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La rentrée blanche

Début septembre signifie la rentrée des classes et la fin de l’été, mais pour les adeptes de séries télé, cela signifiait le retour d’Unité 9, L’Échappée, Occupation Double et plusieurs autres. C’est excitant de découvrir les nouvelles émissions et les nouveaux personnages, mais il est toutefois facile de remarquer le manque flagrant de diversité culturelle dans les programmes. 

Commençons par Unité 9 de Fabienne Larouche, série portant sur le milieu carcéral des femmes comptant 7 saisons. Tous ont suivi la triste histoire de Marie Lamontagne, campée par Guylaine Tremblay, et de ses codétenues. Les scénaristes ont gardé le public captivé pendant de longues années, mais force est d’admettre qu’une série avec autant de personnages et d’histoires intéressantes n’a jamais mis de l’avant un personnage de couleur qui n’était pas criminel ou de mauvaise foi. 

L’émission nous a présenté Bouba à la saison 2, jouée par Ayisha Issa; une criminelle assez violente qui mène la cour de la prison d’une main de fer. Bouba passe par toutes les gammes d’émotions et vers la fin, laisse les spectateurs découvrir son côté sensible grâce à une détenue plus âgée qui la prend sous son aile. Nous le public, pensant  que Bouba connaîtra alors une fin heureuse, fini par commettre une agression assez sanglante contre le directeur de la prison ce qui met fin à son histoire. À la saison 6, les scénaristes introduisent le personnage d’Eyota Standing Bear, interprété par Natasha Kanapé Fontaine, une détenue autochtone avec un lourd  passé d’agression sexuel et d’abus de drogue. Dès sa première apparition, elle a captivé le regard des québécois mais son passage a vite été oublié pour laisser place à la grossesse de sa co-détenue Jeanne Biron (Ève Landry). 

Pour ce qui est de L’échappée, série de Michelle Allen qui a débuté le 12 septembre 2016. L’émission suit les aventures de Brigitte Francoeur, incarnée par Julie Perrault, qui revient à Sainte-Alice-de-Rimouski pour le mariage de sa fille. Le retour dans sa ville natale fait remonter de vieux souvenirs et de vieilles rancœurs pour Brigitte. L’histoire est centrée sur Julie Perrault et son entourage, mais l’auteur ne met aucune personne de couleur ou d’une nationalité autre en premier plan et ce jusqu’à la fin de la série. 

Lorsqu’on regarde le passé cinématographique québécois, jamais un comédien/comédienne de couleur (noir, asiatique, arabe, latino) n’a eu de rôle principal dans une série ou film bien médiatisé au Québec. Le fait qu’il y ait un manque de diversité n’enlève rien aux comédiens et comédiennes tels que Guylaine Tremblay, François Papineau, Julie Perrault et Patrick Hivon. Ces artistes sont incroyables, mais comment vous, les réalisateurs, les directeurs de casting et les scénaristes voulez-vous encourager la diversité quand tout ce qu’on voit dans nos écrans ce sont des gens à la peau pâle?

Pour finir, on peut toutefois compter sur la relève pour mettre de l’avant les nombreuses diversités culturelles notamment la télé série Tag dont Luis Oliva tient le rôle principal et Widemir Normal qui campera le rôle du commandant dans Escouade 99.  Les États-Unis, Vancouver et même Toronto compte plusieurs séries et films avec des têtes d’affiche de couleur, il serait peut-être temps que le Québec fasse de même? 

 

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L’écran blanc, un problème pour les jeunes immigrants

Les jeunes téléspectateurs québécois issus d’une famille d’immigrants n’arrivent pas à s’identifier aux personnages des séries jeunesses québécoises. En effet, ces jeunes, presque tous blancs, ne correspondent pas à un portrait réaliste de la société québécoise telle que nous la connaissons en 2018.

Selon La Presse, les statistiques montrent que moins de 20% de la population québécoise fait partie d’une des minorités visibles et 33% est issue de l’immigration. Cette population immigrante ne fait qu’augmenter d’année en année alors que l’on remarque qu’entre 2017 et 2018, il y a eu 2000 immigrants de plus selon des données fournies par Radio-Canada.

Bien que cette diversité culturelle s’accroisse dans notre société, nos écrans peinent à nous renvoyer cette image.

C’est ce que remarque une jeune haïtienne à travers les téléséries desquelles elle entend parler dont, entre autres, des séries populaires et très écoutées comme Le Chalet, Subito Texto et Jérémie. Dans celles-ci, soit l’entièreté des personnages principaux sont blancs et d’origine québécoise, soit il y a une seule autre culture dominante comme par exemple, dans Subito Texto, il y a une famille algérienne dont le spectateur en apprivoise vaguement les coutumes.

Selon l’auteure de l’émission Le Chalet Kadidja Haïdara, il est difficile d’arriver à engager des acteurs d’une nationalité autre que québécoise. Il faut se battre pour la diversité. Elle-même se démène continuellement puisqu’à l’origine, les rôles sont destinés à des acteurs blancs. Il a un problème qui empêche la diversité télévisuelle et ce problème provient de l’importance de la renommée. En effet, on veut de la diversité, mais en même temps on veut des grands noms et ces grands noms sont d’origine blanche. Ils ont comme avantage de procurer une certaine visibilité à la série et de hausser les cotes d’écoutes.

Par conséquent, les acteurs de couleur n’ont pas la motivation de débuter une carrière dans le milieu télévisuel, même ceux pour qui ce métier les intéresse, car ils n’ont pas de modèle qui leur ressemble et qui a suivi le parcours auquel ils aspirent. De plus, les parents des jeunes issus de communautés culturelles valorisent davantage des métiers de nature administrative et scientifique plutôt qu’artistique. Ces jeunes finissent donc par abandonner rapidement leur rêve, ayant peu d’encouragements dans le milieu personnel et dans le milieu familial.

Comme solution à ce problème, Kadidja Haïdara propose d’inciter les jeunes à faire ce qui les passionne et leur montrer qu’il y a bel et bien une place qui les attend. Qui sait, peut-être qu’avec des encouragements et d’autres initiatives mises sur pied, nous pourrions assister à des changements dans la télévision québécoise ?