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Le multi-talentueux Idris Elba

Récemment, on m’a demandé ce que je pensais de la télévision québécoise. J’ai réfléchi un bon moment avant de pouvoir donner ma réponse. Ce que je trouve dommage c’est qu’en 2018 nous parlons encore de ce sujet.

La diversité à l’écran dans notre télévision québécoise et dans les longs métrages est essentielle.

Je suis une personne qui aime partager de la musique, des films et des séries télévisées.   En effectuant une recherche sur le multi-talentueux comédien Idris Elba, ce que l’on remarque c’est qu’il est un artiste qui se permet de toucher à tout. On constate que son parcours est vraiment génial.

Portrait d’un artiste aux multiples talents

Idris Elba a grandi à East Ham dans un quartier de Londres. Très tôt, il découvre qu’il aime jouer de la musique et il commence petit à petit ses débuts dans une école de théâtre. Il fait ses premières apparitions en télévision dans de nombreuses séries. On le reconnaît surtout pour l’un de ses rôles marquant dans la série The Wire, il incarnait alors le personnage de Russell « Stringer » Bell. 

Luther

Un rôle qui brise le cercle des stéréotypes

J’avais entendu plusieurs choses sur l’émission dramatique Luther en regardant cette série créée par Neil Cross et le mettant dans le rôle principal de l’inspecteur John Luther.

On remarque dès le premier épisode qu’il interprète avec intelligence cet homme troublé par ses problèmes personnels et son travail. En regardant les quatre saisons on s’attache à ce personnage. Le comédien vient de nous confirmer cela en y mettant un petit aperçu sur les réseaux sociaux.

Créateur, DJ, réalisateur

Cette année, Skype One diffuse l’émission In the long run qu’il a créé. En effet, il a écrit cette série tirée de sa vie personnelle. 

https://www.youtube.com/watch?v=E5NMmn8KyzE

Il est aussi un disc-jockey depuis plusieurs années, entre les tournages il prend du plaisir à faire danser les gens un peu partout à travers le monde.

Il a réalisé Yardie, tiré du livre de Victor Headley. 

yardie poster design by Empire Design

Un discours sur la diversité à l’écran 

Il y à deux ans il a prononcé un discours sur la diversité dans les médias et les films. Ce qu’il expliquait est très intéressant et important. Je vous recommande de l’écouter. 

https://www.youtube.com/watch?v=y-WQ6qORAZ4

Il est un artiste qui montre que tout est possible et qu’il ne faut pas se limiter à une seule chose.

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Thérèse Roussin, une battante au service de sa communauté

Thérèse Roussin, une battante qui a la foi et qui a tant œuvré pour sa communauté de Saint-Georges de Beauce en Chaudière-Appalaches qu’elle aurait pu donner sa chemise avant même de reprendre son souffle. Ainsi, depuis 1997, elle a écouté pendant plus de 800 heures des gens endeuillés de Saint-Georges et les alentours auprès de sa paroisse et du curé de l’époque, monsieur Laval Bolduc.

« On ne peut contrôler l’incontrôlable, on n’a que le devoir de changer le monde à notre façon »

En quelques mots, la philosophie de Thérèse Roussin, une femme de 73 ans qui a souffert dès ses 3 ans d’un dangereux virus propagé par l’œsophage et les amygdales appelé Poliomyélite, virus qui s’était, notamment, répandu en épidémie dans les années 50 en Amérique du Nord.

Malgré les séquelles engendrées par le syndrome rare de post-polio, c’est-à-dire une dégénérescence neuromusculaire amenant beaucoup de faiblesse musculaire, de douleur et de fatigue extrême, syndrome dont elle est atteinte depuis qu’elle a souffert de la Polio, elle ne s’est jamais laissé abattre !

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Diplômée en enseignement de l’anglais et bachelière en théologie, Thérèse, auprès de son défunt mari Lionel Roussin enseignant en mathématiques, a réussi à élever 3 enfants tout en enseignant de 1966 à 1980 à l’école Monseigneur-Beaudoin de Saint-Georges de Beauce, école modulaire pour la clientèle adulte.

Et ça ne s’est pas arrêté là ! Malgré une carrière florissante, son altruisme affamé voulait davantage aider son prochain sans nécessairement avoir de retour d’argent. C’est pourquoi, au bout de quelques rencontres avec monsieur Laval, elle a fini par fonder, en 1997, le premier service spirituel d’accompagnement des deuils en Beauce.

À coup de rencontres d’une heure pour amener la personne endeuillée à se confier pour « sortir le trop plein d’émotions », comme elle me le disait si bien, elle donnait tout son temps à son prochain sans récolter un véritable salaire (une maigre compensation monétaire de la part de l’Église) ! Seulement de sentir qu’elle avait pu faire la différence dans le parcours d’une pauvre âme faisait son gagne-pain.

Elle y a œuvré plus qu’à temps plein 10 ans de sa vie. Curieuse et amoureuse du savoir, elle donnait son oreille attentive entre deux livres qu’elle dévorait avec passion et un voyage à Vancouver en 2005 et deux en Australie en 2006 et 2008. Le vent de liberté que lui procurait ce genre d’évasion la grisait. Elle avait d’ailleurs fait son premier voyage au bras de son mari dans les années 60 à Atlantic City, d’où le besoin de voyager était né !

Mélanie, une de ses filles, a suivi ses traces en suivant ses études jusqu’au bout… et jusqu’au bout du monde ! C’était le cas de le dire. Elle termine actuellement un doctorat en Australie. Thérèse représentait pour elle un modèle de vie.

Résiliente et courageuse de nature, Thérèse ne s’arrêtait pas à ce que ses médecins lui disaient pour freiner ses ardeurs ou la cloitrer dans une chaise roulante. Il y a encore 3 ans de ça, elle se déplaçait un peu partout dans la ville de Saint-Georges avec comme seul véhicule : ses pieds. Maintenant, un peu plus endolorie, elle ne peut plus se lancer dans de tels pèlerinages, mais toujours appréciée par sa communauté pour son don de soi, elle reçoit encore à l’occasion chez elle la visite de gens endeuillés pour les écouter et les épauler alors qu’elle-même est visiblement en train de vivre un deuil intérieur, le deuil de son autonomie.

Toutefois, elle ne se laisse pas encore décourager ! Thérèse Roussin est d’une compagnie exceptionnelle et n’arrêtera jamais de voyager à travers un bon livre, ses fidèles amis. Elle me racontait que, quand elle était toute petite, elle se cachait même de sa mère pour lire les livres du prix littéraire que son père, secrétaire général à la Commission scolaire Beauce-Etchemin dans les années 60, rapportait à la maison.

Thérèse est un modèle du moment présent, car elle m’a avoué, à la fin de notre dernière rencontre, qu’elle réussissait à « survivre » malgré la douleur et les contraintes de son corps grâce à sa vision optimiste de la vie du « au jour le jour », et ce, sans perdre espoir du lendemain, car il ne sert à rien de vouloir changer l’inchangeable.

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3 coups de coeur au Festival international de Jazz de Montréal

De nombreux artistes sont venus présenter leur spectacle de Charlotte Gainsbourg à Kamasi Washington durant le Festival international de Jazz de Montréal. Voici mes 3 coups de coeur.

Daniel Caesar

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Hier soir, le chanteur canadien Daniel Caesar était de passage en spectacle dans la salle MTELUS pour nous présenter les chansons de son premier disque Freudian paru l’an dernier.

En première partie, on a eu le droit de danser sur des musiques variées du DJ Do Not Push. La lumière s’allume et la musique commence à jouer, des vocalistes fredonnent tout doucement les paroles du titre Freudian.  

Le chanteur a la voix douce et à l’allure de jeune homme débute avec sa première chanson Japenese Denim, la foule s’est mise à chanter très fort les paroles en criant son nom.

Il joue de la guitare et fait participer la foule à chantonner avec lui et tout est simple. La salle était remplie d’un public de tout âge. La salle était illuminée avec des cercles jaunes derrière lui et ses musiciens.

On se serait cru dans une chorale, sa musique R&B est particulière, on voit qu’il a un parcours qui vient du gospel, il enchaîne ensuite avec Blessed, We Find Love et sa plus récente chanson avec qui il partage un duo, Best Part.

Il chante sa dernière chanson Get You, la chanson qui m’a permis de le découvrir avant que le concert ne se termine. Un artiste talentueux à voir absolument en spectacle. J’ai adoré !

Best Part feat H.E.R, a Visual, son plus récent videoclip

 

Zara Mcfarlane

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Mon deuxième coup de cœur est la chanteuse Zara Mcfarlane. Cette compositrice et chanteuse londonienne est venue présenter son spectacle tiré de son plus récent disque Arise.

Sa performance était située à l’extérieur au Club Jazz- Casino de Montréal, sa voix soul et la musique jazz combinés ensemble à donner une belle ambiance. Les gens se rassemblaient et elle tenait à ce que les spectateurs participent en fredonnant avec elle les paroles qu’elle chantait.

Elle s’impose avec cette voix qui est douce et à la fois dure. Ses musiciens et elle entraînaient les gens dans la danse et dans la chanson. Une artiste à découvrir.

Sa chanson Pride

Charles Colizza Quartet

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Mon troisième coup de cœur est Charles Colizza Quartet et son groupe.  

J’ai décidé d’aller dimanche après-midi voir des artistes en me promenant je m’arrête sur ce groupe qui joue il fait extrêmes chaud cette journée-là !

Je me suis arrêtée à la Place Heineken au bon moment, où il présentait une de ses nouvelles chansons qui se nomme Songe d’une nuit automne. Il y avait une belle ambiance, les gens applaudissaient, j’ai beaucoup aimé la musique jazz. Voici un extrait de sa musique.

Chanson Charles Colizza Trio : Segment by Charlie Parker

 

Le Festival international de Jazz de Montréal se poursuit jusqu’au 7 juillet prochain.

Entrevue

Entrevue avec Roland Dama, immigrant ivoirien

J’ai rencontré Roland, 35 ans, lors d’une formation dans un club de recherche d’emploi. Il a accepté d’échanger avec moi sur son parcours, ses motivations en tant qu’immigrant au Canada et sa joie communicative d’être ici.

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Quel est ton parcours universitaire en Côte d’Ivoire ?

Après un cycle secondaire scientifique (mathématiques et sciences physiques), je me suis orienté vers la faculté des sciences économiques de l’Université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan. J’y ai complété une maîtrise en économie (équivalence Baccalauréat Economique) entre 2002 et 2006. J’ai également complété un Master en évaluation des projets en 2015. Ce dernier a été organisé conjointement par le Bureau National d’Études Techniques et de Développement (BNETD) et l’Université Félix Houphouët-Boigny.
En plus de tes études académiques, as-tu une expérience professionnelle dans ton pays ?

Oui parfaitement, j’ai une expérience de travail de plus de près de 4 années en Côte d’Ivoire. J’ai pu développer cette expérience aussi bien en qualité d’employé qu’en qualité de bénévole. Pour moi, le bénévolat reste un puissant facteur de développement des compétences.

En tant qu’employé, j’ai été successivement assistant du Directeur Général et Chef du Service Finance du Fond d’Extension et de Renouvellement du développement de la culture du palmier à huile (FER-PALIMER). Il s’agit d’un Établissement Public National (EPN) placé sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture. Parallèlement à mon engagement professionnel, je me suis beaucoup investi dans le bénévolat car j’aime donner une partie de mon temps pour servir du monde sans nécessairement attendre des effets financiers. En tant que bénévole, j’ai été appelé à assumer diverses responsabilités. J’ai notamment été président d’une chorale, commissaire aux comptes du bureau jeune, chargé de communication du bureau jeune, moniteur de catéchèse et formateur à l’entrepreneuriat.  

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À quel moment t’es-tu dit : je veux aller au Canada et tu as commencé à faire les démarches ? Tu as peut-être de la famille ou des connaissances qui sont parties ? Ou alors un jour, as-tu eu un déclic en voyant une publicité ou un reportage à la télévision ? En gros, qu’est-ce qui t’a donné envie, un jour, d’immigrer au Canada ?

La décision d’immigrer au Canada remonte à septembre 2012, un peu plus d’une année après la rencontre de ma conjointe de fait. Nous avons ensemble discuté de l’opportunité de mieux valoriser nos compétences en immigrant au Canada et nous avons pris cette décision d’un commun accord.

Mais avant cela, l’idée avait déjà germé par le biais d’une amie à ma maman qui vit déjà ici au Canada depuis plusieurs années avec son conjoint Québécois. Je me souviens qu’à chaque fois qu’elle venait en vacances en en Côte d’Ivoire, je prenais un grand bonheur à visionner les belles images du Canada. J’aime beaucoup l’entendre parler du Canada et des opportunités de ce grand pays du monde.

Petit à petit, la volonté d’immigrer prenait forme à mon insu. Mais cette décision-là a été beaucoup plus renforcée à la faveur de la crise politique que nous avons vécu en Côte d’Ivoire sur la période 2010 à 2011 avec son impact considérable sur l’emploi jeune. Ce fut une période difficile pour tous et en particulier pour la jeunesse et l’emploi jeune.

Donc vous avez commencé vos démarches de Résidence Permanente ?

Exactement, ma conjointe et moi avons commencé à préparer notre projet d’immigration dès 2012. Il a été soumis à l’attention des services de l’immigration provinciale et fédérale respectivement en 2013 et 2015. Le processus a pris globalement 4 années pour être admis au statut de résidents permanents. En prenant en compte l’année de préparation du dossier, je peux dire que notre projet d’immigration a pris 5 années.

Ta conjointe et toi avez donc reçu votre visa de Résidence Permanente en 2017 ?

Oui parfaitement. Le Visa de résident permanent a été accordé en Octobre 2017. Recevoir ce visa est pour nous quelque chose d’inouï et de prestigieux quand on sait la notoriété du Canada avec ses territoires et de ses belles et grandes provinces et à commencer par le Québec. Ce fut une grande nouvelle pour nous d’autant plus que le processus d’immigration au Canada est parmi les meilleurs au monde. Cette excellente nouvelle a marqué un tournant dans notre vie. Ce fut pour nous une opportunité d’ouvrir une nouvelle page de notre vie. En tant que travailleurs qualifiés, nous étions donc moralement préparés à l’idée de partir sur de nouvelles bases et éventuellement de réorienter notre avenir pour réaliser notre rêve canadien.

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À y voir de près, vous avez commencé les démarches avant la fin de tes études ?

Oui, exact. J’ai mis à profit mon temps d’attente pour compléter le Master en Évaluation des projets. Dans le système Québécois, ce diplôme équivaut à la maîtrise en gestion et administration des entreprises.

Quand êtes-vous arrivés à Montréal et quel était le premier défi auquel vous avez dû faire face ?

Nous sommes arrivés à Montréal le 22 novembre 2017 après une brève escale à Bruxelles (Belgique). Je note au passage que c’était la première fois que nous prenions l’avion (rire). Nous étions pétillants de joie à l’idée de fouler le sol canadien mais non sans un pincement au cœur pour nos parents et amis que nous laissions derrière nous. Les premiers jours qui ont suivi notre arrivée ont été un peu difficiles principalement en raison du changement drastique de température. En effet, nous avions quitté la Côte d’Ivoire avec ses 25 °C en moyenne pour arriver dans une période hivernale qui reste parmi les plus rigoureuses des dernières années. Nous avons donc dû faire des efforts pour tenter de nous adapter rapidement et cela a plus ou moins fonctionné.

Quel était ton projet professionnel en tant que travailleur qualifié en arrivant ici, et a-t-il évolué depuis ?

En arrivant, j’étais confiant en mes compétences et j’étais disponible pour le marché de l’emploi. J’avais l’ambition de trouver une job liée à qualification. Mais j’ai compris que le marché du travail doit être notre point de repère. Il faut donc être capable de s’ajuster au marché du travail. Le marché du travail est si dynamique qu’on peut facilement être tenté de réorienter notre carrière professionnelle. Le marché du travail met un point d’honneur sur nos compétences sans pour autant négliger nos diplômes. Donc si on ressent qu’on a plus de compétences dans tel ou tel domaine, il serait bien d’être ouvert à l’idée de s’y orienter. Dans mon cas, bien que j’ai un Master en Évaluation des Projets, d’autres secteurs d’activité semblent m’ouvrir les bras compte tenu des compétences que j’ai pu développer depuis mon arrivée. Il s’agit notamment de l’enseignement. J’ai compris que mon côté pédagogue et ma facilité à transmettre ma connaissance me parlaient énormément et j’ai donc essayé d’y prêter attention et cela a beaucoup influencé mes recherches actuelles.

Comme en Côte d’Ivoire, tu fais du bénévolat ici. De quel genre ?

Ça a été la première des choses vers laquelle je me suis orienté puisque je me disais que je me donnais au moins 3 à 6 mois pour pouvoir intégrer le marché du travail. Donc je me suis dit : « Lançons-nous dans le bénévolat ».

Je suis donc administrateur bénévole au sein d’une paroisse catholique à Montréal. Je suis aussi bénévole auprès d’un organisme d’aide aux jeunes immigrants notamment par la promotion des deux langues officielles du Canada, le français et l’anglais. Je suis également bénévole dans le cadre du programme de l’Agence du Revenu Canada pour la déclaration des revenus des personnes à faibles revenus. Voilà donc les 3 types de bénévolats dans lesquelles je suis inscrit.

Je suis par ailleurs, tuteur et moniteur à l’aide aux devoirs auprès de deux écoles primaires et une organisation. Ce sont des expériences qui m’enrichissent énormément et qui me confortent dans l’idée de m’orienter vers l’enseignement.

Est-ce que tu notes des choses différentes par rapport aux bénévolats que tu faisais en Côte d’Ivoire, que ce soit en termes de mentalité ou d’enrichissement personnel?

Ça reste différent dans la mesure où en Côte d’Ivoire, je le faisais sans penser que cela pourrait me servir dans un cadre professionnel. Ici, j’ai cette même volonté d’être au service de la communauté mais je comprends aussi que j’engrange par la même occasion une belle expérience professionnelle. C’est à ce niveau qu’il y a certaines différences. Ici, ce bénévolat est reconnu et peut être capitalisé sur le marché du travail.

Est-ce qu’à court, moyen ou long terme, tu souhaites t’installer sur Montréal ou sa région ou bien tu n’as pas d’objectifs précis et cela dépendra de tes recherches de travail ?

Montréal et le Québec m’ont beaucoup séduit. Jusqu’ici, je suis amplement satisfait de mon environnement. Je suis bien installé à Montréal et le Québec est une très belle province qui m’a fait l’honneur d’avoir été sélectionné. Mais je ne suis pas fermé à l’idée de visiter d’autres régions au Québec ou d’ailleurs si le besoin se fait sentir dans le souci d’approfondir mon apprentissage pour mieux m’insérer sur le marché de l’emploi.

Quelle destination en dehors du Québec pourrait t’intéresser ?

Le Canada est un grand pays avec des provinces formidables. L’Ontario est une possibilité parmi tant d’autres. J’y vais justement en juillet 2018 dans le cadre du programme Explore. J’aurais l’opportunité d’améliorer mon anglais tout en découvrant la région. Je reste également intéressé par le programme Odyssée pour améliorer mon niveau d’anglais tout en partageant ma culture générale en français dans le souci de promouvoir la diversité culturelle.

Est-ce que depuis ton arrivée, tu te sens intégré, au sens large du terme ?

L’intégration est une notion assez générique. En tant que travailleur je pourrais être amené à dire que le travail est mon outil d’intégration par excellence. Mais on peut aussi comprendre que l’intégration est un tout : elle touche notamment aux aspects culturels, professionnels et économiques. Dans tous les cas, une bonne intégration requiert du temps et une bonne capacité d’adaptation. Je suis très heureux de voir qu’à la faveur de notre immigration, les deux paliers de gouvernement (NDLA : provincial et fédéral) mettent tout en œuvre pour faciliter l’intégration des immigrants. Cela contribue à consolider les indicateurs qui montrent que le Canada est parmi les destinations les plus prestigieuses au monde. Après six mois, j’estime que le suis épanoui et j’envisage sereinement l’avenir au vu des belles expériences que j’ai pu accumuler.

Quels conseils donnerais-tu à un jeune Africain qui souhaiterait immigrer ?

Je dirais à ce jeune que c’est son droit de rêver. Immigrer au Canada est un beau rêve dont la réalisation requiert néanmoins de la préparation, de l’information, de la patience et surtout une bonne capacité d’adaptation. C’est un projet dont la réalisation peut bouleverser positivement nos habitudes et favoriser de nouvelles orientations. C’est une nouvelle vie en somme.

Si ce jeune à la ferme volonté d’immigrer, il faut qu’il prenne beaucoup d’informations et qu’il mette un point d’honneur à se préparer car ce n’est pas une décision qu’on prend à la légère. C’est une responsabilité non seulement vis-à-vis de soi-même, mais aussi vis-à-vis du pays d’accueil. Il faut qu’il s’informe de la démarche auprès des autorisées adéquates en consultant les ressources mises à disposition. Tout pays a des règles et des principes à respecter qui s’imposent à tous. Il faut donc que les attentes des futurs immigrants soient en adéquation avec ce milieu-là. Il faut prendre des informations pour faciliter son intégration pour qu’elle soit le plus bénéfique pour soi-même.

Dernière question, est-ce que tu regrettes d’être venu ?

Aucunement. Bien au contraire, je continue à être reconnaissant du Québec et du Canada, d’avoir bien voulu m’accorder l’opportunité de réorienter ma vie dans son ensemble. Je suis heureux d’envisager sereinement la réalisation de mon rêve canadien.

Portrait

Portrait de Tanobla Badou : Devenir entrepreneure pour se dépasser

Le 2 avril 2018, le premier restaurant de cuisine ouest-africaine a ouvert ses portes à Québec. Fondé par deux immigrants originaires d’Afrique de l’Ouest, le restaurant reflète dans son titre, T&B’s, un partenariat fructueux entre ses deux propriétaires : Tanobla Badou, originaire de la Côte d’Ivoire, et Bouba Tone, originaire du Burkina Faso.

Situé dans le quartier Saint-Roch, connu pour sa mixité sociale, T&B’s Restaurant (acronyme de leur initiales respectives) représente un lieu idéal pour découvrir des traditions culinaires et culturelles de l’Afrique de l’Ouest et pour entretenir des échanges culturels enrichissants. Pour connaître les facteurs de motivation qui ont poussé les deux immigrants bientôt tous les deux trentenaires à se lancer dans la jungle du monde des affaires, Média D a rencontré Tanobla Badou.

Vaincre la peur de l’inconnu grâce au soutien des parents

« Quand je suis arrivée au Canada en 2012 à l’âge de 23 ans, une jeune fille toute frêle et naïve, je n’ai pas pensé du tout au chemin de l’entrepreneuriat. Mon but était de poursuivre mes études en géologie pour ensuite exercer mon métier», nous fait part Tanobla.

« Cependant, après avoir terminé mon baccalauréat à l’Université du Québec à Montréal en 2014  et ne pas avoir décroché d’emploi dans mon domaine [un scénario fréquent pour plusieurs immigrants diplômés], j’ai pensé sérieusement retourner dans mon pays natal. Restant au pays de neige éternelle, loin de la chaleur du foyer familial, je me suis sentie complètement seule, perdue, désorientée. Étant pessimiste sur mon futur au Canada, dans une de mes conversations téléphoniques avec mes parents, je leur ai annoncé ma décision ‘‘définitive’’ de retourner en Côte d’Ivoire. Mais, à ma grande surprise, ils m’en ont dissuadée », nous révèle Tanobla.

« Certes, tu peux toujours revenir, mais assure-toi, d’abord, d’avoir fait tout ce qui est possible pour ne pas regretter plus tard ta faiblesse du moment. Aujourd’hui, ton présent te semble sombre, insupportable, mais demain, si tu persévères et innoves, tu trouveras ton chemin, le chemin à toi », la raisonnaient ses parents.

Grâce à ces paroles et à leur soutien inconditionnel ultérieur, dont elle est très reconnaissante, une jeune femme a bravé sa peur et a continué à chercher sa voie.

Miser sur un bon partenaire d’affaires

Tanobla et Badou
Partenariat d’affaires fiable basé sur la complémentarité – Photo courtoisie de Tanobla Badou

« Graduellement, mon cercle d’amis à Montréal s’est élargi et, parmi ces amis, j’ai rencontré celui qui m’a transmis sa passion pour les affaires », nous raconte Tanobla. Gérant chez Tim Hortons depuis quelques années à Montréal, Bouba Tone, après avoir acquis une expérience solide en gestion de chaine de restauration rapide, a chéri le rêve de voler de ses propres ailes, mais, faute de motivation et de temps, il n’a pas osé se lancer.

À partir de 2016, Tanobla et Bouba ont commencé à réfléchir sérieusement à un projet commun d’entrepreneuriat. Un an plus tard, ces deux complices se sont retrouvés sur les bancs d’école pour suivre la formation spécialisée en création d’entreprises à Montréal. Très pratique, basée sur un accompagnement personnalisé et des rencontres avec des entrepreneurs d’expérience, cette formation leur a permis de bien se préparer au lancement de leur entreprise et, le plus important, leur a donné la confiance de se propulser. Encore aujourd’hui, ils consultent leurs notes de cours et restent en contact avec leurs formateurs.

Dans leur partenariat d’affaires, Tanobla et Bouba forment une équipe très complémentaire.

Créative, analytique et perfectionniste (« Tout rêve se doit d’être accompli avec excellence » est la devise de Tanobla), une jeune femme est responsable de la conception des recettes et de leur présentation esthétique ainsi que des relations avec les fournisseurs et de la gestion.

En revanche, Bouba, un homme d’action, s’occupe du marketing, du développement du site web et des relations avec les clients. Dans le cas de problèmes à résoudre, grâce à leur mode de réflexion commune, les deux entrepreneurs trouvent de meilleures solutions.

Penser à soi et penser à d’autres

Durant leur analyse de marché, Tanobla et Bouba se sont rendu compte du manque flagrant de restaurants africains à Montréal (selon Tripadvisor, on en compte seulement dix) et à Québec (on en trouve seulement un) par rapport à d’autres restaurants ethniques, d’où cet intérêt d’occuper cette niche de marché vacante et prometteuse. Entre ces deux villes, leur choix s’est arrêté sur Québec, jugée comme étant la ville la plus tranquille, sécuritaire et plus favorable aux entrepreneurs : selon le dernier classement des villes entrepreneuriales en 2015, réalisé par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, la ville de Québec a obtenu la côte 45,9, alors que Montréal  ̶  36,1.

En ce qui concerne le concept du restaurant, comme Tanobla l’explique, T&B’s représente un type hybride, en combinant les traits de la restauration rapide (le service au comptoir, le temps de préparation moyen de 9 min) et de la cuisine traditionnelle (certains plats sont préparés dans le four, sans gras, et c’est possible de goûter des jus, salades et desserts faits sur place).

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Poisson entier, Attiéké, Alloco, Riz aux Épices T&B’s

La minimisation des risques environnementaux et le tissage de liens avec la communauté locale sont au centre des valeurs de Tanobla et Bouba. Pour diminuer le gaspillage alimentaire et assurer une meilleure gestion des déchets, T&B’s a signé des ententes avec des organismes à but non lucratif pour que ces derniers récupèrent les huiles usagées et les repas non vendus.

Dans un esprit de développement durable, T&B’s  accorde la priorité aux producteurs québécois comme fournisseurs, dans la mesure du possible. Afin de favoriser des rencontres interculturelles, T&B’s offre à ses visiteurs des jeux de société joués typiquement sur le continent de l’avenir et des livres écrits par des auteurs africains. Des concerts de groupes de musique de toutes saveurs culturelles et des soirées à thème sont envisagés dans leur projet de développement.

Chasser des nuages à l’horizon

Entreprendre, c’est risqué, et entreprendre dans le secteur de la restauration, c’est davantage risqué. Selon l’Indice entrepreneurial québécois 2017, 60 % des propriétaires québécois ferment leur entreprise avant qu’elle ne franchisse le cap des cinq ans. Dans la restauration, après cinq ans d’exploitation, ce chiffre grimpe à 71 %, nous dévoile l’Association des restaurateurs du Québec.

Le pire sort est réservé toutefois aux immigrants en tant que propriétaires d’entreprises : dans la fenêtre des 5 années suivant l’ouverture d’une entreprise, 76 % d’entre eux ferment leurs portes, selon l’Indice entrepreneurial québécois 2016 du Réseau M.

Entièrement au courant de cette statistique décourageante, Tanobla ne perd  cependant pas son optimisme. Malgré quelques difficultés financières (Tanobla et Bouba ne s’appuient que sur leurs propres ressources financières), Tanobla et Bouba croient que de bonnes valeurs morales, la fiabilité des partenaires d’affaires, la persévérance et le soutien de leur famille et de leurs amis les aideront à surmonter toutes les difficultés. Admirative devant cette résilience, la rédaction de Média D leur souhaite sincèrement bonne chance dans leur projet.

Portrait

Portrait de Ma’liCiouZ, artiste innovante à l’origine de l’exposition Matriarche

Artiste professionnelle depuis 2012, Ma’liCiouZ, Montréalaise d’origine haïtienne se distingue par ses murales qui ornent le quartier Saint-Michel et enchaîne les projets innovants. Marquée par l’afroféminisme et reconnue pour la force de ses œuvres représentant des personnages féminins, elle présente sa 7ème exposition, Matriarche à l’Espace Mushagalusa, inspirée des femmes qui l’entourent. Rencontre avec une artiste à la fois humble et bouleversante.

Les débuts de Ma’liCiouZ

« J’ai toujours eu un côté rebelle, tu vois ? Et ce côté-là je peux l’exprimer par mon art, surtout quand j’étais plus jeune, j’étais un peu anarchiste. C’est drôle parce qu’en réalité, je ne suis pas quelqu’un de malveillant », explique-t-elle, contemplative. Ma’liCiouZ, la « malice ». Un nom qui a apposé sa marque le long des murs de Saint-Michel « D’un autre côté, pourquoi l’extrême devrait toujours être un défaut ? », renchérit-elle d’un sourire interrogateur.

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Ma’liCiouZ souligne avoir depuis toute petite une tendance artistique : c’est en étudiant le graphisme qu’elle réalise qu’elle préfère autre chose que de faire des affiches publicitaires. C’est en produisant ses dessins sur des vêtements pour ses amis que l’idée germe : « Mon but était que les gens puissent se promener avec des messages représentatifs », se remémore Ma’liCiouZ.

Toutefois, c’est véritablement en observant l’impact de ces messages dans sa communauté, encouragée par son entourage qu’elle désire pousser l’expérimentation plus loin. Du tag au graffiti, qu’en est-il des murales qui la caractérisent ? « J’ai commencé à faire des murales dans Saint-Michel à la demande de gens : maintenant, quand je créé, j’ai toujours envie de faire de plus en plus grand ».

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Malgré ses expositions en galeries, son art de prédilection demeure celui « de la rue » :    « J’aime dessiner, peindre et tout, mais le graffiti c’est vraiment ma forme d’expression préférée. Je me sens dans mon environnement quand je le fais, que j’utilise tout mon corps et au final j’adore réaliser que ce que je viens de faire est plus grand que moi, que ça remplisse le champ de vision ».

Une démarche qui démocratise l’art, en quelque sorte. Passionnée, elle explique aujourd’hui ne pas avoir besoin de plan B : « À partir de 2012, je me suis mise à réaliser un projet à la fois et concrétiser ce que j’avais en tête. Je crois que quand on a une certitude, il faut suivre son instinct ».

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Matriarche : « Les femmes sont les “gatekeeper de l’humanité”

Femme debout, femme devant, Femme Potomitan.
Elles sont des entités centrales socialement et spirituellement parlant. Qu’elles le veuillent ou non, qu’on le reconnaît ou non.
Matriarche ; Gate Keeper de l’humanité.

Les tantes, les grand-mères, les mères : continuité de son travail, c’est justement avec une démarche très intuitive que l’exposition Matriarche prend place dans la tête et le cœur de la jeune artiste. Composé de nombreux tableaux représentant tous des personnages féminins, droits et fiers, les regards sont saisissants. À travers cette démarche, Ma’liCiouZ illustre ce que “ça représente d’être une femme noire”.

L’artiste explique que cette fois-ci, elle fait le pont entre les générations. En utilisant le noir et blanc pour lier passé et présent, comme pour le tableau “Grann”. Les matriarches s’entrecroisent, se soutiennent, se rendent fières : “Matriarche pour moi est l’équivalent de ‘Potomitan’, en créole : la femme est centrale dans la famille et on s’y réfère. Je voulais faire un lien en représentant des femmes qui ne sont pas nécessairement mère, mais qui pourraient le devenir (ou choisir de ne pas suivre cette voie non plus)”.

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Son œuvre “Keeper” illustre justement cette dualité, le devoir de protéger et de se protéger soi. Le portrait fictif inspiré d’une amie proche la dépeint tenant d’un geste assuré son bébé, calé contre son sein. De l’autre main, la femme empoigne fermement un pistolet: son regard direct, de détermination confronte les observateurs.

Et pour la suite ?

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Sans trop en révéler, l’artiste a plusieurs projets en tête : “J’aimerais réaliser cette exposition-là dans d’autres villes, faire d’autres œuvres sur le même thème et en présenter à un public différent, peut-être ?”, évoque-t-elle avec un sourire.

Son souhait d’aller en Haïti pour créer une murale, cette fois-ci seule, germe également dans sa tête. Quoiqu’il en soit, le monde artistique n’a pas fini d’entendre parler de Ma’liCiouZ, la force tranquille.

*L’Exposition MATRIARCHE se termine ce dimanche 29 avril. Heures d’ouverture vendredi samedi 10 h à 18 h et dimanche jusqu’à 19 h. 533 Ontario Est – Entrée gratuite

Pour consulter les multiples créations de l’artiste, voici son site web : https://www.maliciouz.com/