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Entrevue

Un livre pour raconter la générosité des Autochtones

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Ginette Moreau est orthopédagogue à la Commission scolaire Val-des-Cerfs. Sa carrière d’enseignante l’a amené à vivre pendant une dizaine d’années dans le Grand Nord-du-Québec dans les communautés cries et autochtones. Elle publiera cette année un livre pour enfants ayant comme trame de fond la culture autochtone. Rencontre avec une grande passionnée des cultures autochtones.

Média D :  Vous allez publier cette année un livre pour enfants.  Quel est le contenu de cette œuvre ?

G. Moreau

Ginette Moreau

Ginette M. : J’ai vécu dix ans dans le Grand Nord dans la communauté de Chisasibi où j’ai enseigné. Lors de la dernière année, il est arrivé une aventure à moi et à ma famille. Nous avions demandé à Bobby, un ami chasseur, de nous amener à Grande-Baleine puisqu’on savait qu’il y avait un grand rassemblement là-bas chaque année. Au cours de l’expédition, on a arrêté sur l’île du Cap John puisque le vent et les vagues se sont levés. Lors de notre arrêt, mon fils Vincent, alors âgé de 4 ans, a perdu sa peluche à laquelle il tenait comme la prunelle de ses yeux. Nous sommes finalement revenus à la maison, sans avoir été à Grande-Baleine, mais on n’avait pas retrouvé la peluche malgré nos recherches.

Mon ex-mari est retourné sur cette île quelques semaines plus tard, mais il était revenu bredouille puisqu’il ne l’avait pas retrouvé. On pensait que tout était fini et qu’il fallait passer à autre chose, car ce sont des choses qui arrivent dans la vie. Puis, on a eu des nouvelles de la peluche. On a su que des Inuits l’avaient retrouvé et que quelqu’un l’avait en sa possession à Grande-Baleine, mais on n’avait aucun détail et l’on ne savait pas qui c’était. Un moment donné, un couple qui était venu dans notre communauté pour des funérailles s’est présenté au restaurant où travaillait mon ex-mari pour lui remettre la peluche. Donc, le livre raconte cette histoire-là, je trouvais ça important de la raconter puisque c’est une histoire de chaîne de solidarité entre diverses communautés.

Média D : Votre livre s’adresse principalement pour les enfants de 3 à 8 ans. Pourquoi ?

Ginette M. : C’est une histoire à laquelle les enfants vont s’identifier facilement. À cet âge-là, on a tous eu une peluche, un petit objet qui était super important. Je crois que les enfants vont pouvoir s’identifier autant aux deux personnages principaux qui sont mon fils et sa peluche. Le livre est également un outil qu’on peut utiliser comme éveil à la lecture. J’ai fait mon livre pour que les enseignants de maternelle et de premières années puissent y avoir recours. De plus, les parents pourront l’utiliser comme histoire avant le dodo. Et je veux aussi sensibiliser les jeunes aux cultures autochtones, à l’entraide, à la solidarité et au respect entre les peuples.

Média D : Vous avez vécu une dizaine d’années dans le Nord-du-Québec. Qu’est-ce que vous avez retenu sur les cultures autochtones ?

Ginette M. : J’ai vu que l’humour est très présent dans leur culture comme c’est le cas dans la culture québécoise. Les deux cultures se rejoignent beaucoup en ce sens. Mais ce sont aussi des personnes très généreuses puisqu’elles n’ont pas peur de donner. Par ailleurs, ces peuples ont développé une très grande résistance au froid à cause de leurs conditions climatiques assez extrêmes. C’était un peu comme de superhéros pour moi puisqu’ils ont acquis beaucoup de connaissances de leur territoire et sur la pêche, la chasse et la survie en conditions extrêmes. Moi, je n’aurais pas pu survivre si jamais je m’étais retrouvée seule et abandonnée au beau milieu de leur territoire. Eux savent comment survivre.

Média D : La trame de fond de l’histoire de votre livre est axée sur les cultures autochtones. Comment réussit-on à aborder celles-ci dans toute leur richesse alors qu’on la perçoit  forcément d’un œil extérieur ?

Ginette M. : C’est justement une question que je me suis posée. C’est sûr que mon histoire a été racontée d’un point de vue allochtone, de non-autochtone.  Mais je l’ai écrite avec beaucoup d’admiration, de respect et d’amour et j’espère que cela va se ressentir quand on va la lire. Je ne sais pas trop si ça va se remarquer puisqu’on a dû limiter les textes pour répondre aux spécifications techniques du format. Je n’ai pas pu parler autant que je l’aurais voulu de la culture autochtone, mais j’espère que mon admiration que j’ai pour les autochtones va se ressentir dans le livre.

Média D : Que voudriez-vous que les gens retiennent de votre livre et des personnes autochtones ?

Ginette M. : Les personnes autochtones sont des personnes avec de belles valeurs et qui ont réussi à survivre à leurs conditions climatiques par l’entraide et la solidarité. Ce sont aussi des personnes méconnues qui méritent d’être connues et avec qui l’on peut créer des liens d’amitié.

En ce qui concerne mon livre, c’est une histoire universelle et que ça aurait pu être l’inverse, soit qu’une personne autochtone retrouve un objet précieux après l’avoir perdu. Mon livre porte, en quelque sorte, sur les plus belles qualités que l’être humain peut avoir. Ça démontre que les gens de cœur se rejoignent et se reconnaissent entre eux.


Le livre de Ginette Moreau sera publié d’ici la fin de la présente année par la maison d’édition, les Éditions du Soleil de midi. Celle-ci a d’ailleurs déjà traité des thèmes autochtones lors d’anciennes publications. Son lancement devrait se dérouler au cours de l’automne.

 

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Meilleure qualité de vie, opportunités professionnelles ou environnement sécuritaire sont autant d’attraits qui poussent de plus en plus d’immigrants à se diriger vers les régions du Québec, en grande pénurie de main d’oeuvre ces derniers mois. Mohammed Hicham Louridi, originaire du Maroc, est l’un d’entre eux. Il a quitté Montréal en 2016 avec femme et enfants direction Saint-Georges de Beauce, dans la région de Chaudière-Appalaches.

Au Québec, plus de 1,3 million d’emplois seront à pourvoir d’ici 10 ans, dont plus d’un million en région, à l’extérieur de Montréal.

Face à cette situation de pénurie de main d’oeuvre, les entreprises se tournent de plus en plus vers l’immigration. On estime que plus de 20 % de ces postes pourraient être comblés par des personnes issues de l’immigration.

Le Ministère de l’Immigration réalise en ce moment une grande campagne « Ensemble, nous sommes le Québec », en vue de favoriser l’immigration en région au Québec.

Hicham a fait partie de cette campagne de promotion.

Arrivés en mars 2015 au Québec avec sa femme et ses deux enfants, ils sont en possession de la résidente permanente qu’ils ont obtenu après 5 ans d’attente au Maroc.

Installés à Montréal pendant une année, rapidement le quotidien devient stressant et le manque d’opportunités professionnelles et de contrats se fait sentir.

« J’ai eu beaucoup de difficultés à Montréal, je n’ai pas réussi à trouver de travail, malgré les nombreux CV que j’envoyais aux grandes entreprises, je n’avais jamais de réponse ».

Professeur en électronique pendant plus de 15 ans au Maroc, Hicham rencontre des obstacles lorsqu’il souhaite enseigner ou faire un stage, puisqu’il devrait au préalable refaire son diplôme.

Il décide alors de se rapprocher d’un organisme qui aide à la recherche emploi, où il suit une formation de trois mois, qui va lui permettre de se rendre en Beauce, sélectionné lors de l’événement « La Beauce embauche », organisé par l’organisme.

Plan B : en région 

Après avoir visité la région et passé des entrevues, une opportunité professionnelle se présente à lui, qu’il accepte sans hésitation. Obligé de revenir quelques mois à Montréal, pour ne pas avoir pu céder le bail, finalement il retrouvera un emploi à Saint-Georges de Beauce par la suite.

A 50 ans il travaille aujourd’hui comme opérateur de production sur des machines à outils numériques chez Tactic.

« Moi et ma femme, on étaient déterminés, on avait un objectif »

Leur intégration et installation s’est extrêmement bien passée, les gens ont été très accueillants avec la nouvelle famille, et aucun acte de racisme ne s’est encore manifesté.

Même chose pour leurs deux enfants qui se sont vite intégrés, forts d’avoir appris le français lors d’écoles d’été à Montréal.

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Hicham et sa famille

 

Conseils pour futurs immigrants

Il conseille pour les futurs immigrants de bien se renseigner avant de partir, mais surtout d’aller visiter en personne avant de prendre une décision.

« Le seul conseil que je peux donner, surtout aux personnes avec des enfants, c’est d’aller en région, dans n’importe quelle région » explique t-il.

Enfin de ne pas oublier de consacrer beaucoup d’efforts et de temps à la recherche d’emploi et de se rapprocher d’organismes qui oeuvrent dans la régionalisation ou l’aide en recherche d’emploi.

L’avenir continue de se dessiner pour eux à Saint-Georges de Beauce, où leurs enfants pourront aller prochainement à l’université dans la région.

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