’université, il y avait des étudiants qui venaient de divers horizons. De plus, il y avait très peu d’étudiants dans mon programme d’étude ce qui rendait les professeurs très disponibles. 

« La vraie difficulté, c’est dans le monde professionnel » 

La vraie difficulté, c’est dans le monde professionnel. Qu’il s’agisse d’un stage ou d’un travail, c’est désolant, mais être noire et porter un voile peut te disqualifier lors d’une entrevue. 

« C’est désolant, mais être noire et porter un voile peut te disqualifier lors d’une entrevue » 

Pourtant, ma couleur de peau ou mon voile ne font pas de moi une employée moins compétente. Heureusement qu’il y a des entreprises qui ne partagent pas ces préjugés, c’est pourquoi une femme comme moi peut quand même avoir un stage ou un travail au Québec. 

Média D : quels conseils donnes-tu aux jeunes lycéens qui veulent faire leurs études supérieures au Québec ? 

Habsouta : mon premier conseil ce serait de s’y prendre à l’avance. Les échéances pour déposer les demandes d’admission se présentent plus tôt qu’on ne le pense. Par exemple, pour la rentrée d’automne en septembre, il faut faire sa demande d’admission durant les mois de janvier ou février au plus tard. Il en est de même pour les documents d’immigration, il faut s’y prendre tôt. Mon deuxième conseil est de bien choisir son programme d’études et de se renseigner sur les prérequis nécessaires pour étudier dans le programme choisi. 

Média D : les attentes, que tu avais par rapport aux études au Québec, ont-elles été atteintes ? 

Habsouta : oui, avant de venir j’avais déjà une idée de la qualité des études au Québec. J’ai beaucoup appris et j’ai hérité d’une méthodologie de travail que je développerai avec l’expérience. Je suis contente d’avoir choisi d’étudier ici et si c’était à refaire, je le referai. 

Média D : selon toi qu’est-ce que la diaspora nigérienne peut apporter de plus au Québec ? 

« La majorité de la diaspora nigérienne est très jeune et estudiantine ce qui en fait une communauté érudite » 

Habsouta : tout comme le Québec, le Niger est francophone. Donc les immigrants nigériens n’ont pas à apprendre le français et peuvent directement mettre à profit leurs capacités. La majorité de la diaspora nigérienne est très jeune et estudiantine ce qui en fait une communauté érudite. Sans oublier qu’ils apportent avec eux, tout comme la diaspora africaine en général, divers folklores qui donnent de nouvelles nuances à la société québécoise. Quoi de plus ennuyeux qu’une société dans laquelle tout le monde se ressemble ? (rires) 

C’est sur cette belle note de fin que se termine cette interview. Cependant, je souhaite ajouter une dernière note adressée à tous les jeunes immigrants comme Habsouta et comme moi : portez fièrement votre identité, car quand on sait d’où l’on vient, on sait plus facilement où l’on va. 

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« Black Cop » : bientôt au cinéma

La vedette de Trailer Park Boys, Cory Bowles, passe d’acteur à auteur. « Ce n’est pas facile d’être un policier noir. Votre communauté ne vous fait pas confiance, vos collègues sont prudents autour de vous et tout le monde assume que vous détestez N.W.A. ». Un film à voir absolument le 1er juin au cinéma Cinéplex.

Cory Bowles, la majorité des personnes le connaisse pour son rôle de Cory dans la série Trailer Park Boys, avec son personnage toujours plus idiot et gaffeur à chaque épisode. Ce personnage est loin d’être une représentation de sa personnalité. On sait qu’il est capable de jouer, mais qui savait qu’il avait les étoffes d’un auteur réalisateur.

En effet, l’acteur de 44 ans né à Montréal, mais élevé en Nouvelle-Écosse, travaille depuis un bon moment sur son film à micro budget Black Cop. Inspiré des tensions raciales et des accidents où des policiers blancs ont abattu des civils noirs non armés, il nous arrive avec une satire psychodramatique politique de 90 minutes tournée à Halifax en seulement 12 jours. 

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La vedette de Trailer Park Boys nous raconte les difficultés rencontrées par un policier noir. Il doit vivre avec le manque de confiance de sa population et la prudence de ses collègues à son égard. Étant déjà déchiré entre faire son travail et suivre ses convictions, des circonstances le pousseront jusqu’à ses limites. Son identité remise en jeu, tout est en place pour un maelström de vengeance et de justice. Cette satire met de l’avant les tensions raciales, l’application de la loi et l’utilisation des médias sociaux.

On retrouve dans ce film Ronnie Rowe Jr. qui incarne le personnage principal Black Cop, Sophia Walker dans le rôle d’une police recrue et Sébastien Labelle qui joue le policier blanc. Bowles admet que les critiques ont été majoritairement positives aux États-Unis durant la tournée des festivals, on dit du film qu’il apporte son éventail d’émotions, allant jusqu’à un sentiment interne de rage pour certaines personnes.  

Black Cop sera bientôt au cinéma, mais avant d’en arriver là, le film a fait une longue tournée des festivals en Amérique du Nord et en Europe.

Sur un total de 27 participations de festivals, Cory Bowles et son film remporteront 8 prix, dont celui de Meilleur directeur de l’Atlantique (Atlantic International Film Festival) et Excellence dans l’art cinématographique (Tallgrass Film Festival).   

C’est durant cette tournée des festivals que les droits seront achetés aux États-Unis par Samuel Goldwyn Films et au Canada par Northern Banner basé à Toronto. Tout naturellement, l’auteur se dit très excité de ces nouvelles unions et a vraiment hâte de partager sa création avec une audience plus large.

Black Cop sera au Cinéma le 1er juin à travers les grandes villes du Canada. Les représentations auront lieu dans les Cinéplex de Montréal, Toronto, Vancouver, Calgary, Winnipeg et Halifax. De plus, si vous êtes trop pressé, il est présentement disponible sur plusieurs plateformes tel que Itunes pour l’achat et la location.