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Le parcours atypique de Mr. Touma, de la Syrie au Québec

Le Canada a accueilli un nombre important de réfugiés et d’immigrants syriens entre la fin de l’année 2015 et le début de l’année 2016. Le gouvernement Trudeau attendait près de 25 000 réfugiés, il en a finalement accueilli près de 30 000 en date du mois d’août 2016.

Ceux-ci venaient de la Jordanie, de la Turquie et du Liban. Cette vague d’immigration est causée par la guerre civile qui dure depuis 2011. Je me suis entretenue avec Mr. Touma, père de quatre enfants, pour connaître son histoire et avoir son point de vue.

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La Syrie est située au Proche-Orient

Touma a grandi dans la ville de Qamishli en Syrie avec ses parents, ses trois sœurs et ses quatre frères. Il a complété ses études secondaires avant d’être obligatoirement guidé vers le chemin de l’armée pendant quatre ans.

À son retour, il a voyagé à Alep où toute sa famille a pris la charge d’un hôtel pendant une durée de trois ans. Il a ensuite changé de profession pour faire l’acquisition d’une entreprise de broderie. Il est retourné quelques temps à Qamishli pour se marier, mais c’est à Alep que ses enfants sont nés et ont vécu toute leur vie jusqu’à ce que le conflit éclate.

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Conflit en Syrie

Touma a eu peur pour sa famille et, pour veiller à sa sécurité, ils ont pris la fuite vers Qamishli en attendant de prendre une décision pour leur futur.

Il a finalement décidé de quitter le pays pour se rendre au Canada puisqu’il avait déjà plusieurs membres de sa famille qui y vivaient. Son frère a envoyé un formulaire pour immigrer au Canada. Il s’agissait d’un parrainage d’église. Il a attendu que le gouvernement canadien les convoque à Beyrouth au Liban pour passer une entrevue.

Une fois celle-ci réussie, la famille a pu voyager, sauf deux de ses filles qui n’ont pas trouvé de place à bord de l’avion. Elles ont passé une vingtaine de jours de plus au Liban. Le reste de la famille a atterri sur le sol canadien le 12 janvier 2016 tandis que les filles sont arrivées le 26 janvier.

Tout était bien organisé à leur arrivée à Montréal. Effectivement, selon le site d’Urgences Québec, les employés de l’aéroport leur disaient où se diriger et quoi faire. Une fois les immigrants arrivés à l’aéroport Montréal-Trudeau, les immigrants/réfugiés ont suivi des procédures prévues d’immigration et de sécurité. Ils ont eu droit à une aire de repos, une salle d’allaitement et des rafraîchissements. Ils ont ensuite été conduits vers un centre de bienvenue à proximité de l’aéroport où ils ont reçu plusieurs services.

Pour ce qui est du départ, les personnes parrainées ont quitté en compagnie de leur groupe parrain. Ces groupes parrains aident donc les réfugiés à s’installer et à s’intégrer dans la société québécoise. Effectivement, la sœur et le frère de Mr. Touma l’ont accueilli à l’aéroport. Il a vécu avec sa sœur le temps de trouver un appartement.

Défi : parler français

Trouver un appartement n’a pas été le plus grand défi pour lui. La langue a été difficile surtout pour les plus âgés comme lui, un homme dans la cinquantaine.

Ils ne peuvent pas retourner à l’école alors ils ne peuvent pas pratiquer un métier. La communication avec les préposés des hôpitaux, des magasins et tout autre centre est difficile.

Il souhaite que les employés du gouvernement soient multiculturels et puissent discuter avec eux dans sa langue au cas où ses enfants ne soient pas en mesure de le suivre dans ses déplacements. Malgré le fait qu’il ait tenté d’apprendre les fondements de la langue française, il n’a pas été en mesure de tout retenir après 10 mois.

Par contre, il est fier que ses enfants aient appris la langue française et qu’ils aient pu persévérer pour retourner aux études, car souvent les équivalences ne sont pas reconnues et il faut tout reprendre à zéro.

Son but ultime est qu’ils puissent compléter leurs études et qu’ils puissent travailler dans leur domaine et ce, dans un milieu de vie paisible et sécuritaire.

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Guerre en Syrie : plus de 350 000 morts en 7 ans

Selon un tout dernier bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), le conflit syrien aurait fait au moins 353 935 morts depuis presque sept ans que la guerre a débuté sur place.

A quelques jours du triste anniversaire des sept ans du conflit armé, le nouveau bilan est extrêmement lourd, et les premiers touchés sont les civils et les enfants depuis le 15 mars 2011, date du début du conflit. On dénombre ainsi parmi les victimes 106 390 civils dont 19 811 enfants, a précisé l’Observatoire.

Voici le bilan en détail des 7 ans de guerre (OSDH) :

– 106 390 civils, dont 19 811 enfants et 12 513 femmes

– 63 820 soldats du régime

– 58 130 membres des forces pro-régime (dont 1630 du Hezbollah libanais et 7686 d’autres groupes chiites étrangers)

– 63 360 djihadistes et extrémistes islamistes (dont des membres du groupe État islamique et d’un groupe autrefois lié à Al-Qaïda)

– 62 039 combattants d’autres forces, notamment membres de groupes rebelles non djihadistes, des forces kurdes et des soldats de l’armée syrienne ayant fait défection

– 196 personnes non identifiées dont les décès ont été répertoriés